La peur change de camp

Témoignages Publié le 11.04.2021

Violé entre mes 8 et 11 ans par un oncle qui, après moi, a violé mon frère cadet. Nous avons déposé plainte tous les deux en 2018, 35 ans après les faits.

Notre agresseur a été entendu par la gendarmerie compte tenu de son métier qui le met en relation régulière avec des enfants. Potier-céramiste « enchanteur », il donne des cours collectifs, mais aussi individuels à de jeunes enfants. Lors de son audition, il n’a pas nié mais a minimisé les faits. Conclusion : prescription, dossier clos.

Compliqué pour mon frère et moi, qui sommes persuadés d’être les premiers d’une liste de victimes.

La prescription doit tomber. C’est une deuxième injustice faite aux victimes qui ont la force de sortir du silence. Personnellement, je ne ressens plus le besoin de le traduire en justice pour ce qu’il m’a fait, car j’ai réglé mes comptes avec lui en me rendant à son domicile, accompagné de mon père (son frère) et en présence de sa femme. Je souhaite qu’il soit jugé pour toutes les victimes, encore murées dans le silence de la honte et de la culpabilité.

L’enfant est l’avenir du monde. Quand il n’est pas respecté, alors le monde est en danger.