Les conséquences de l'inceste

Témoignages Publié le 12.12.2006
Bonjour,

LE 23 octobre j'ai assisté pour la première fois à un groupe de parole qui avait pour thème les conséquences de l'inceste. Pendant quelques minutes chaque participants devaient évoquer leurS "expériences". Dans une ambiance chargée d'émotion il m'a été très difficile d'analyser, de détailler et simplement de dire ce que ce traumatise a fait de ma vie. J'ai 47 ans et j'ai vécu pendant 40 ans dans le déni de cette blessure. Il y a seulement 4 ans que cela m'est revenu.
Je vais donner des détails que je n'ai même pas dit à mon psy (il sait que j'ai été abusé) par gêne ou parce que je n'avais pas jugé important de le dire. J'ai été abusée par le mari de ma tante (soeur de ma mère) alors que j'avais moins de 8 ans ceci a commencé par des jeux comme chercher dans le lit sous les draps un objet caché par ses soins alors que cet oncle était nu (par ce jeu j'étais amené à le toucher)! et que ma tante se trouvait à ces côtés...

Puis lors de vacances chez eux il ma conduit dans son bureau pour me demander de prendre un objet dans un placard situé en hauteur il m'a donc porté il était nu sous son peignoir genre kimono et il m'a violenté en me pénétrant par derrière. Puis une fois terminé il m'a essuyé avec une éponge jaune. Puis il m'a demandé de ne rien dire car avec ce geste je devenais sa petite femme en secret,et surtout ne rein dire à mon père qui pourait être jaloux et le tuer si il savait ça et finirait en prison, puis il m'a amené dans sa voiture décapotable je suis montée à l'avant et il m'a promené dans Cannes les jardins où était planté de nombreux oeuillets d'inde jaunes et oranges je déteste ces fleurs et (pendant des années je me demandais pourquoi je détestais ces fleurs moi qui aime tant les plantes les fleurs), le port les boutiques où il m'offrit une jolie robe blanche en organdi pour celler notre secret lien.

Lorsque je suis rentrée chez ma tante je lui ai parlé de tout cela je ne me souviens plus les mots que j'ai employés mais le résultat c'est que je me suis fait traiter de menteuse et de vicieuse (j'avais moins de 8 ans) et ce mot m'était inconnu et il m'a paru sale et terrible, j'ai compris à ce moment qu'il fallait ne rien dire. Donc l'après midi même ils m'ont ramenés chez mes parents à Antibes en pretextant que j'avais volé une petite somme et menti en redusant de l'admettre et ce jour là non seulement j'ai été abusé mais personne ne me croyait et je devenais aussi une menteuse une voleuse.
Je me suis sentie injustement trahie par les adultes comment avoir confiance dans ce mode d'adulte où ma parole a été rejetée bafouée et non entendue. Alors les conséquences n'ont pas manquées de survenir tout au long de ces 4O ans de douleurs. Premièrement je me suis renfermée sur moi même j'ai perdu ma confiance en mes parents qui n'avaient pas sû déceler le mensonge que mon oncle et ma tante avait fait, mon traumatisme m'a conduit vers la tristesse, la solitude, ne plus dire ce que je ressentait, et minimiser ce qui pouvait m'arriver puisque personne n'avait senti mon désespoir, et surtout en m'enfermant dans un monde où il n' y a avait pas de danger comme dans la vrai vie.

J'ai eu l'impression de me regarder derrière une vitre je faisais ce qu'il fallait pour être une fille sage et sans histoire. Mon enfance a été une période d'insomnie je m'endormais dans la cuisine sur ma couverture car dans un lit je ne trouvais pas en sécurité il y avait sous le lit d'affreux qui pouvaient m'attraper et me faire du mal enfin c'est ce que je croyais. Mes parents n'ont jamais compris que je souffrais de terreurs nocturnes comme ils n'avaient pas compris ce qui m'était arrivé car dans leur tête jamais ils n'auraient imaginé une telle horreur.

Je me sentais tellement différente des autres que je devais l'être car j'étais rarement invitée aux anniversaires des petites camarades de classe, une élève me persécuter en me pinçant en me faisant mal elle avait compris que je ne dirait rien car les adultes ne me croirait pas.

Et je me suis laissée faire de nombreux mois jusqu'au jour où en classe je n'ai pas pû me retenir de crier tellement j'avais eue mal et là l'instit n'a pû que constater. Donc la peur des autres a été mon lot quotidien toutes ces années. L'adolescence n'a été guère mieux j'ai été conduite chez un psychologue scolaire qui n'a rien décelé car avec mon habitude de planquer mes sentiments et mes pensées (je n'avais jamais été crue) je l'ai roulé et il m'a trouvé tout à fait normale.

Toujours cette solitude et surtout personne ne me comprenait. Pas ou peu de petits amis quelques copines mais juste ce qui fallait pour ne pas être suspect et en tant que jeune femme très peu de relations intimes avec un homme j'avais une peur panique de certains gestes et je ne le revoyais plus. Pour ne plus subir ces peur j'ai préféré m'abstenir pendant plus de treize ans d'avoir une intimité quelconque avec un homme.
Bien sur je n'ai jamais eu une vie de femme donc ni hommes ni enfants ne partagent ma vie et ce sentiment de profonde solitude et de frustration devant la perte de ma feminité sont les conséquences de ses abus. Après 4 années de thérapie je peux enfin dire et redire ce que j'ai vécu, mais j'ai encore du mal à faire confiance et à être claire dans mes pensées.

Merci à cette assoiciations d'exister et quel soulagement de pouvoir enfin mettre des mots sur mes maux, Je vous remercie de prendre du temps pour me lire c'est aussi une façon pour moi de m'aider à exister en tant qu'être humain.