J'avais une dizaine d'années...

Témoignages Publié le 14.12.2013

altJ'avais une dizaine... J'avais une dizaine d'années, à vrai dire je ne me souviens pas vraiment de la date précise... Est-ce important ?

Par contre je me souviens de ce grand-père qui n'en était pas un. Je me souviens des odeurs, des lumières de la pièce, des bruits que j'entendais à l'époque. Je me souviens du poids de ce corps qu'il m'infligeait, de son souffle dans ma nuque, de ses paroles... Qui était-il pour oser me toucher ainsi ? Un MONSTRE, ni plus ni moins!!! Cet homme connu et reconnu, apprécié par tous, n'était finalement qu'un MONSTRE, oui, un MONSTRE. Jamais je ne comprendrai comment un homme est capable du pire envers sa petite fille. Qu'ai-je fait pour mériter cela ? Jamais je ne comprendrai le silence, la non-action, la non-protection de mes parents face à l'atrocité. Pourquoi m'a-t-on forcée à côtoyer cet être abjecte après que j'ai révélé avec mes mots d'enfants ce qu'il me faisait subir... Quel parent est-il capable de cela ? Il fallait faire semblant, comme de rien n'était, continuer à fréquenter ce MONSTRE et se taire à jamais.

Il m'aura fallu des années, de nombreuses années, environ vingt-six ans pour comprendre que j'étais une VICTIME, que mon grand-père m'avait VIOLEE, que j'avais subi un INCESTE. Vingt-six ans pour mettre des mots sur des maux. Car oui, pendant de très longues années, mon âme et mon corps ont eu mal, sans trop savoir pourquoi. Aujourd'hui je sais ! Même si mes parents ne veulent entendre ma souffrance. Et oui j'ai mal, encore... Je ne peux me défendre en portant plainte ni en le traînant devant les tribunaux car il y a prescription et ce MONSTRE est mort. J'essaie de me réparer malgré tout, mais je suis affectée profondément en comprenant chaque jour que je ne recevrai aucune reconnaissance, ni de la société, ni de ma famille, ma soi-disant famille... Chaque jour je me demande comment j'ai pu survivre à cela, chaque jour je me demande comment j'y survivrai...

Nous en parlons
A
Ambre38
Publié le 16.11.2017
Inscrit il y a 3 ans / Nouveau / Membre

Oui parler mais quand l'entourage n'en tiens pas compte cela détruit un peu plus pour ma part j'ai l'impression de devoir lutter chaque jour seule face à cette personne qui est la mienne mais de qui je me sens si loin. J'ai bien essayer de voir des psychologue mais rien n'en ai ressorti aujourd'hui mon papa est mort depuis tans sans avoir voulu reparler de ce que m'avais fait son père son seul geste a été d'enlever la photo de ses parents qui trônait dans le salon. Ma mère elle n'aborde jamais le sujet et quand une fois je l'ai traîner chez une conseillère familiale afin d'évoquer le sujet elle n'a fait que pleurer en disant qu'elle s'en voulait de n'avoir rien vu malgré mes changement de comportements et depuis ana et demi de silence la vie continue.

S
sorga
Publié le 21.12.2013
Inscrit il y a 8 ans / Actif / Membre

comme je te comprends, la même histoire, les mêmes protagonistes... sauf que moi je vais seulement en parler à mes parents et j'ai très peur d'être (encore) déçus par leur réaction !
moi aussi il est mort depuis 21 ans maintenant et j'ai du mal à me sentir vraiment victime ... mi victime, mi coupable ! je sais que ce n'est pas loique car j'avais environ3 ou 4 ans et cela a duré jusqu'à sa mort quand j'ai eu 10 ans , soulagement ... mais comme tu dis aujourd'hui je vais mal , même si je sais pourquoi, je me bats chaque jour pour ne pas sombrer dans une sorte de folie, de nonchalence, de dégout pour ma vie, pour moi en fait !
je t'envoie plein de courage, nous avons fait le premier pas : PARLER, LIBERER LA PAROLE comme dit AIVI ! ;-)