Chaque difficulté rencontrée dans la vie me ramène à lui

Témoignages Publié le 23.10.2013

altChaque difficulté... J'ai 30 ans, j'ai deux grands frères (7 et 11 ans plus âgés) et une grande soeur (10 ans plus âgée). De 6 à 15 ans, j'ai dû subir les envies sexuelles de mon frère (celui qui a 7 ans de plus). Je ne me souviens pas jusqu'où cela a été. Je me souviens qu'il venais me voir la nuit dans mon lit. Pour que j'accepte, il me donnait de l'argent, j'avais honte mais mes parents ne m'achetaient jamais de douceurs et cela me permettait de pallier et j'acceptais ou plutôt je pensais que je ne pouvais pas refuser.

Un jour il m'a dit de ne jamais en parler même à ma meilleure amie. Je n'en ai jamais parlé à personne. Je ne sais pas si mes parents savent. ma mère était très contente de voir mon frère s'occuper de moi quand j'étais petite, je ne pense pas qu'elle sache. Evidemment j'ai développé une timidité maladive, je rougissais pour un rien, je n'osais pas être approchée ou touché par un homme. Je me souviens avoir eu vers 7 ou 8 ans une trouille folle d'aller voir le père noel parce qu'il allait m'embrasser. Avec le recul, je pense que tout cela est lié. Cela étant, mes parents n'ont jamais été calins avec nous. Je n'ai aucun souvenir de tendresse de leur part. La seule tendresse provenait de mon frère...d'où tout un ensemble de contradictions sur les sentiments etc.


A partir de l'age de 15 ans, j'ai refusé tout contact physique avec lui mais je subissais une terrible pression psychologique de sa part. je ne pouvais pas me mettre en jupe ou faire état d'un quelconque signe extérieur de féminité sans me prendre une réflexion de sa part qui me mettait extrêmement mal à l'aise. J'ai donc longtemps renoncé à me mettre en jupe et suis passée très longtemps pour un garçon manqué.


A l'age de 19 ans, je l'ai envoyé promener, il s'est fâché, a fait une pseudo dépression. Je me souviens, il devait venir (cela arrangeait mes parents que ce lui qui vienne m'aider, ainsi ils étaient tranquille) d'aider à déménager d'une chambre d'étudiante à une autre. Il se trouve que ce jour là, mon petit ami était là (cela faisait une semaine que je sortais avec lui : je n'étais pas particulièrement amoureuse mais il fallait bien que j'essaye de m'en sortir, J'étais tétanisée dès qu'il me touchait, il ne s'est pas passé grand chose, il était plus âgé que moi, d'évidence, cela n'était pas sérieux mais c'était MON expérience) et bien quand mon frère l'a vu, il s'est mis à picoler et m'a fait une crise tout en me disant qu'il ne voulait pas me faire une crise de jalousie. J'ai été extrêmement choquée par sa réaction, j'ai largué le petit ami en question et j'ai envoyé promener mon frère.

Il habitait encore chez mes parents. mes parents ne comprenaient pas et essayaient de me demander de l'aider. Je ne disais rien et refusait de rentrer. pendant plus de six mois, je considérais qu'il allait de mon avenir psychologique de le laisser et qu'il n'avait qu'à se soigner. je précise qu'aucun dialogue de fond n'a jamais été possible entre l'ensemble des membres de ma famille.


Petit à petit je suis parvenue à développer des relations amicales avec les gens ou je n'avais pas peur d'être sans arrêt jugée et puis j'ai rencontré celui qui allait devenir mon mari. Je ne lui en ai jamais parlé. J'en ai jamais parlé à personne. J'ai laissé passer le délai de prescription en toute connaissance de cause. Peu de temps après ma rencontre avec mon mari que j'ai cachée à ma famille pendant presque une année entière pour pouvoir construire quelque chose avec lui avant de passer sur l'échafaud familial. cela s'est très bien passé. Mon frère a alors décidé lui aussi de se marier et a aujourd'hui une petite fille (pour laquelle j'ai extrêmement peur).

L'épouse de mon frère ne plaît pas à mes parents et mon frère est fâché depuis avec eux mais même si je pense que dans le fond tout est lié, cela n'a pas d'importance. de mon côté, j'ai plutôt réussi dans mes études, c'était comme si je me réfugiais dans mes études. Je suis devenue avocat. J'ai toujours des problèmes relationnels. A chaque difficulté que je rencontre dans la vie, je suis obligée de revenir en arrière dans mon histoire et je bute à chaque fois sur cet inceste caché. Je ne me sens pas capable aujourd'hui d'en parler à quiconque mais au fond de moi, j'ai l'impression quand même que c'est sans doute la seule solution : ai-je raison??? Parmi les difficultés que j'ai : je suis décidée d'avoir des enfants mais quelque chose bloque encore, je recule en prétextant des raisons professionnelles ou financière mais je me demande si dans le fond, ce n'est pas encore cette histoire qui m'obsède...

Nous en parlons
I
Isabelle
Publié le 24.10.2013
Inscrit il y a 11 ans / Actif / Adhérent

Bonjour,

Je suis heureuse que tu reviennes nous voir après 11 ans avec de bonnes nouvelles.
La colère est normale et cela peut être un bon moteur.
C'est formidable de voir comment tu as avancé. Bravo. Isabelle

M
moiaussi
Publié le 24.10.2013
Inscrit il y a 11 ans / Habitué / Membre

J'ai écrit ce texte il doit y avoir maintenant 11 ans puisque j'ai 41 ans...

Je surfe tjs sur ce genre de site et je sors d'une thérapie EMDR.

J'ai eu deux beaux enfants.

et il y a 3 ans, j'ai enfin réussi à en parler.

Les réactions ont été mitigées. Le bourreau a avoué son forfait, va consulter, l'a dit à sa femme dont j'ignore la réaction. J'ai tjs peur pour ma nièce mais j'ai déplacé les responsabilités.

Mes parents n'ont pas été à la hauteur mais vu que cela a pu se produire, comment pouvaient ils l'être?

L'EMDR m'a permis de reléguer dans la bonne case mémoire ce qui s'est passé.

Ce qui est difficile aujourd'hui, c'est les réactions de mes parents. Je ressens bp de colère à leur égard même s'ils ne sont pas directement responsables, ils sont responsables de leurs réactions et ils m'ont bp déçu. c'est tellement plus facile d'être dans le déni...