Les enfants témoins et victimes de violences, grands oubliés du Grenelle contre les violences conjugales

Dossiers Publié le 13.12.2019

 

Le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le gouvernement a clôturé le Grenelle des violences conjugales débuté le 3 septembre dernier. Après trois mois de consultations des experts (associations, forces de l’ordre, professionnels de santé…), Edouard Philippe a présenté de nouvelles mesures, en plus des 10 mesures d’urgence déjà annoncées le 3 septembre dernier lors de l’ouverture du Grenelle, afin d’aider et de sécuriser les femmes victimes de violences conjugales.

Parmi l’ensemble des mesures annoncées : 1 000 nouvelles places d’hébergement et de logement temporaires à partir du 1er janvier 2020, l’accès des femmes victimes de violences à la garantie locative pour qu’elles puissent trouver un logement plus facilement, le lancement d’un audit de 400 commissariats et gendarmeries afin de détecter des dysfonctionnements, la généralisation de la possibilité de déposer plainte dans les hôpitaux, la saisie des armes en possession de l’accusé, et la mise en place d’un dispositif électronique anti-rapprochement dans les 48 heures dans le cadre d’une ordonnance de protection ou d’un contrôle judiciaire. Ceci dit, l’accord de l’accusé est nécessaire à l’application de cette mesure.

Bien que la possibilité ait été donnée pour le juge pénal de suspendre ou d’aménager l’exercice de l’autorité parentale en cas de plainte, et de suspendre de plein droit de l’autorité parentale en cas de féminicide dès la phase d’enquête ou d’instruction, les enfants témoins et/ou victimes de violences semblent les grands oubliés de ce Grenelle. Plusieurs points d’interrogation subsistent : quelle prise en charge psychologique d’urgence pour ces enfants ? Quelle prise en compte des préjudices subis dans le dossier d’instruction ? Quel accueil et quels moyens mis en place en cas de féminicide ? Comment accompagner les enfants dans l’immense traumatisme que constituent les violences et le féminicide ? Le Grenelle ne propose aucune réponse à ce jour, où la France peut déplorer qu’une femme meure tous les deux jours sous la violence de son conjoint.

Face à l'inceste n'a pas été consultée lors de ce Grenelle. L'inceste ne fait pas partie de la feuille de route du gouvernement. Ce n'est pas faute d'avoir relancé le secrétaire d'état à l'enfance Adrien Taquet de nombreuses fois. Pourtant, nos chiffres démontrent que les deux facteurs de risque de passage à l'acte incestueux les plus importants sont les violences conjugales et le fait que le père ait été lui-même victime de violences sexuelles dans l'enfance.