Se sortir de l'enfer ...

Témoignage Publié le 04.03.2011

Fotolia_24583928_XS2Bonjour, Je me permet de vous écrire car j’ai besoin de me confier, de témoigner, et d’avoir des réponses.. Depuis l’été dernier, j’ai coupé les ponts avec mes parents. A la base je voulais juste couper les ponts avec mon père, mais ma mère m’a dit qu’étant donné qu’ils étaient mariés, que je devais continuer sans elle aussi. Si j’ai coupé les ponts c’est parsque mon père m’a violé pendant 7 ans ; de mes 5 ans à mes 12 ans. Pendant toute mon enfance, je me suis toujours sentis en décalage avec les autres de mon âges. Je n’avais pas beaucoup de copines car je m’isolais, je m’enfermais dans ma bulle.


A l’époque, j’étais trop gentille alors on se moquais de moi, on m’insultait, on me raquetais , on me prenais pour « bouche trou ».. Mais plus les années passaient et plus je sentais que quelque chose n’étais pas normal pour une petite fille de mon âge. Je me sentais mal dans mon corps, mal à l’aise avec les autres de ma classe.Au début, je pensais que ce que faisait mon père était normal, car il me disait que tous les père faisaient ça à leur fille..Il me disait aussi « tu est ma fille, tu est mon sang, je t’est créée alors j’ai le droit de te faire ça. Ton corps m’appartient ».Ce que je trouvais le plus bizarre c’est qu’il me disait « surtout ne dit rien à maman car elle sera très en colère… ».


Il y a plusieurs fois où j’ai eu vraiment envie de parler à ma mère de ce que faisait mon père, mais à chaque fois je n’y arrivais pas. Jusque au jours où j’ai rencontré une fille vraiment bien… J’ai parlé pour la première fois du comportement de mon père envers moi. Cette fille (Cassandra), m’a ouvert les yeux et m’a dit que se que mon père me faisait n’était pas normal et qu’il fallait que je prenne RDV avec l’assistante social du collège. J’étais terrifiée ! Je ne voulais pas en parler à l’assistante sociale car j’avais peur de la suite… Peur de la réaction de ma famille mais aussi de la réaction de mon père.Cassandra a pris RDV en cachette pour moi avec l’assistante social . C’est donc une semaine après qu’elle et moi on y est allé. Lorsque je suis sortie dans la cours pour retourner en cours, je me sentais épuisée moralement. Je me suis sentis mal d’un coup, comme si tout autour de moi était lointain.


La sonnerie a retentie et Cassandra m’a rejoint. Là, je l’ai serré dans mes bras et j’ai pleuré. C’était comme si toute mon angoisse s’évacuait en pleurant.

5 jours après, je vais à la gendarmerie avec Cassandra pour aller porter plainte, et dans l’après midi mon père à été mis en garde à vous.Lorsque ma mère et rentré le soir après avoir été entendu par les gendarmes, elle était en pleur. Elle n’arrétait pas de dire : « jamais j’aurais pu imaginer telle chose… Je tombe de haut ».


Mon frère posait des questions… Ma mère lui a expliqué que j’avait porté plainte pour abus sexuel contre notre père. Il a dit que je mentais, que son père n’était pas comme ça et que toute cette histoire était fausse..J’avais honte, je restais dans ma chambre. Je cherchais à éviter leur regards…Lorsque mon père était en prison, la relation entre ma mère et moi a nettement évoluée.  On était très complice. Elle m’a dit qu’elle ne voulait pas choisir entre son mari et sa fille alors elle a payé deux avocats (un pour mon père et un pour moi).


Ensuite, j’ai voulu oublié mon passé alors je me suis plongée dans la musique. J’y restais des heure et des heure, le temps n’avait plus de valeur. Seulement, j’ai eu des troubles de comportements assez inquiétant.. J’inventais des souvenirs heureux pour combler le trou énorme de mon enfance. D’après le psychologue que je voyais à l’époque, ce sont des rêves que je transformais en faux souvenirs.Ma mère a joué la carte psychologique pour que la confusion s’installe dans mon esprits. Elle m’a dit que tout se que j’ai dit aux gendarmes était faux, que j’avais tout inventé. Elle ma dit que mon père m’avais seulement fait des attouchements. Elle m’a dit aussi que mon père avait changé, qu’il regrettait se qu’il m’avait fait et qu’il ne me toucherait plus.


