Inceste ou pas aidez-moi

Témoignages Publié le 12.06.2018

Inceste ou pas ?

aidez-moi

Bonjour à tous, 

je témoigne aujourd'hui pour vous raconter mon histoire et surtout trouver de l'aide. J'ai 31 ans et je pense avoir été victime d'inceste ou d'un climat incestueux. 

Ma mère m'a eu tard et toujours surprotégée. Elle était très présente dans ma vie, mon père travaillant beaucoup. Malgré cet amour qu'elle m'a portée, à l'adolescence je l'ai complètement rejetée, je ne supportais plus rien d'elle, je lui parlais mal et d'ailleurs au début je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas a l'aimer, elle qui avait "sacrifié toute sa vie pour m'élever" (ce sont ses paroles). 

Dés l'age de 20 ans j'ai commencé à aller mal, crises d'angoisses, dépression, boulimie, sexualité débridée... Et j'ai consulté un psy a qui j'ai raconté tous les détails de la relations incestueuse que j'ai avec ma mère et qui m'a répondu : "vous savez vos parents vous aiment, et l'imaginaire de l'enfant est très fertile, il se peut que vous ayez fantasmé tout ce que vous me racontez". 

Du coup je me suis renfermée et j'ai continué a avoir des problèmes sexuels, d'où ma dépression, un mal être inexpliquée et surtout une haine indéfinissable envers ma mère qui était pourtant gentille en apparence. Puis j'ai vu une autre thérapeute qui elle, m'a dit que la relation que ma mère entretenait avec moi était incestueuse ou incestuelle et pourtant à l'heure d'aujourd'hui j'en doute encore. Et si j'inventais tout ça ? Et si c'était moi la folle ? Et si ce n'était pas si grave ? Et ma mère fait toujours la victime en disant que je suis méchante avec elle, que je ne suis pas reconnaissante, que je ne l'aime pas et du coup je n'arrive pas l'accuser. En plus, mon conjoint me dit "elle est gentille ta mère, elle t'aime ! Ca se voit. Tu es dure avec elle." Ce qui ne me facilite pas la tâche. 

Alors voila de quoi je me souviens avoir vécu : 

- J'ai commencé a me masturber extrêmement tôt, vers l'âge de 3 ans et ma mère m'a toujours "traquée" a ce sujet. Elle appelait ça, "faire ses pattes de lapin". Et partout ou j'allais me cacher pour le faire elle me disait "qu'est ce que tu fabriques encore? Tu fais tes pattes de lapin ? Arrête de me mentir, tu es toute rouge", et je me faisais engueuler. Mais en même temps, c'était elle qui essayait de m'espionner, de me prendre sur le fait accompli comme elle disait. J'ai développé une honte, un sentiment d'être sale et en même temps une impossibilité a m'arrêter, c'est devenu compulsif jusqu'à la fin de mon adolescence

- elle ne me laissait pas mettre de culotte sous mon pyjama ou chemise de nuit et me disait "Ca va t'irriter de mettre une culotte, faut que tu laisse ton sexe respirer"

- on était très câlines toute les deux mais vers 9-10 ans, je venais toujours faire des câlins le soir dans son lit mais j'ai comme un vague souvenir qu'elle me caressait la poitrine (mais pas sure à 100%)

- elle ne m'a jamais laissé verrouiller la salle de bain ; elle me disait de laisser ouvert, que ça pouvait être dangereux de s'enfermer et de rester coincée et me disait  "c'est bon, c'est moi qui t'ai faite, je peux quand même voir ton corps, je suis ta mère !"

- elle se lavait le sexe dans le bidet souvent devant moi, bien écarté, et me racontait ses problèmes intimes, de coupures, de sécheresse, qu'elle devait mettre de la crème et elle l'appliquait devant moi sans gène.

- quand j'étais petite (je ne me rappelle pas l'age, peut être 6 ans), elle pinçait mon sexe en rigolant et en disant, "oh c'est mignon le petit abricot"

- il y a eu bien sur les thermomètres et les suppo mais bon je me dis que c'est normal quand j'étais malade

- mon père était médecin et elle lui disait, "ausculte-la" (parce que j'avais un problème aux ovaires). Mon père n'était pas trop pour, et en tout cas me disait de garder ma culotte mais ma mère essayait de la baisser un peu : "on verra mieux"

- une fois sur une aire d'autoroute elle m'avait dit de venir pour faire la pause-pipi juste à coté de moi dans l'herbe et j'ai vu plein de blanc couler de son vagin et elle qui rigolait aux éclats, en me disant "ah c'est rien ça, t'inquiète pas", mais bien sûr trop contente que j'ai pu assister à la scène

- elle demandait à mon père d'ausculter ses hémorroïdes mais faisait bien exprès pour que j'entende, et elle se mettait dans la chambre juste en face de la mienne en faisant exprès de ne pas fermer la porte.

- mon père a toujours été pudique, lui, et essayait de "calmer" ma mère des fois sur ses dérapages impudiques mais il n'a jamais eu trop d'autorité, comme s'il avait peur de la vexer et il fuyait plutôt que de l'affronter

- elle m'a toujours empêchée d'être seule avec mon père, en disant que l'on complotait derrière son dos et qu'on se moquait d'elle et après elle se mettait a pleurer en disant "vous ne m'aimez pas, vous êtes toujours contre moi"

- elle m'a essuyée les fesses jusqu'à 9 ans

- elle a toujours eu des gestes déplacés, voulu toucher mes seins pour voir s'ils poussaient bien, toujours caressé les fesses par ci par là, mais comme un geste affectueux. Elle avait des regards déplacés. Toujours des allusions perverses. Pleins de fois, je lui ai dis "arrête de toujours me regarder ou me tripoter", elle rigolait en disant "pfff n'importe quoi ma pauvre fille, tu te fais des idées, c'est normal tu es ma fille" ou "oh ça va, arrête de faire la prude"... Elle a toujours rigolé ou pris a la légère mes demandes d'intimité

- fouille dans mes affaires, espionnage aux portes, de mes conversations téléphoniques...

