Affaire Bastien Vivès : Non à la banalisation de l’inceste et de la pédocriminalité

Actualité Publié le 19.01.2024
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L’association Face à l’Inceste porte plainte contre Bastien Vivès, les éditions Glénat et l’association les Requins Marteaux pour diffusion de messages pornographiques pouvant être perçus ou vus par un mineur (article 227-24 du Code pénal).

Des contenus pédopornographiques sans équivoque

Les Melons de la Colère (novembre 2011, éditions Les Requins Marteaux) raconte l’histoire d’une jeune fille, Magalie, qui souffre d’avoir une poitrine trop forte. Elle supplie son père de l’amener voir un médecin pour « corriger » son handicap. Il lui sera préconisé une consultation par un groupe d’experts où elle y subira plusieurs viols collectifs. La Décharge mentale (février 2018, Les Requins Marteaux) est le récit d’un homme invité à passer une soirée et une nuit dans la maison d’une famille de deux adultes et trois enfants. Plusieurs actes et relations à caractère sexuels vont avoir lieu au cours du séjour de l’invité, impliquant adultes et enfants. Enfin, Petit Paul (septembre 2018, éditions Glénat). Elle porte sur une succession d’histoires courtes avec pour personnage principal un enfant, Paul, ayant pour particularité physique d’avoir un sexe d’une taille démesurée. Paul participe ou assiste à des actes et relations sexuels impliquant des adultes.

Ces trois bandes-dessinées illustrent, sans équivoque, un contenu pédopornographique cru et explicite. Pour autant, en 2024, ces ouvrages sont toujours disponibles à la vente physique et en ligne sans précaution spécifique pour le public mineur. Pire encore, force est de constater que certaines de ces illustrations sont accessibles en quelques clics seulement et gratuitement. Ainsi, les mineurs sont ou peuvent être exposés à un contenu choquant mettant en scène des relations sexuelles, pour la plupart non consenties, entre des mineurs et des adultes.

La banalisation de l’inceste, au détriment des enfants

Depuis plus de 20 ans, Face à l’inceste combat le silence imposé aux enfants victimes d’agressions sexuelles, bien trop souvent entretenu par les familles ou par les professionnels. La spécificité des infractions sexuelles commises sur les mineurs réside notamment dans la difficulté pour ces derniers, de réaliser le caractère anormal et répréhensible des actes que des adultes leur imposent, et de les dénoncer à d’autres référents de confiance.

Dès lors, en diffusant des dessins représentant des mineurs ayant des relations sexuelles non consenties avec des majeurs, les maisons d’éditions Bastien Vivès sont responsables d’une banalisation de ces violences en ce que les bandes-dessinées revêtent un caractère humoristique et non contestataire.

Alors que le caractère pornographique des dessins est incontestablement démontré, il apparait que ni l’auteur ni les maisons d’éditions n’ont pris quelconque mesure de précaution pour éviter que les mineurs aient accès à ces bandes-dessinées.

Des contenus pédopornographiques accessibles dans les librairies et en ligne

Les ouvrages sont toujours disponibles à la vente tant physique qu’en ligne sans aucune précaution qui permettrait d’assurer que le public mineur n’y ait accès. La diffusion des bandes-dessinées est telle que Bastien Vivès a été invité fin 2023 en Italie (Lucca Comics and Games) où il a pu faire la promotion des versions traduites en italien de La Décharge Mentale et des Melons de la Colère. Cette promotion à l’échelle européenne des dites bandes-dessinées démontre, s’il en était encore besoin, que les maisons d’éditions ne se soucient guère de la possible diffusion de ces BD à un public mineur. Plus encore, les bandes-dessinées sont disponibles gratuitement en format PDF sur diverses plateformes de téléchargement. Un mineur peut donc aisément voir les dessins pédopornographiques sur internet et cela, sans aucun obstacle.