Inceste verbal de ma grand-mère durant 15 ans...

Témoignages Publié le 31.05.2012

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Bonjour, voilà j'ai 22 ans et j'ai subi durant toute mon enfance des propos vicieux de la part de ma grand-mère dont j'étais très proche. Au départ, je ne savais pas trop si cela pouvait être rattaché à de l'inceste car il n'y a jamais eu d'attouchements physiques mais que verbaux. Aujourd'hui, je pense que cela en est car les mots peuvent être aussi dur...

Depuis toute petite j'étais très proche de ma grand-mère, je la voyait presque toutes les semaines avec ma soeur. Mes autres cousins la voyait beaucoup plus rarement de part la distance. C'est pourquoi, une relation assez fusionnelle s'est installée entre nous. Elle se permettait de me dire des choses qu'elle n'abordait avec personne (très peu avec ma soeur qui se braquait tout de suite étant très pudique). Je pense que je devais avoir 5/6 ans quand cela a commencé. Lorsque j'étais chez elle en vacances, parfois j'avais l'interdiction d'appeler mes parents car d'après elle, ils me concevaient un petit frère et de ce fait, je ne devais en aucun cas les déranger. Je me souviens que c'était très dur pour moi de ne pas pouvoir joindre mes parents car j'en avais besoin (comme tout enfant). Anecdote parmis tant d'autres, je me souviens également que j'avais eu ma période "massage" lorsque je devais avoir 7/8 ans, j'adorais masser tout le monde (dont ma grand-mère) qui n'hésitait pas à se mettre en sous-vêtements pour obtenir ces fameux massages. Un jour, ce qui m'a marqué c'est qu'elle m'a dit "dis dont tu n'es pas imberbe toi" en voyant mes jambes. Je ne savais pas du tout ce que ce mot signifiait, je lui ai donc demandé ce que cela voulait dire et c'est à ce moment là qu'elle a soulevé sa culotte pour me montrer, mais dans ma tête de petite fille je ne savais pas vraiment ce qu'elle voulait me dire...Un peu plus tard elle m'a expliqué la confection de ma mère avec mon grand-père mais je ne savais même pas comment l'on faisait les enfants. J'ai dû le découvrir ce jour là. Lorsque je me lavais chez elle j'avais toujours l'angoisse qu'elle rentre dans la salle de bain (il n'y avait pas de verrou) car c'était une habitude, lorsque je me brossais les dents et que je me penchais pour me rincer elle rentrait et abaissait légèrement mon pantalon pour m'embrasser au dessus des fesses. Quand j'ai eu 14 ans, lors d'une conversation télèphonique elle m'a dit que si j'étais un animal je serais une jument car j'ai une belle croupe et que l'on doit bien me "monter". Chaque semaine durant presque 15 ans je l'appelais durant 2 h car j'aimais ce lien fusionnel entre nous qu'elle n'entretenait pas avec mes cousins (je me trouvais privilégier) malgrè que j'avais sans cesse l'angoisse qu'elle me parle de sexe. Je ne lui ai jamais raccroché au nez, malgrè l'envie lorsqu'elle abordait le sujet, mais je me disais "il me reste qu'une grand-mère, elle est seule et elle a besoin de se confier". J'ai mis très longtemps à comprendre que cette relation était perverse pour moi car ce qu'elle me disait ou me montrait était "normal" pour moi étant donné que je l'ai vécu depuis  l'enfance. Un jour, j'en ai parlé naturellement à une amie qui elle même avait subit des attouchements physiques et elle m'a dit que ce n'était justement pas "normal" de la part d'une grand mère. J'ai alors réalisé au bout de 21 ans qu'elle était perverse vis à vis de moi. Le lendemain de Noël, elle a commencé à me toucher les seins devant toute ma famille (à table) en me demandant ma taille de soutien gorge. J'ai alors explosé et je lui ai dit que je n'en pouvais plus de tous ses propos depuis mon enfance. Depuis ce jour, je ne lui parle plus et elle non plus car elle ne comprend pas sa perversité en mon égard. D'ailleurs, lorsque je lui ai enfin dit ce que je pensais d'elle, elle a appelé toute la famille (de peur de passer pour une "folle") et leur a dit que je n'étais qu'une menteuse. Sur le coup je l'ai très mal vécu car je me suis dit "je suis une victime et finalement tout le monde va penser que c'est elle". Quelques jours plus tard, j'ai reçu une lettre de sa part où elle confirmait ce qu'elle m'avait dit durant toutes ces années et donc que je ne mentais pas mais elle m'a dit en gros "j'espère que tu es contente de faire souffrir une vieille dame". Du coup, certain ont pris son parti et d'autre le mien ce qui fait qu'il y a eu de grosses tensions. Pour moi, ce moment a été douloureux car j'ai dû répéter de nombreuses fois et à des personnes différentes ce qu'elle m'avait dit et ce qu'elle m'avait montré, j'avais vraiment honte ! Il n'y a désormais plus de fêtes de famille et plus de Noël. Je m'en veux vraiment de me dire que tout ça est de ma faute mais d'un autre côté je me dis qu'elle s'est permise de me dire ce qu'elle voulait durant 15 ans et que maintenant c'était à mon tour. Aujourd'hui mes parents ont coupé les ponts avec elle sauf ma soeur qui me dit qui ne lui reste qu'une grand mère, qu'elle est vieille et qu'elle n'a plus beaucoup de temps à vivre. J'ai beau lui répéter qu'elle n'a qu'une seule soeur et qu'il suffit d'un accident ou autre pour qu'elle me perde...mais ça elle ne l'entend pas ! Du coup je n'arrive pas à lui pardonner...J'ai beaucoup de rancoeur dans cette histoire, j'ai perdu une grand mère que j'aimais beaucoup mais qui m'a trahit et les liens avec ma soeur qui pour moi sont différents. Je ne sais pas vraiment où cette histoire va me mener et pourquoi j'ai décidé d'en parler enfin à coeur ouvert...Je pense que ce n'est surement pas bon de garder ça en moi. Malgré quelques séances chez le psy je continue à en faire des cauchemars et j'ai l'impression que cela ne se finira jamais...

Merci à vous d'avoir pris connaissance de mon histoire et si vous avez des conseils pour que cela j'aille de l'avant je suis preneuse.

Nous en parlons
A
Anne_
Publié le 15.06.2012
Inscrit il y a 11 ans / Actif / Adhérent

je vais chiffrer assez arbitrairement histoire de donner une idée
je suis en rupture avec 95% de ma famille.
les quelques liens qui restent sont des découvertes
50% des pseudo liens préexistants n'existaient franchement pas vraiment
45% des liens maintenus pendant 40 ans ne l'étaient pas pour les bonnes raisons et leur rupture, si elle reste douloureuse, est pour mon quotidien une source de sérénité.

la crainte que vous aviez pendant tant d'années que votre grand-mère vous parle de sexe disparaît puisque vous ne la voyez plus. Votre bien être doit pouvoir être votre fil conducteur : vous vous êtes suffisamment oubliée, sacrifiée, pour paraître devant les autres pour aujourd'hui vous accorder de décider pour vous

bravo d'avoir pu "dire" à votre grand-mère : rien n'est évident à prononcer quand la parole a toujours été repoussée.
l'âge de votre grand-mère n'est pas un bon argument : ça ne la dédouane pas de son attitude.

soyez fière de vous et de ce que vous entreprenez pour vous