Depuis 10 ans je ne vis plus avec eux. Je suis heureuse en couple (malgré de gros blocages sexuels), on a une relation assez distante mais je suis enceinte et tout remonte ! J'ai besoin d'en parler, de savoir qualifier cette relation, de savoir si la haine que je ressens pour ma mère est normale. J'en suis arrivée à vouloir me souvenir d'un vrai viol , de quelque chose de concret pour que je sache si j'ai le droit de lui en vouloir. Elle n'a pas d'amis, n'a que mon père, n'a pas été aimée pas ses parents et me dit qu'elle aurait aimé être plus proche de moi, qu'elle ne comprend pas pourquoi elle n'a qu'une seule fille et que je suis injuste avec elle. 

Récemment, je me suis lancée et dans un mail de reproches (sur un autre sujet) je lui ai reproché son impudeur et là elle me répond "Quoi ? C'est toi qui était impudique ; tu rentrais dans ma chambre sans demander, pareil dans la salle de bain, alors n'inverse pas les rôles.".  J'ai commencé à me dire que c'était peut être moi la perverse, que mon premier psy avait peut être raison, je fantasmais tout ça...

Mais il y a quelques jours je suis allée les voir et en me levant du canapé, ma mère me donne une petite claque sur les fesses en rigolant, en me disant "Elle est courte ta jupe dis donc, t'as pas mis de culotte ou quoi, on dirait que tu es à poil." (j'AI 31 ANS!!!!!). J'ai ressenti du dégoût et une immense colère. 

Je ne dis rien, puis je repasse une semaine après et là, elle me dit "Bonjour ma chérie" et pendant qu'elle me fait la bise elle met ses deux mains sur mes seins et me les presse en disant "Ben dis-donc sacrés lolos !" en rigolant. Et là, je l'ai repoussée et me suis énervée en lui disant "Mais p..... !, arrête de me toucher ! Je dois te le dire combien de fois !  Elle me dit "Roohhh ça va ! Arrête ton cinéma !". Et je vois que mon père lui fait les gros yeux mais en même temps, il n'aime pas les scandales et essaie de faire comme si ne rien était. Je suis partie 5 min plus tard, énervée, avec mon conjoint et lui, j'ai l'impression qu'il le prend aussi à la légère.

Je ne sais plus quoi faire : 

- Est ce normal qu'une mère fasse "pouet-pouet" sur les seins de sa fille pour rigoler ? ou lui tapote les fesses ? Qu'elle ait toujours une réflexion à tendance sexuelle ? Est ce moi qui exagère ?  

Je suis dégoûtée du sexe, j'ai l'impression d'être sale, de sentir mauvais, j'ai peur d'être mère et de devoir laver mon enfant (heureusement j'attends un garçon).

Honnêtement, je ne sais plus. Et je ne sais pas quoi faire... Je n'arrive pas à lui faire la gueule trop longtemps par culpabilité. Il m'arrive d'avoir envie qu'elle meure pour que je n'ai plus de problèmes et ne pas me sentir coupable de la rejeter.

Désolée pour ce long texte, c'est tellement compliqué...

Nous en parlons
L
Laet
Publié le 13.04.2019
Inscrit il y a 3 ans / Nouveau / Membre

Je te souhaite plein de courage sur ce chemin difficile, et que ce soit l'occasion de faire sortir de toi ce qui ne vient pas de toi et dt tu ne vx pas, de créer ta propre histoire et d'offrir 1 cadre sain et beau à ton ptt garçon. Bien avec toi :-) Laet

L
Laet
Publié le 13.04.2019
Inscrit il y a 3 ans / Nouveau / Membre

Tu sembles encore sous l'emprise de ta mère qd tu parles de culpabilité, n'hésite pas à couper les ponts si tu sens que c'est nécessr, sans t'en vouloir:bien loin de faire qqch de mal, tu px rendre service à tt le monde en faisant ça.
Dur dur de voir le cptmt de ton conjoint ds le déni. Ce serait bien de savoir si c'est seulement à cause du stress immense généré par ce genre de situations et s'il a simplement besoin de tps et de connaissances sur le phénomène pour mx réagir.
Je te conseille, si tu ne l'as pas fait, de lire ce qui existe sur les psychotraumatismes et l'inceste, cela pt bcp aider. Et puis, si tu le vx et px, d'aller voir un bon psy formé à la psychotraumatologie, d'en parler à cx qui connaissent le sujet.

L
Laet
Publié le 13.04.2019
Inscrit il y a 3 ans / Nouveau / Membre

Bonjour,

Je ne suis pas psy ou autre mais simplement une femme de ton âge ; j'ai réalisé il y a quelques années que j'avais été victime d'agressions sexuelles dans mon enfance, puis il y a quelques mois qu'il y avait aussi eu des incestes dans ma famille, y compris sur moi, et aussi le sentiment d'avoir été violée par ma mère alors qu'il n'y a "rien eu". Je te parle donc en tant que victime-survivante avec mon expérience, l'aide immense de ma psychothérapie, mes lectures et tous les témoignages que j'ai lus et entendus.

Cela me semble évident que oui, il y a eu inceste (incestuel en tout cas et les conséquences sont AUSSI graves que pour des incestes) : dans l'attitude de ta mère mais aussi dans tes symptômes et ton ressenti, qui sont des [b]preuves [/b]qu'il y a eu agression, tu peux faire confiance à ce que te disent ton corps et ton psychisme.