Violée par mon demi-frère à 7 ans

Témoignages Publié le 25.03.2020

Violée par mon demi

-frère à 7 ans

J'ai 18 ans actuellement. Quand j'avais environ 7 ans peut-être 6 ou 8, je ne sais plus. Mon demi-frère que je considérai comme mon frère m'a violée plusieurs fois. Je ne sais pas combien, peut-être 5 fois, peut-être 50, peut-être 500. Je ne me rappelle pas exactement la fréquence. Ce que je sais c'est que c'était la soir dans ma chambre quand mes parents pensaient qu'on jouait. Mon frère avait environ 17 ans. Il me faisait du chantage "si tu le dis je me suicide et si je me suicide, je dirai avant que c'est de ta faute, toute la famille sera en colère contre toi et plus personne t'aimera". À 7ans, j'y croyais mais j'avais également peur qu'il se suicide car à cette période c'était la personne que j'aime le plus au monde, je faisais tout pour le protéger. Je ne savais pas que c'était pas bien, il parlait de "secret entre frère et soeur".

Ce qui m'a interpellé c'est qu'il m'a dit de nombreuses fois "surtout tu ne le dis jamais à la police". Ensuite, mon frère est parti vivre chez sa mère, je le voyais très rarement donc cela n'est plus arrivé. Pendant les années qui ont suivi, je revoyais ces images plusieurs fois et à 10/11 ans j'ai tapé sur internet ce dont je me souvenais et je suis tombée sur du porno. C'est là que j'ai compris réellement ce qui s'était passé. À 13 ans je lui ai demandé des explications. Il m'a dit que c'était dans ma tête. À 16 ans je lui ai redemandé en insistant, il m'a avoué mais selon lui il m'a juste "touché un peu". Or je me rappelle très bien qu'il mettait son pénis dans mon vagin et que je lui demandais d'arrêter car j'avais mal, il me disait "encore un tout petit peu et après c'est fini" et les jours suivants "si on referait ça, ça me fait très plaisir" et comme j'étais trop gentille et que je voulais son bonheur et qu'il me forçait un peu en insistant, je disais oui. Il me donnait l'impression que c'était moi qui voulait.

Bref, à 16ans il m'a avoué et j'ai seulement eu le droit à un "désolé j'aurai jamais du". Puis quelques mois plus tard, il m'a dit que si j'avais besoin de quelqu'un pour faire ma première fois au lit qu'il était là. Je l'ai rembarré, je pensais être devenue forte. Jusqu'à mes 17 ans où je me suis retrouvée seule chez lui car il n'allait pas bien, il était devenu un peu alcoolique. Ce jour là c'était la canicule, j'avais mis un tee-shirt à manches courtes sans soutif. On pouvait très légèrement distinguer ma poitrine. Il me l'a dit puis il me l'a touchée en me montrant la forme qu'elle avait. J'étais tétanisée, je ne bougeais pas et je me suis laissée faire. Heureusement pour moi, il n'est pas allé plus loin cette fois là. J'ai seulement parlé à quelques amies des viols que j'ai subi de mon enfance mais pas qu'il m'a touché la poitrine il y a environ 1 an. Je ne peux pas le dire à ma famille, cela va leur faire trop de peine et ils vont ressentir de la culpabilité. Je ne le vois que très peu ces dernières années, je vais faire en sorte de ne plus jamais me retrouver seule avec lui.

À noël il était là, je n'ai presque pas parlé du repas. La nuit il a dormi dans la même maison que moi, dans la chambre à côté. J'ai attendu de longues heures avant de pouvoir m'endormir par peur qu'il vienne. Je n'ai plus peur pour moi, si je continue à l'éviter, il ne m'arrivera sûrement plus rien. Le seul truc dont j'ai peur c'est qu'il s'en prenne à quelqu'un d'autre. Si un jour j'apprends qu'il s'en est pris à quelqu'un d'autre je le dirai. Je pourrai le dire tout de suite mais ça va créer un drame familial et le dire ne permet pas d'être sûr qu'il sera puni pour ce qu'il a fait et qu'il ne recommencera pas. Alors je me tais, j'essaie d'avancer. Aujourd'hui j'ai plus de 18 ans, je n'ai jamais eu de relation sexuelle car j'ai peur d'avoir un blocage à cause de ça. Je n'arrive même pas à me mettre un tampon et juste imaginer que je m'en mette un me provoque des malaises. J'aurai voulu avoir une vie normale.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire cela n'arrive pas que dans les quartiers défavorisés, mes parents gagnent bien leur vie, on habite dans un pavillon en ville. Je souhaitais juste apporter mon témoignage pour me persuader que je suis forte, que j'arriverai à surmonter un jour tout cela et aussi dire à toutes les personnes victimes de violences sexuelles qu'elles vont s'en sortir. On va s'en sortir tous ensembles.