Une vie d'adulte psychiatrisée

Témoignages Publié le 06.07.2011

ftlifeclass103A bientôt 45 ans après 17 ans de psychiatrie ma vie prends enfin sens. Petite fille (environs de 5 ans) j'ai été abusée par mon grand-père maternel. J'ai tout refoulé absolument tout. S'en est suivi une enfance à peu près heureuse. Je dis bien à peu près car je crois que tout n'étais que paraître. Déjà petite je n'étais pas sur la même longueur d'onde que mes copines. Toutes rêvaient du prince chrment, de mariage, d'enfants. Pour moi rien de tout cela. Je ne me voyais pas vivre audelà de 30 ans pourquoi 30 ? je ne sais pas je suppose que quand on a 11, 12, 13 ans cela paraît dejà vieux !

A l'école je me suis toujours fait remarquée par mes clowneries il n'y a rien que j'aimais tant que faire rire mes copines. J'ai eue une scolarité très peu brillante. Il a fallu toute la pugnacité de ma mère avec copie de psy à l'appui,  certifiant de mes capacités intellectuelles nettement supérieure à la moyenne pour que je passe en classe suprérieure. J'ai commencé à developper une anorexie vers 16 ans. Je me souviens très fortement d'une ma première période anorexique. J'avais tout le temps froid, ma grand-mère maternelle me trouvée bien maigrie, c'est la seule à avoir fait la remarque. Je me souviens d'un soir d'hivers ou je partagée ma chambre avec elle, je lui ai demandé de me coller à elle, j'avais tellement, mais tellement foird.

Une fois le bac en poche, je me suis "sauvée" au USA pour 3 ans. Consciemment et officellement je partais vivre avec l'amour de ma vie un franco américain : Alexandre. 2 mois après mon arrivée à Boston et 2 mois de violences sexuelle la rupture a été brutale, mais je suis restée aux USA, il n'était pas question pour moi de rentrer en France la tête basse je devais savoir parler anglais couremment.

De retour en France, toujours pas question de faire des études, je voulais ête autodidacte. j'ai assez rapidement trouvé du travail et m'y suis perdue. J'étais très performante chez IBM Europe, je suis devenue cadre prapidement. Je donnais tout mon temps. Parallelement je m'épuisais dans les salles de sport en diminuant drastiquement mon alimentation.

Et puis il y a eu une restructuration dans la société et j'ai perdu mon emploi. Ma descente aux enfers a commencée j'avais 21 ans. Je maigrissais toujours plus, j'ai fait une première tentative de suicide considérée par mon entourage comme un "chantage". J'ai rencontré ma première psy qui était alors en poste à l'hôpital Saint Anne à Paris. Il s'en ai suivi une période presque inninterompue de 4 ans au pavillon I. J'ai là expérimenté toutes les joies de la psychaitrie et bien sûr énormément de psychotropes. Allant de L'Haldol au Nozinan,(anti psychotique puissant) Tercian, Modecat, Largactil, survector, annafranil, sirop de chloral, tranxene, valium ect ect..... J'ai vécu dans un autre monde pendant 4 ans. J'ai pour la première fois à Saint Anne évoquée l'inceste avec mon grand père. J'ai su plus tard par le plus grand des hasard (j'ai pu lire un rapport d'hospitalisation que dans le service, ils métaient cette évocation sur le compte d'un délire supplémentaire !)

Echapée de Saint Anne par l'entremise d'une utre psy j'ai fréquenté presque tous les hôtpitaux de Paris, aux urgences ou aux services psychiatriques. J'ai multipliée pendant presque 10 ans les passages à l'acte : nombreuses scarifications sur tout mon corps, brûlures de cigarette, anorexie et ou boulime sévère, tentatives de suicides très nombreuses dont quelques une on faillit m'être fatale. C'est suite à une crise de boulimie, alors je tentais de me faire vomir avec l'aide d'une petite cuillière que dans un spasme de déglutition de l'ai avalée. Cela m'a valu une lourde opération dont j'aurai toujours la cicatrice (14cm).