Alors moi qui, à cet âge là, avais besoin de me sentir comme toutes les autres filles et avoir une famille normale, j’ai cru ma mère. Elle voulait que mon père sorte plus tôt de prison car elle me disait « il ne mérite pas d’être puni autant, c’est ton père quoi qu’il ai pu te faire ». Je suis donc retourné sur ma déposition. J’ai dit aux gendarmes que mon père m’avait juste touché et qu’il n’y avait pas eu de viol (alors que c’était bien des viols). Mon père est donc passé en tant que délinquant sexuel alors qu’au fond, c’est un pédophile.


Durant ma période d’adolescence, j’ai tout refoulé, je voulais être normal aux yeux des autres. Je m’interdisais de pleurer devant quiconque de la famille car je me sentais sale et honteuse.De mes 12 ans à mes 20 ans je n’ai jamais pleuré devant ma famille. Comme si tout était de ma faute. Comme si c’était à moi d’être là pour ma famille et non l’inverse.Ma grand-mère paternel, m’a demandé si ce n’étais pas moi qui, à mes 5 ans avait « chauffé » mon père, car pour elle il n’est pas comme ça. Dans cette famille paternel, on disait de moi que j’étais une salope, que j’étais la « pute de la famille »..


Ma mère a donc choisit de couper les ponts avec toute la famille de mon père. C’est à ce moment là que j’ai eu des révélations troublantes.. J’ai appris que mon père s’était fait violé pendant 15 ans par son oncle (ce même oncle qui a violé la sœur, le frère de mon père aussi). Ma mère m’a dit tout cela sous forme d’excuse : « tu vois, ton père s’il t’a fait du mal c’était parsque il n’allait pas bien et qu’il avait besoin de l’exprimer à travers toi ».

Je lui ai donc pardonné, sur le moment. Ma mère m’a demandé que mon père revienne à la maison après l’affaire. Mais elle ne ma pas laissé le choix.. Elle ma dit « soit tu vas en famille d’accueil soit ton père revient à la maison ».


Mais moi j’aimais trop ma mère pour dire non. Alors une fois sortis, une fois que la surveillance était fini (car il était en liberté conditionnelle), il est revenu vivre à la maison, sous le même toit que moi..Il y avait une gène terrible, à table, c’était le silence total. Tout le monde était heureux mais moi j’étais malheureuse. Et ça, personne ne le voyait.. Personne ne s’intéressait de savoir ce que je pouvais recentir en le voyant..Je suis devenu boulimique avec le temps, et ma mère ne me comprenait pas. Au fil du temps, le climat commençait a être plus agréable. Mon père ne m’a plus retouché, ni fait d’allusion..C’est après que les choses se sont compliqué… Lorsque j’ai commencé à fréquenter des garçons. Mais rien ne durait, ce n’était que des « amourettes ».


Ma mère m’a souvent dit que j’était une « allumeuse » et que j’aguichais les hommes.. alors que ce n’est absolument pas ça. Lorsque je partais pour aller en cours elle choisissait mes vêtements pour être sûr que je n’aguiche pas. Une fois, j’ai tenté de m’habiller seule et elle a fait une crise parsque mon décolté lui déplaisait.. (« un grand décolté ») pour citer ces paroles. A mes 18 ans, j’ai eu le coup de foutre  avec quelqun qui est toujours mon copain aujourd’hui. Mon père a compris que notre relation était sérieuse. Il a donc changé de comportement.. Il est devenu beaucoup plus agressif envers moi. Il me faisait peur…  On pouvait voir qu’il prenait un plaisir jouissif à me donner des ordres, comme si j’étais toujours sa « chose ».


Il n’arrêtait pas de me donner des ordres et de me surveiller..  J’ai découvert un jours que dans mes volet  (qui donnaient côté véranda),qu’ il y avait 2 trous. En regardant dans ces trous en direction de ma chambre, j’ai compris qu’il me regardait me déshabiller… Car le trou du haut était a la même hauteur que mes seins, et le trou du bas donnait sur l’entre jambe. Je savais que je ne me faisais pas d’illusion car j’ai le souvenir étant petite qu’il regardait dans la salle de bain à travers un trou placé sur le mur du fond des toilette et qui donnait directement sur la baignoire. Une fois, (j’avais 20 ans) j’ai compris qu’il m’observais me doucher (il avais fait un autre trou en bas de la porte de la salle de bain que je rembourrais avec du coton pour qu’il ne regarde pas coton). Au moment où je commençais à me doucher, j’entendais comme si on grattais à la porte et je savais que mon père était seul avec moi à la maison. Quelques minutes plus tard j’ai vu le coton qui tombait, mon père était en train de ma regarder sous la douche ! J’ai compris qu’il n’avait pas changé..


