Des interrogations toujours en suspens

Témoignages Publié le 01.08.2010

Fotolia_3783339_SJ'ai retrouvé il y a peu mon premier amour de jeunesse avec lequel j'avais perdu le contact durant 22 ans malgré le fait que nous ayons eu un fils ensemble âgé de 26 ans bientôt. Histoire banale penserez vous sauf que quand je reprends les éléments passés je ne cesse de m'interroger...J'ai rencontré S alors que j'avais 17 ans et cela a été très passionnel entre nous. Nous étions jeunes, très amoureux et même fiancés pour le respect des convenances. Ses parents semblaient être en accord avec nous mais très rapidement j'ai ressenti un certain malaise au vu des comportements de sa mère.

C'était une mère très omniprésente, inquisitrice, curieuse de notre intimité même. S avait déjà plus de 20 ans, ne vivait plus chez ses parents et pourtant elle ne pouvait s'empêcher de venir « l'admirer » lorsqu'il prenait sa douche lors de nos passages chez eux. Ce premier geste m'avait surpris et choqué même n'étant pas habituée à de tels comportements. Une première alerte pour moi… Une mère qui est devenue au fil du temps plus directive, plus intrusive pour ne pas dire totalement invasive. Une femme qui refusait de vieillir et de voir son fils comme un homme, jeune adulte… S vivait à bonne distance de ses parents et nous avons profité de nos petits bonheurs comme bon nous semblait. Cependant j’avais remarqué sa tendance à l’infantiliser, l’attrapant dans le couloir pour savoir s’il était propre par exemple.

Nous étions heureux d’attendre un enfant et là les comportements de la future grand-mère ont commencé à changer radicalement. Elle a tenté de s’approprier ma grossesse comme si elle la vivait par procuration puis la naissance de notre fils, en insistant pour être présente dans la salle le jour J. Je ne lui ai pas accordé cela et j’ai mis au monde notre fils seule puisque S était en province pour son métier. Notre fils est né et avec lui la volonté de sa grand-mère de l’avoir pour elle seule. Je trouvais ces regards sur le bébé déplacés, gênants sans pouvoir l’expliquer cependant. Les rares fois où j’ai laissé bébé à sa garde, j’ai toujours retrouvé un enfant « cul nu » puisque soit disant en train de le changer. Encore des messages d’alerte pour moi qui me faisaient dire qu’il y avait quelque chose d’anormal mais rien de précis.

Nous sommes partis en Province où nous avions pris grand soin de ne pas nous faire installer le téléphone afin que cette chère grand-mère ne nous enquiquine plus avec son désir de nous placer sous son joug. 2 années de vie simple sans heurt, une vie de famille heureuse. Hélas, nous avons du revenir sur la région Parisienne et là l’enfer a recommencé pour nous. J’ai tenté d’expliquer à S que rien n’allait dans le bon sens du fait de la proximité de sa mère et de son comportement exagéré vis-à-vis de lui-même et de notre fils en bas-âge. Je passerais les détails des exigences de la dame et de ces petits sabotages de notre vie de couple voyant que je refusais d’entrer dans son jeu et de la laisser agir à sa convenance avec notre fils. Je l’avais attrapé en train de demander à notre enfant de l’appeler Maman et j’avais appris par sa propre fille qu’elle avait eu ce même comportement avec son autre petit fils alors âgé de 6 ans qui avait été jusque claqué pour qu’il s’exécute. De guerre lasse, j’ai fini par quitter S pour protéger notre fils de la toxicité de sa grand-mère.

La suite des évènements m’a démontré à quel point mes alarmes avaient sonnées juste…

Mon fils a commencé à faire des cauchemars à chaque fois qu’il voyait S et surtout ses grands-parents. Un jour que S avait pris notre fils pour la journée c’est la grand-mère qui lui avait imposé de le lui laisser. Que faire quand vous récupérez un petit d’à peine 3 ans qui, quand vous voulez le mettre en pyjama, s’attrape les parties et vous jette à la face « Non pas zizi » à plusieurs reprises. N’ayant jamais obtenu de réponses quant aux raisons de cette réaction pour le moins inquiétante,  j’ai donc du prendre la décision de faire en sorte que notre fils ne soit jamais seul avec sa grand-mère pour le préserver des déviances que je soupçonnais déjà.