J'ai passé mes dernières années d'hospitalisation à l'hôpital Saint Antoine, j'y ai là rencontrée une psychiatre extraordinaire qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour me prouver que je n'étais pas folle. Ce que je croyais fermement. Cette psy m'a encouragée à reprendre mes études. J'ai débuté à 30 ans des études de psychologie clinique. Pendant mes études et même pendant mes partiels ou mes stages j'étais très souvent hospitalisée et je bénificiais de "permission" pour aller à la fac. J'ai passé et obtenu tous mes exemens en continuant à prendre de fortes doses de médicament. Je suis maintenant diplomée d'un DESS de psychologie clinique de l'université de Paris VII Jussieu.

Ce n'est pas parce que j'ai obtenu ce diplôme que ma vie c'est éclaircie pour autant. J'ai continué à n'avoir absolument aucune vie sociale, je dépendais totalement des mes parents qui payaient mon loyer et je n'avais évidemment aucune vie amoureuse. Mes différents poste de psychologue se terminaient toujours par une fin brutale de mon fait. Ma carrière professionnelle n'a jamais été stable.

C'est durant ma dernière hopitalisation à Saint Antoine en Décembre/ Janvier 2007 que le psychiatre du moment m'a parlé d'un centre de thérapie dans le Sud Ouest de la France. J'y suis partie à contre coeur, pour 3 mois maximun mais avec tout de même le désir que quelque chose change. J'étais dans une impasse totale. Déclarée aldute handicapée ave une invalidité à 80% depuis des années maintenant, je survivais au sens propre du terme. Je n'attendais rien de la vie. Je survivais au jour le jour.

Mon séjour à "La Recouvrance" dans ce centre du Sud Ouest a duré 15 mois ! Et oui 15 mois pour apprendre à parler, pour apprendre les émotions vraies, pour apprendre à faire confiance. 15 mois sans aucun passage à l'acte (ils n'étaient absolument pas tolérés) La Recouvrance c'était l'anti psychiatrie, toute la prise en charge était basée sur la confiance mutuelle, le respect des limites nombreuses imposées et sur la PAROLE. Je suis sortie de la Recouvrance en juin 2008. J'y ai rencontrée l'amour sous les traits d'une femme. J'ai pris mes distantces géographiquement d'avec ma famille et surtout d'avec les hôpitaux parisiens.

Depuis maintenant 3 ans je vie en couple avec cette femme je l'aime et elle m'aime avec tellement de respect. Je n'ai plus jamais eu aucun passage à l'acte contre mon corps. Mais mon corps je ne l'aime toujours pas. Certes mes TCA ont très notablement diminué mais m'alimenter n'est toujours pas quelque chose de naturel. Ma vie professionnelle stagne, je n'arrive à m'engager sérieusement nul part. J'ai toujours peur de m'inscrire dans la vie. J'en prends pour exemple mon "addiction" aux achats. J'ai encore tendance à faire des dépenses compulsives qui me mettent réguilèrement dans les soucis financiers. Comme si mon avenir financier m'inportait peu.

Je prends encore un traitement médicamenteux. Je suis toujours en analyse. Je ne parle absolument pas avec ma famille de cet inceste. Il a était entendu, accepté et cru ( grâce notamment au témoignage de ma soeur ainée qui a failli subir la même chose) mais il n'est pas question d'en parler. Il n'est pas plus question de parler de mon homosexualité, ma compagne a été accepté c'est tout, il n'y a rien à dire.

Je vie enfin. Je vie plus que je ne l'ai jamais fait durant ces 40 dernière années. Ma vie enfin a un sens celui de l'amour et le plaisir d'une certaine indépendence. Mais j'ai de la colère, cette colère elle se tourne contre le mal qui m'a été fait : le mal de l'inceste, puis le mal de la société qui ne m'a proposé comme soins toutes ces années (sauf la Recouvrance) que de me faire taire à coup de médicament et d'isolement. Contre cette société qui ne m'a jamais cru ou pire qui n'a pas voulu m'entendre.

Voilà mon témoignage

Le 06/07/2011