J’ai commencer à paniquer, à avoir peur, et j’étais sûre que personne ne me croirais dans la famille.. alors je n’ai rien dit. A partir de là, j’ai fouillé dans son ordinateur et j’ai découvert 5 pages d’historique dans lesquelles il y avait des sites porno ET pédophile. J’ai donc imprimé l’historique et montré à ma mère pour lui montrer que son mari est toujours le même qu’avant. Celle-ci est resté silencieuse.. J’ai écris un petit mot à ma mère pour lui dire que j’avais du mal à parler de papa oralement. J’ai dit dans cette lettre que papa n’a pas changé, qu’il est toujours le même qu’avant. Je lui ai demandé de ne surtout pas montrer cette lettre à papa. Mais elle lui a montrer, sachant bien que le lendemain matin j’étais seule avec lui… Il ma dit « tu me fait passer pour qui en écrivant ça ? ça vas pas ? ». Moi je lui ai répondu « pour ce que tu est… ».


Apres, il tentait de se faire tout « mielleux » avec moi. Il est très manipulateur. C’est de cette façon qu’il arrive à faire culpabiliser les gens et de se faire pardonner (ce qu’il fait toujours avec ma mère). Seulement avec moi, ça ne marchait plus. Je commençais à avoir peur de lui. Mon copain ne savait rien de ce que mon père m’avait fait étant petite, il savait qu’on m’avait violé mais il ne savait pas « qui » avait fait ça. J’attendais le bon moment car je ne voulais pas prendre le risque de le perdre ou de le mettre mal à l’aise. Mon copain était partit un an en Angleterre. Pour se parler on avait MSN (moins chère que le portable).  Mais mon père m’empêchais de lui parler (il coupait internet). Il voulait toujours que je sois à sa vu ; tellement qu’il en a démonté ma porte de chambre pour me voir travailler..


Lorsque j’avais des concert au piano, il faisait des « crises ». Il devenait violent. Une fois, après un concert, il me dit en hurlant « arrête de te foutre de ma gueule, arrête de te foutre de ma gueule sinon tu vas voir, tu vas le regretter amèrement ». On aurait dit qu’il était fou ! J’ai vraiment cru qu’il allait me frapper.. Mon frère était à côté, mais n’a rien dit pour me défendre… comme toujours. Une fois, mon père a eu une crise de violence en pleine nuit.. il s'est reveillé, a déchiré les rideaux de sa chambre, a tout jeté par terre... J'entendais ma mère qui pleurais et mon père qui hurlait sur elle... J'ai eu peur qu'il la frappe alors je suis intervenu. Là, il s'est dirigé vers moi mais ma mère s'est interposée entre lui et moi. Mon père a dit en hurlant : " de toute façon vous êtes que des bande de femelles!" . C'est pour dire combien il était malade dans sa tête..


C’est alors que j’ai pris la décision de couper les ponts avec mon père… Cette décision à été incomprise par ma mère, mon père et mon frère.

Ma mère me disait que j’avais deux possibilité : soit je prend juste des distances avec mon père, que mes parents me payent mes études mais que en échange je devais faire le point avec mon père une fois par mois. Ou alors, la seconde solution, c’est de couper les ponts avec mon père (ma mère a choisit de vivre avec un mari violeur alcoolique et violent plutôt que de soutenir sa fille), et que je me débrouille seule pour vivre après. J’ai choisit la seconde solution.