Quelques mois plus tard, c’est l’équipe pédagogique de l’école maternelle du petit qui m’a signalé un autre évènement tendancieux. La grand-mère venait visiter notre fils pendant la récréation et l’embrassait sur la bouche en y mettant la langue. Le gamin reproduisait ce type de comportements avec les petites filles de l’école. Fort heureusement, tout le monde a réagi à temps pour ne pas que cela perdure.

J’ai limité S à visiter notre fils uniquement à mon domicile et notre fils n’a plus jamais été chez ses grands-parents sans ma présence ou celle d’un tiers de confiance.

Cette chère grand-mère a voulu m’intimider en me menaçant d’une procédure juridique car elle voulait élever elle-même son petit fils. Elle souhaitait la main mise totale sur cet enfant depuis le début comme s’il avait été le sien. Mal lui en a pris puisque je l’avais menacé d’user d’une expertise psychiatrique sur sa personne et de faire en sorte que S soit déchu de ses droits parentaux puisqu’il ne s’acquittait d’aucune pension alimentaire.

Je ne sais pas ce qu’elle a pu raconter à S ou à son mari. Petit à petit S a espacé ses visites à notre fils pour ne plus donner signe de vie. Nous avons nous même cesser de conduire le petit chez ses grands-parents car nous y étions mal reçus. Cette chère grand-mère ne s’est pas privée pour autant de venir chez moi jusqu’aux 6 ans de notre fils mais je suis convaincue qu’elle n’en parlait à personne et surtout pas à S.

Il ne s’est pas passé une année sans que je ne croise mes ex beaux parents et jamais ils n’en ont dit mot à S.

Quand mon fils a eu 20 ans, il a revu ses grands-parents paternels et ceux-ci lui ont dit que S avait eu un autre fils dont je connaissais l’existence d’ailleurs puis était parti en Province et avait refondé autre famille avec 2 nouveaux enfants. Hélas ce n’était que des mensonges, S était bien parti en Province mais n’avait pas d’autre foyer.

Je ne sais pas pourquoi les grands parents ont menti, caché à S qu’ils avaient de nos nouvelles. A présent que j’ai renoué le dialogue avec S, il me dit qu’il ne se rappelle pas de tous les gestes déplacés de sa mère alors que je les lui avais dits, qu’il était présent quand sa sœur nous avait parlé du passif avec son autre petit fils. J’ose dire qu’il s’agissait bel et bien des prémices d’une forme d’inceste par une personne manifestement perverse à bien des points de vue. Je m’interroge sur le fait de savoir jusqu’où cette femme déviante a été maltraitante avec son propre fils, jusqu’où elle aurait été si je n’avais pas réagi pour préserver notre enfant.

S ne pourra plus obtenir de réponses de ses parents, son père est décédé et sa mère atteinte de sénilité. Il ne lui reste que sa mémoire défaillante, sa souffrance d’enfant maltraité et d’adulte n’ayant pas pu se réaliser librement comme il le voulait. N’a-t-il pas occulté les actes de sa mère sur notre fils pour masquer d'autres faits ?

Nous en parlons
A
Anne_
Publié le 07.08.2010
Inscrit il y a 11 ans / Actif / Adhérent

prendre conscience est quelque chose de très difficile qui nous sort d'un quotidien réglé, mal réglé, mais pour autant constituant notre référence de vie. C'est admettre que l'on s'est fait "avoir", que l'on nous a menti, que nous n'avons pas eu les moyens, la force, de lutter contre l'emprise sous laquelle on a vécu.
C'est aussi, en plus de se remettre soi-même en cause, admettre que des proche, normalement dignes de confiance, ne sont pas à la hauteur de cette confiance, l'ont même trahie, en ont joué, abusé. Lorsque ces proches sont mère, père, l'idée d'un abandon devient insupportable : se savoir orphelin de parents vivants, c'est une réalité inacceptable, indicible.

Occulter le passé, c'est se protéger, vivre mal, mais vivre dans un contexte supportable, plus supportable que l'idée d'une trahison parentale. S est possiblement dans ce cas, très malheureux depuis toujours, n'ayant pas eu la force d'affronter la réalité.

Bravo d'avoir réagi pour protéger votre fils. C'est ce que nombre d'entre nous attendions et attendons encore, vainement, de notre mère. Merci