Etre un homme, si simple et si complexe

Témoignages Publié le 10.10.2013

altEtre un homme... Par ou commencer, par le début, je suis un garçon, je suis né en décembre 1977, j'ai peu de souvenir d'avant mes cinq ans, mais après c'est assez fourni, des souvenirs violents, ma mère était extrêmement violente, tout était prétexte à la violence, la cave, je me rappelle y avoir passé deux soirées, aux environ de mes sept ans, sans lumière, je me rappelle de la terreur que j'éprouvais ; ma chambre, une chambre froide, non pas qu'il y faisait froid, mais pour me punir. La seule personne de qui j'ai eu de l'affection et de l'amour et un peu de protection, c'est ma sœur qui est de quatre ans mon ainée, la aussi tout est confus, je me rappelle que pendant très longtemps, de cinq a onze ans pour moi, donc de neuf a quinze ans pour elle, on à pratiqué des jeux sexuels, pas très souvent, mais trois a quatre fois par année, ça se passait dans le grenier.


On se déshabillait, on se touchait, on se léchait, on mimait l'acte sexuel, toujours avec beaucoup de tendresse, avec légèreté, aujourd'hui je me demande qui était demandeur dans ses jeux, et surtout je me demande ce que ça cache (j'ai le pressentiment que moi et/ou ma sœur avons été abusé par notre père). A la maison, la sexualité était très tabou, je n'avais jamais de réponse à mes questions, on me disait quand tu serra grand, les réponses, c'est ma sœur qui me les à données, je la revois encore m'expliquer à quoi servait les tampons, et joindre le geste à la parole, c'était la veille de mon dixième anniversaire, c'est pour ça que je m'en rappelle. La pornographie, ça ce n'était pas tabou à la maison, j'avais même pas besoin de demander, j'avais juste à me servir, les films, les magasines, les bd, tout était caché tellement bien, comme si c'était fait pour qu'on y trouvent. J'ai été intéressé très tôt par la pornographie, et ça c'est accentué à l'adolescence, et à l'age adulte, ça à été pire encore.

Je me suis marié à vingt ans, j'aimais ma femme, elle m'aimait, mais ça à été le bon plan pour quitter cette mère trop envahissante. Quelques mois après notre mariage, j'ai eu une aventure avec la sœur de ma femme, elle avait quinze ans, un flirt en fait, on n'a pas couché ensemble, caresse et masturbation, elle était curieuse, et j'ai répondu positivement, sur le coup je n'ai pas compris mon erreur. Les années suivantes, ma dépendance à la pornographie est devenue de plus en plus persistante et prononcée, il m'en fallait toujours plus, toujours des choses nouvelles, toujours pire, sado maso, bondage, lavement érotiques, etc, tout y est passé.

Même la pédophilie, c'était il y a trois ans.
Heureusement pour moi, (c'est très bizarre cette phrase), la police m'a pris sur le net en train de regarder des sites pédophiles, retrouvé assez vite, il y a eu une perquisition chez moi, ma femme et mes 4 filles de 5 ans, 3 ans et demi, deux ans et 6 mois(à l'époque) réveillée par la police des mœurs, j'étais au travail, je crois que c'est un de mes pires souvenirs de toutes ma vie, j'ai été inculpé, j'ai commencé une thérapie, que je suis toujours, aujourd'hui je ne suis plus dépendant à la pornographie, mais c'est un combat quotidien, et ça a été un lourd combat, ma femme ne m'a pas quitté, elle m'épaule au mieux, elle ne comprend pas toujours tout, mais elle essaie, elle a du mal a comprendre le principe même de la dépendance.

Aujourd'hui avec cette thérapie je commence à me comprendre, à me percer a jour.
Le dernier travail entrepris avec ma thérapeute, c'est parlé de ce flirt (maintenant je le qualifie d'agression) que j'ai eu avec la sœur de ma femme il y a dix ans, mais surtout en parler avec les deux personnes concernées, ma femme et sa sœur, nous avons commencé, pendant dix ans j'ai fuis, j'étais persuadé que elle m'avait dragué, aujourd'hui je sais que c'était moi l'adulte, et que j'aurai du agir en tant que tel, et dire clairement stop.

Aujourd'hui elles savent toutes les deux que j'assumerai mes responsabilités jusqu'au bout, même si il doit y avoir des suites judiciaires, j'en ai marre d'avoir peur, de me voiler la face, de fuir, je veux être un homme, même si le prix à payer et cher. Certain diront que je suis un salaud, un agresseur, un pédophile, je ne peux leur en vouloir, tout me ramène à ça aussi. Mon enfance et mon adolescence ont sûrement un grand poids, mais je suis quand même responsable de mes actes, et j'aurai pu ou du me soigner plus tôt. J'apporte mon témoignage pour dire que même la pire des ordures peut comprendre ses erreurs et finir par les assumer comme un homme.
Merci de m'avoir lu.

Vi Veni Veriversum Vivus Vici
Nous en parlons
M
Mary
Publié le 11.10.2013
Inscrit il y a 8 ans / Actif / Membre

Bonjour,

Je souhaite te remercier pour ce témoignage très courageux !

Sache que je ne te vois absolument pas comme un salaud - bien au contraire, je vois en toi un homme courageux qui - malgré un passé lourd et douloureux de victime - assume ses actes et met tout en oeuvre pour "sortir la tête hors de l'eau" !

Quant-à celles et ceux qui sont si prompts au jugement - l'expérience m'a appris que ce ne sont pas forcément les meilleurs ! Bien au contraire, ces "bien-pensants" sont souvent celles et ceux qui ferment ou ont fermé les yeux sur la détresse des enfants violentés et maltraités !

Alors ne t'attarde pas sur les mots. Ce qui compte, c'est ce que tu es et ce que tu fais maintenant ! Poursuis le combat pour toi et pour ceux que tu aimes !

G
gazoil
Publié le 08.04.2010
Inscrit il y a 11 ans / Nouveau / Membre

Bonjour,
Ton histoire et ses conséquences me font penser à la mienne.
Je trouve que tu as beaucoup de courage d'arriver à tout décrire comme cela. Je n'en suis pas capable.