Lorsque je suis partie définitivement, j’ai dit à Loïc que celui qui m’a violé s’était mon père. Loïc a été absolument super avec moi car il m’aide à surmonter ce passé. Il me fait revivre. Ça fait maintenant 2 ans que je suis avec lui. Depuis qu’on est ensemble, tous les souvenirs de mon enfance ressurgissent.. Je peut dire avec certitude que mon père est un pédophile car j’ai souvenir (j’avais 7 ans)qu’il m’ai demandé de prendre ma douche avec deux copines et de le laisser les voir à travers le trou des toilettes. Je peut aussi affirmer que tout ce dont j’ai subit c’est du viol. Il me faisait du chantage.. Il me demandait de faire des fellations, et si je ne voulais pas il aurait dit à ma mère que j’ai fait des bêtises pour qu’elle me gronde. Il y a eu pénétration orale, vaginal et annale. Il se foutait de savoir si ça me faisait mal, il me disait « mais non, ça fait pas mal, c’est pas vrai ». Il me faisait boire de l’alcool, m’emmenait dans les bois, me forçait à regarder des livres et des vidéo pornographiques dès mes 5 ans.L’été dernier j’ai eu pour la première fois le courage de lui dire ce que je pensais et il me dit « je n’ai plus rien à me reprocher ». Quand je disais que c’étais du viol il rigolait car il y aucune preuve de viol car au moment de l’analyse gynécologique, j’étais vièrge.Il m’a pénétré mais  à fait attention à ne pas trop aller loin pour que je reste vierge (au cas où). Il y a eu donc un Non-lieu. Mon père se moquait de moi quand je disait qu’il est pédophile et qu’il faut qu’il aille se faire soigner.Il y a quelque chose qui me trouble beaucoup.. d’après les souvenirs qui me sont revenus, ma mère était au courant de tout cela.Lorsque j’était petite je dessinais des sexes d’hommes (une façon de dire à ma mère se qu’il me faisait). En voyant ces dessins, elle a demandé à mon père pourquoi je dessinait ça avec autant de réalisme. Mon père disait qu’il ne savait pas, que peut être j’avait vu ça à la télévision. Ensuite, j’ai souvenir que ma mère nous avait surpris dans le garage. Ma culotte était par terre. Elle était très en colère et a demandé à mon père pourquoi est-ce que ma culotte était par terre et pourquoi je me cachais derrière une bouteille de gaz. Mon père lui a répondu que c’était moi qui avait retiré ma culotte. Ma mère m’a demandé si c’était vrai mais j’ai contredit ce qu’à dit mon père : que c’était lui qui l’avait enlevé. Ensuite, c’est le vide… je ne me rappelle plus. Il y a aussi une autre fois où il m’avait vu en sous vêtements (toujours pendant mes 5-12ans) et devant ma mère, il glissait ses doigts dans ma culote pour soit disant la mettre correctement. Ma mère à dit à mon père d’arrêter, elle avait l’aire énervée.Je ne comprend pas la réaction de ma mère lorsque elle m’avait dit après avoir été entendu par les gendarmes « jamais j’aurais pu imaginer telle chose… Je tombe de haut ». A-t-elle joué la comédienne pour se sauvé de la justice?

Comment se fait-il qu’elle ai préféré un mari qui a violé sa fille, à sa propre fille ? Comment s’est possible de s’accrocher à une personne mal honnête et manipulatrice même en sachant comment est cette personne ?


Il m’a volé mon enfance, ma pureté et ma dignité. Les seul souvenirs que j’ai maintenant c’est ce qu’il m’a fait. Alors autant dire que lorsque des amis parlent de leur enfance, je me sens mal car je n’ai pas souvenir d’événement heureux. Je fais des cauchemars et je dors presque plus, surtout depuis que je suis sans parents. Depuis que je suis petite je suce mon pouce, et aujourd’hui j’ai 21 ans et lorsque je me sens mal,  seule, ou incomprise, je recent le besoin de sucer mon pouce comme le fait un enfant. J’en ai honte et je ne l’ai jamais dit à personne. Je ne sais pas pourquoi je fais encore ça…

Aujourd’hui je regrette d’avoir modifié ma version des fait. Pensez vous qu’il soit possible de revenir sur ses dires en sachant que le jugement s’est passé il y a 8 ans et demis ?


En écrivant ceci, j’espère avoir apporté des réponses aux questions de personnes qui se trouvent, ou se sont trouvé dans la même situation que moi.

Je vous remercie d’avoir lu mon courrier, car il est très long. 

Nous en parlons
É
étoiledusoir
Publié le 03.04.2011
Inscrit il y a 13 ans / Actif / Membre

Bonjour

j'ai lu ton témoignage avec beaucoup d'attention. Je ne sais pas si tu peux revenir sur tes déclarations : il te faut consulter un avocat. J'ai du moi aussi faire le deuil de ma famille et je te comprends. sache qu'ici à AIVI, et notamment sur le forum, tu pourras trouver du soutien et que tu n'es pas seule.
Beaucoup de courage pour toi