Inceste soeur soeur : parce que personne n'en parle vraiment

Témoignages Publié le 18.09.2010

ninasIl est vrai que tout est encore très flou même si voici 2 ans que tout m'est revenu en pleine figure. J'ai vêcu 15 ans de ma vie sans m'en rappeler aucun souvenir juste une incohérence permanante : entre une légère boulimie et dégout du gras, de la nourriture, foisonnement de cauchemars, peur des autres, du noir, tremblements le soir, la main entre les cuisses pour me rassurer, agressivité mais aussi passivité face aux autres et j'en passe (vaginisme etc)....

Tout a commencé je pense beaucoup plus tot, dans un bain que je prenais avec ma soeur de 7 ans mon ainée, on se chamaillait et elle m'a touché violemment l'entre jambe me frottant tant et plus. Quand ma mère est revenue je me rappelle lui avoir dit qu'elle m'avait fait très mal mais celle-ci n'a pas relevé et m'a dit que c'était de ma faute parce que je l'avais ennervée. Bref passage qui ne résonne pas vraiment en moi.

 

Quelques années plus tard, j'ai 6 ans, je rentre innocemment un soir ds la chambre de ma soeur alors que celle-ci se déshabille, elle crie "non" et puis reprend "si, rentre on va faire un jeu, comme dans les films" alors moi après avoir compris la règle du jeu : "ok je vais siffler et je rentrerai". Tout à commencer comme ça, de manière très flou sur qui est responsable qui ne l'est pas.

J'avais vraiment l'impression que, ce que je risquais était la colère de ma mère car, à cette heure là, je devais être couchée. Le problème est que les paroles prononcées par ma soeur ont été synonymes de défi et aussi destructrices "tu veux être grande et bien montre le" puis, "t'as vu comme tu es sale, mais imagine à 20 ans tu seras horrible, tu changeras tout le temps de copains", "on dit que je suis la femme et toi l'homme".

Etre l'homme, comment ne pas se perdre dans son rôle de petite fille quand on doit faire l'homme. Elle m'"obligeait" par défi à me déshabiller, à la lécher partout, j'étais toute nue et quand ma mère montait en entendant du bruit je devais me rhabiller très vite puis elle venait me chercher et ça recommençait. Je ne peux pas dire que je n'ai pas été exciter ce qui a chez moi certainement créer beaucoup de culpabilité mais je ne maitrisais pas cette excitation. J'étais tremblante avec des spasmes au niveau des jambes, je grelotais, j'avais très très froid, le vertige et j'ai commencé à avoir très peur.

Elle me frottait  entre les jambes avec une certaine violence et je me sentais forcée lorsque je l'entendais rire (car elle riait beaucoup) et qu'elle me regardait de ses yeux très noirs. Je devais lui donner du plaisir j'avais parfaitement compris mon rôle, tout faire même jusqu'à lui lécher sa poitrine. Quand je lui demandais étonnée de voir qu'elle avait une poitrine de femme elle me disait que plus tard aussi j'en aurai une mais que bon la sienne était très belle (et que moi ba j'étais un gros bébé bref que j'étais un peu pourri...).

Notons que j'ai eu plus tard un dégout profond de ma féminité à tel point que quand je me suis formée j'ai eu peur, j'ai eu honte et ai voulu me les couper avec un rasoir. Je porte encore aujourd'hui les cicatrices. Et puis un jour, j'ai demandé pourquoi elle me montrait pas son entre jambe alors que moi je devais le faire et elle a refusé (après avoir beaucoup hésité). Je ne sais pas pourquoi mais ça m'a fait tilt dans ma tête. J'ai compris quelque chose peut être, tout à basculer. De passive, je suis devenue très active. Un matin, alors que nous sommes tous à table ma soeur embête mon autre soeur et je menace ouvertement de tout raconter. Mon frère m'emmène dans le salon et me fait une partie de guilis pour que je craque. Je lui dis juste "elle m'apprend à faire l'amour". Il me regarde effaré éclate de rire puis dit "non ça n'est pas drole du tout on ne doit jamais faire ça c'est pas bien ce que TU fais". Puis il revient à table et dit "tu veux que je dise à tout le monde ce que tu fais avec la petite?" et ma mère de répondre "non on ne veut pas savoir ça LES regarde". Toujours est-il que mon frère est ensuite allé voir ma soeur qui après m'a grondée de lui avoir dit, que c'était de ma faute si les parents le savaient et qu'il nous en voudrait beaucoup à toutes les DEUX. J'ai donc absolument refusé par la suite de recommencer parce que mon frère m'avait dit que c'était "très grave". Mais elle venait le soir me voir dans ma chambre pour me redemander de recommencer. Je disais non alors elle partait "t'es pas marrante tu prends tout au tragique". Cette histoire m'a véritablement brisée, je pense que je m'en sors, j'ai toujours l'impression que ça n'est pas grave mais je me sens profondément morte et meurtrie. Depuis que j'ai rencontré l'homme que j'aime (j'ai un peu plus de 20 ans), je vois enfin un rayon de soleil pointé à l'horizon dans ma vie (alors que je viens plutot d'un milieu favorisé et que j'ai tout pour être heureuse). Néanmoins, je suis perdue notamment dans ma sexualité où, après avoir cru  "devoir" lui donner du plaisir (au même titre qu'un objet), j'ai maintenant très peu d'envie, pas de fantasmes, dégout du sexe, trop de bave, trop de tout. Je me sens encore petite fille lorsque nous sommes au lit et pourtant je l'aime comme une femme.