J'ai écrit ce livre (public)
Victime de viols à 6 ans
M
marieb974
Inscrit il y a 3 ans / Nouveau / Membre
3
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J'ai écrit "L'enfant et le prédateur" avec l'aide d'une réécriveuse. Sans elle, je n'aurais pas pu. D'ailleurs, je parle de moi à la 3è pers. Elle, c'est Léa, enfant non désirée, carencée affectivement, élevée par des femmes qui ne s'aiment pas : une grand-mère froide; une mère mélancolique, centrée sur elle-même; une tante hystérique; une autre nympho-alcoolique (la seule qui lui prodigue un brin d'affection dans ses rares moments de lucidité.
Léa voit le jour dans un petit village de La Réunion en 1949, éclairée à la bougie, aux croyances superstitieuses. Sa mère la croit possédée du démon, dès le berceau. Le danger ne vient pas des amants de sa tante, mais d'un infirmier, ami de la famille qui soigne ses verrues sur fond de sorcellerie. Pendant une semaine, il la viole avec ses doigts.
Léa a tout oublié, sauf ce corps qui crie ses maux, sans que personne ne comprenne. Son petit ami la viole à 18 ans. C'est "normal". A 30 ans, commence l'errance thérapeutique, suite au retour du trauma. 2 médecins la violent "c'est normal". D'autres viols suivront. Léa la dissociée est attirée par des hommes violents qui la maltraitent.
Seul salut: l'hyper intellectualisation, les études de psycho. Léa consacre sa vie à venir en aide aux enfants en souffrance. Puis, elle arrête tout, se replie sur elle-même, loin des hommes, de la société, avec pour seule compagne: Amanda (une petite chatte martyrisée recueillie à La SPA).

[attachment=1776]EP_Couv(3).jpg[/attachment]
On peut dire que l'écriture lui permet de survivre.
2 messages
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 21.11.2018 19:40
Votre témoignage me bouleverse, la concision de vos mots me transporte, pouvoir dire tant si bien, merci à vous, ça me fait un bien fou.

Je pense que je lirai votre oeuvre et je suis heureuse qu'elle existe tout court.

Je vous souhaite le meilleur

Lena
M
marieb974
Inscrit il y a 3 ans / Nouveau / Membre
Publié le 22.11.2018 07:32
Bonjour Léna,

Votre réponse me fait chaud au coeur. Il m'a fallu attendre plus de 60 ans après les faits pour oser en parler. J'ai même pu signer en mon nom, la tribune qui vient de paraitre dans le journal Le Monde (Nous sommes 59). "Nous réclamons l'imprescriptibilité des crimes et agressions sexuelles sur mineurs", à la demande de "La génération qui parle".

Le face à face avec mon agresseur il y a 10 ans (par hasard) a été horrible. Le mot est faible ! Je soutiens celles qui parviennent à porter plainte. Comme tous les éditeurs m'ont envoyée balader, j'ai publié sur le net. Une maison d'édition m'a répondu: "On ne peut s'identifier à la victime. On a juste pitié d'elle".

D'ailleurs, peut-on s'identifier à une victime de viol ? Nous, on ne veut pas de la pitié, juste la reconnaissance du statut de victime.

Encore merci de votre soutien
Bien à vous
Marie Claude

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