Témoignage femme : mon père, ce pervers

Témoignage Publié le 29.12.2008
"Mon père, ce héros" a commencé par des attouchements bien avant mes 4 ans. Puis, un jour ensoleillé (je m'en souviens désormais assez clairement suite à des flashs) a eu envie de me sodomiser, j'avais 4 ans et demi.
Depuis mes 13 ans, j'ai eu des envies de mort, j'ai commencé à consulter une psy peu de temps après mon mariage vers 21 ans, mais sans souvenir, juste envie de mourir. C'est suite à la naissance de ma fille, hospitalisée pour une dépression post-partum que le voile s'est déchiré comme lorsque l'on reçoit la foudre et que l'on ne s'y attend pas, c'est comme si tout un pan de ma vie se déroulait en une fraction de seconde avec les images, le son, les sensations, les émotions et la douleur fulgurante, comme si un amnésique retrouvait la mémoire d'un coup et d'un seul.

Pendant 4 ans, j'ai fait l'autruche, en me disant que ça ne servait à rien de remuer le passé, que si tout cela était vrai, je ne pourrai jamais le prouver.
Puis, la maladie apparaît, implacable, inguérissable, la maladie de chron.
Alors, je fait rapidement un lien entre mon vécu et cette merde, mon corp rejette l'organe violé ! Et je me dis "cesse de faire l'autruche, ton corps te parle, tu ne peux guérir complètement, mais tu peux, en t'attaquant à l'origine du problème, peut-être diminuer l'intensité de la maladie.
Ma quête commence à partir de là, démontrer que je suis victime et qu'il est un pervers, enfin, renverser la vapeur, réattribuer à chacun le rôle qu'il a dans mon mal être, faire le ménage, et surtout que la vérité libératrice éclate pour me soigner mon corps et mon esprit.
"La vérité vous libérera" selon la bible, je suis esclave de mon drâme et enchaînée à ma souffrance physique et morale.
Comme beaucoup j'ai cessé de croire en Dieu, et pourtant certains versets sont dignes de sagesses voire de philosophie.
Donc, depuis un an, peu après l'apparition de la maladie, j'ai cherché et cherché à le démontrer à ma famille (ma mère et ma soeur). J'ai la sensation que tout cela est vain, ma soeur a un doute est dit que c'est possible, ma mère cherche toute les portes de sorties possibles. Malheureusement pour elles et moi, la folie n'existe pas pour moi. Le rapport d'hospitalisation et le suivi avec ma psy actuelle, ainsi que d'une psychologue spécialisée en abus démontre que je n'ai pas de maladies mentales, et qu'il existe un rapport de causes à effets dans mon cas.
Parfois, je me dis que la folie serait plus douce, car chimique, et que les souvenirs traumatiques s'effaceraient comme par magie. "Heureux, le fou qui s'ignore".
Mais non, je souffe de symptomes traumatiques et j'ai de la chance de ne pas avoir généré de maladies mentales graves suite à ce que j'ai subi et à la précocité des abus.
C'est une vaine consolation, depuis quelques mois devant les méthodes de défenses érigées par ma soeur et ma mère, je bois et fume deux paquets de clopes, pour supporter l'inacceptable, le refus, les commentaires d'opposition, et tout cela en plus des traitements pour la dépression et maladie de chron.

Je me sens seule, et parfois, c'est ma"seule folie", des airs de chansons choisis préalablement pour mon incinération, me trotte dans la tête.
SOS d'un terrien en détresse de BALAVOINE
A CORPS PERDU de GREGORY LEMARCHAL

Mais je pense, qu'il exite plein de chansons qui peuvent individuellement nous faire pensé à notre combat et aussi à l'inceste. Je souhaiterai avoir vos chansons personnelles à ces sujets.
En vous remerciant par avance, signée une petite fille perdue en mer....