J’ai cris, j’écris.

Témoignage Publié le 08.11.2024

Je m'appelle J. D. C. J'ai 41 ans. ------------- Voici mon témoignage :

Enfant, j'ai été violé, humilié. Par deux hommes ET une femme ... J'ai écrit un texte. [...] Je pense que mon texte, son illustration ainsi que la chanson pourraient apporter une aide aux victimes. "Je veux croire aux hommes, aux femmes..." Ce passage est clé. Car, malgré le fait que j'ai été violé par des hommes et une femme, je veux croire aux hommes, aux femmes... car, c'est à travers autrui que je me reconstruis. Avec des hommes et des femmes. [...]

Né sur un autre continent de paire inconnue et de mer trouble. Bâtard ignoré et rejeté par mon géniteur, négligé par ma génitrice, je fus placé, après être tombé dans le coma à l’âge de trois mois, dans un orphelinat. Trois années plus tard, adopté par un couple de Suisses. ---- J’ai cris donc j’écris. ---- L’innocence de mon enfance fut également déchirée par deux hommes grimés et déguisés. L’un en Père Noël, l’autre en Clown. Insultes, coups, viols par l’un. Bonbons, glaces, gâteaux, mots doux et viols par l’autre. Amnésie. Avant que je ne me souvienne, qu'en mémoire horreurs reviennent, plusieurs centaines d'énurésies ponctuèrent centaines insomnies ! ... Que je m'explique ou sois sommaire, il est évident, m'assommèrent les viols remontant en surface, morceau par morceau, en pleine face ! ... C'était là, dans mon inconscient, car mon cerveau, à bon escient, me le cachait... Ma tête implose... Du silence, sinon coeur explose ! ... Plusieurs décennies, décimé, cimenté, figé, consumé, mon corps fut sous anesthésie... De l'écoute ? Yes, please, am'nez-y ! ... 

À dix-sept ans, j’ai décidé de me prostituer. Au début, c’était pour me faire du mal. À la fin, c’était pour leur faire du mal. Pour éviter d’envoyer un de mes clients à l’hôpital, voire à la morgue, j’ai décidé d’arrêter de me prostituer. Énurésies. Calamité, tare, drame, horreur voire tragédie obscène, laide, terrible, horrible, odieuse, vomitive... La sexualité me sort par les yeux ! Oui ... Tout se mélange, je ne suis pas un ange … Dérives ! Penses-tu que je me sois scarifié par plaisir ? Que je me sois prostitué par goût vénal ? Saisis-tu pourquoi la tristesse va me détruire ? À moins que je ne lâche, une fois pour toutes, le Mal ! Énurésies nocturnes ont imbibé mes draps de toute ma culpabilité et de ma honte que j'ai encore tant de peine à chasser de moi ! « Il faut que je dompte ces mastodontes qui démontent ! » … La vie et l'envie demeurent plus fortes que la mort ! Malgré ma lâcheté, malgré mes faiblesses ... Pour tous nous racheter, sur la croix Dieu est mort ... Dieu montre le Chemin, Dieu met fin à la Tristesse ! 

Ma mère adoptive, décédée quand j’avais dix-huit ans, me racontait son intimité de femme et d’épouse. Elle me racontait ses règles douloureuses. Lobe-scène… L’obscène… Sacro-seins. Pour elle, j’ai tout fait, car j’étouffais sous ses monstrueuses tueuses concupiscentes paroles et actions. Ma mère adoptive a fait tout son possible pour que je con prenne. Elle me parlait de ses frustrations sexuelles. Des piètres prestations sexuelles de son mari (de mon père adoptif). Elle me parlait très souvent de son mal-être. De son mâle mal baiseur. De son mâle maladroit. Négligeant. De son père qui avait délaissé sa famille pour vivre avec une autre femme. Ma mère adoptive me parlait de morale. De Dieu. Sans arrêt. Ma mère adoptive me disait que j’étais le plus beau. Le plus doux. Le plus intelligent. Le plus gentil. Elle me disait que je devais m’occuper d’elle. Qu’elle est très attentionnée envers moi. Qu’elle est la seule à m’aimer. Que je suis le seul qui l’aime. Ma mère adoptive m’a tout bien expliqué. Entre nous, le sexe, ce n’est pas interdit. Ce n’est pas immoral. Dieu ne condamne pas cela. Parce que nous ne sommes pas liés par le sang. Elle n’est pas ma vraie mère. Ce n’est pas elle qui m’a accouché. Je ne suis pas son fils. Seulement son fils adoptif. Qui doit l’aimer. Parce que l’autre. Mon père adoptif. Le nul. Il ne l’aime pas. Je dois t’aimer. Tout ce qu’elle me fait, c’est de la tendresse, de l’amour. Sa langue qui me lèche, ses mains qui me caressent partout. C’est de l’amour. Des échanges sacrés. C’est pur. Je dois faire ce qu’elle me demande. Car c’est sacré. Sacro-seins. Je dois répondre à ses suggestions. Ses indications. Je dois. Je doigts. Et aussi avec ma langue. Et aussi avec… 

Ma Mama m'a Mama m'a marqué aux maints extrêmes, au milieu, aux mains, à mille emblèmes... Mama m'a maculé d'hématomes, marre d'aimer et, en moi, mort du môme ! Mama adulée m'a acculé, m'a matraqué, Ma' m'a basculé, m'a traqué... Mais pour sûr, ses morsures me mangent comme ses milliards de murmures... Mama Machiavel avait vilaines haleines et envies de mon vit-l’aine… Mama m'a emmené pour : "Mimi, masse mes miam-miam mamelons maxis !" Mama m'a mis à la merci d'am-mers simiesques fresques, merci Madame ! Ma Mama m'a mâché méchamment, pour son palais beau, béant, aimant... Mama m’a mamada, Mama, da ! … … et le reste, vous ne le saurez pas ! Mecs, de ma mémoire à mon mémoire m'affectent, m'infectent, m'incestent, m'accaparent en masse maquerelle et ma querelle... Mama demanda ma… l'opinel… !

Mal a dit Soi nier est répandu… À nos lèvres suspendues… Gai rire est-il défendu ? Mal a dit : "Ô, cœur fendu !" ... Quand notre instinct contredit imaginaires maladies, vérité s’approfondit à la lumière des non-dits ! Au mal a dit, tends l’oreille ! Tôt ou tard, ce qui sommeille, à notre corps se réveille… To bee ? se questionne l’abeille… Soi nier jusqu’aux remords ? Moi, à l’écrit et à corps, vingt mots, dix maux, au dehors… Au-dedans, j’apprends au mors… Avec mal a dit j’avance dans une vive contredanse, car certaines questions se pansent ! … Puisque tout le reste compense… [...]