Face à l'inceste partenaire du film les Chatouilles

Actualités Publié le 07.11.2018

Tu viens jouer ? Quel enfant ne répondrait pas "oui" avec enthousiasme à cette proposition ? D'autant plus si l'invitation au jeu vient d'un membre de la famille (père, mère, frère...) ou d'un ami proche de celle-ci. Le jeu peut être utilisé comme une stratégie de mise en confiance de l’enfant avant de l’agresser sexuellement. Le film Les Chatouilles soutenu par l’ Face à l'inceste sort en salles le 14 novembre 2018. Il décrit notamment cette stratégie de manipulation 

Dans le film Les Chatouilles d'Andrea Bescond et Eric Métayer, Odette connaît bien son agresseur, Gilbert, c'est un ami de ses parents. Pendant son enfance, elle va subir des violences sexuelles répétées de la part de cet "ami". Elle se taira pour se protéger, pour survivre, comme beaucoup de victimes de pédocriminalité et d'inceste. Perdue dans un tourbillon d'émotions, mêlant culpabilité, impuissance, honte et peur de la réaction de son entourage, elle s'enfermera dans le silence. Mais son corps, va s'exprimer pour elle. Dès l'adolescence, elle se jettera à corps perdu dans une vie d'excès, d'errances, de drogue et d'alcool pour fuir ses souvenirs, fuir son corps, se fuir. Pourtant, elle réussira parfois à se réconcilier avec ce corps meurtri à travers la danse et, malgré un parcours chaotique, elle se raccrochera toujours à la vie, à la  lumière. Même si elle ne s'en doute pas, les viols répétés dont elle a été victime, ont provoqué chez elle un violent traumatisme psychique. Odette sera rattrapée par son passé à l'âge adulte. Confrontée à des flash-backs envahissants, réveillée par des cauchemars, elle revivra ces traumatismes à l'identique, avec les mêmes réactions physiques et psychologiques que pendant son enfance. Cet état de détresse la poussera à solliciter une prise en charge psychologique.

Lorsqu'elle réalise que son agresseur, devenu grand-père, violera certainement ses petites filles, Odette décide de porter plainte.

À travers ce film, Andrea Bescond, réalisatrice et actrice, témoigne de son parcours et de son expérience douloureuse avec une justesse qui ne peut laisser le spectateur insensible. En abordant de façon autobiographique un sujet aussi tabou que la pédocriminalité, son œuvre cinématographique contribue à une prise de conscience collective, c’est pourquoi l’Association Internationale des Victimes de l'Inceste qui mène un combat contre l’inceste depuis 18 ans a choisi de soutenir ce film.

Car Les Chatouilles est porteur d'espoir pour les victimes qui ne sont pas encore sorties du silence ainsi que pour toutes celles qui n’ont pas eu accès à la justice. Il faut espérer que l’oeuvre d’Andréa Bescond et Eric Métayer, mettant en scène Karin Viard, Clovis Cornillac, Pierre Deladonchamps, qui touchera certainement un large public, alimentera le débat sur deux causes soutenues de longue date par Face à l'inceste : l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs et l’incapacité de l’enfant à consentir à un acte sexuel avec un adulte.

Nous en parlons
A
alexandra.g
Publié le 04.12.2018
Inscrit il y a 2 ans / Nouveau / Membre

J'ai vu Les Chatouilles accompagnée de ma meilleure amie entre autres, je ne m'attendais pas à revivre avec autant d'intensité des émotions éprouvées quand j'étais enfant, puis à l'adolescence, puis à l'âge adulte... Je me suis tellement reconnue dans l'histoire d'Andrea Bescond, c'était bouleversant et en même temps rassurant, car je me suis sentie moins seule, j'ai compris que tous les survivants et les survivantes éprouvent les même choses... j'ai beaucoup pleuré et beaucoup ri aussi, tout comme ma meilleure amie qui connaît mon histoire mais n'est pas une victime d'inceste et à la fin du film nous nous sommes donné la main et serrées l'une contre l'autre, ça restera un moment inoubliable pour moi et pour elle aussi je pense.

A
ARKADIE
Publié le 09.11.2018
Inscrit il y a 7 ans / Nouveau / Membre

Aujourd’hui.. ayant depuis peu enfin vu grandir la lumière de la sortie de ce tunnel que fut toujours ma vie...je viens d’assister à l’avant-premiere du film, avec la lumineuse, chaleureuse et désormais plutôt ... heureuse ANDREA BESCOND.
J’en suis repartie éblouie, bouleversée, nourrie.... le film est inoubliable, extra-ordinaire, époustouflant!
Et elle? Simple, accessible, émouvante, stimulante, convaincante.
Il peut y avoir une vie après tout ça!!!
je voulais VOIR cette femme, ENTENDRE sa voix...
Elle incarne dans le film le rôle de sa propre histoire.
ALLEZ-Y!!

A
ARKADIE
Publié le 09.11.2018
Inscrit il y a 7 ans / Nouveau / Membre

Quand la pièce est passée à Lyon l’année dernière, alors que je faisais un travail thérapeutique sur moi et l’inceste pour la plus grande partie de ma vie.... n’en finissant pas d’avancer dans ce labyrinthe de peines sans jamais trouver la sortie... en plein "flash-back envahissants", la seule idée de l’entrevoir me foutait une trouille monstre... pas la peine de réveiller encore un peu plus mes démons...