Lettre ouverte

Témoignages Publié le 26.07.2016

Lettre Ouverte

Aujourd’hui , c'est mon tour de témoigner. Oui , Je pourrais vous raconter mon histoire en long en large en travers et en détail. Mais à la place j'ai décidé de vous témoigner de mon ressenti à propos de l'inceste et/ou l'enfance violée. 

J'ai l'impression d'être un déchet de la société. Un déchet ? Oui, je me sens rejetée et exclue, un problème de société non résolue et caché. Parce que, qui va venir dire "je suis une enfant violée je n'ai aucun droit" ? Personne. Je trouve que nous, survivant n'avons pas le soutient et les soins que l'ont mérite. (Parce que malgré ce que les gens croient, nous ne sommes pas tous des futurs prostitués zarbi accro au sexe).

La société ne nous intègre pas à elle, elle a choisie de nous ignorer. Pourtant nous ne sommes pas une minorité. Pourquoi ne va-t-on pas se plaindre ? Pourquoi nous cachons nous derrière des masques ? Pourquoi n'a t-on presque jamais vue la tête des survivants adultes ? Ah oui la honte. La honte ? Mais d'où viens elle ? J'ai la réponse clair, nette et précise que vous attendez tous. 

Depuis qu'il est coutume de prévenir et d'expliquer à ses enfants COMMENT NE PAS SE FAIRE VIOLER (au lieu d'expliquer au plus grand comment ne pas violer).

Parce que, voyez vous, le fait de dire à un enfant "une grande personne n'a pas le droit de faire ça, c'est interdit, TU fais attention", c'est exactement ce qui culpabilise les enfants. De quoi ? De leur naïveté. 

Donc oui, je me sens rejetée par la société. A partir du moment où elle ne cherche pas les survivants, où il n'y a pas de prévention suffisante. A partir du moment où ils nous laissent de côté, ne nous reconnaissent pas en tant que victime, ne nous proposent pas des soins, ne nous prennent pas en charge !

J'espère qu'un maximum de personnes me lira, parce qu'il faut faire bouger les choses, parce que ça suffit ! 

Je finirai donc par une note positive. Malgré nos stress post-traumatiques, malgré nos différents troubles et dépressions, je connais des tas de survivants qui réussissent dans leur vie malgré tout, qui se battent et arrivent à être heureux. 

Nous en parlons
A
anais_c
Publié le 18.10.2016
Inscrit il y a 4 ans / Habitué / Membre

Merci pour ton témoignage.

Je trouve aussi que nous n'avons pas assez de soutien.
Mon psy, vu deux fois a décrété que j'étais équilibrée " mariée, un enfant, un boulot, des amis"...elle va tout de même continuer de me suivre mais juste pour vérifier que je ne sombre pas dans la dépression. Elle n'a pas ressenti cette immmense blessure qui me donne envie de pleurer tous les jours...Nous avons besoin d'aide pour refermer cette blessure...nous ne voulons pas qu'on nous dise " tu t'en sors bien..."

A
Aukusti
Publié le 04.10.2016
Inscrit il y a 5 ans / Nouveau / Membre

Louane ,
Je pense vraiment que le choix des mots peut jouer a l'extrême avec des enfants ( Et avec le monde en général ) Exemple : Prevenir les enfants avec des mots différents tel que " Tu sais , si quelqu'un se permet de faire tel ou tel chose , tu dois m'en informer car tel personne n'a pas le droit " .Plutôt que " tu DOIS ( tu as le devoir de ) faire attention , tu DOIS dire non " ainsi toute la responsabilité est reposé sur l'enfant. Ce qui n'est pas logique. Donc je pense aussi qu'il est ESSSENTIELLE de faire de la prévention , avec des bons mots non culpabilisants .

L
Louane
Publié le 30.09.2016
Inscrit il y a 6 ans / Nouveau / Membre

Bonjour,

Je te remercie pour ton message. C'est la première fois que je lis ce point de vue très juste à mon sens sur le fait que quand les adultes bienveillants insistent auprès des enfants pour qu'ils fassent très attention à ce qu'aucun adulte ou autre enfant d'ailleurs ne commette d'acte sexuel sur eux, cela peut générer de la culpabilité après coup.

Cela dit, l'intention est positive et en parler c'est aussi assumer devant les plus jeunes qu'il y a des adultes malveillants et prévenir vaut toujours mieux que guérir.

Pour avoir grandi avec un parent pervers narcissique et deux grands-parents pervers -narcissiques, une première résolution essentielle est de s'en éloigner et d'apprendre à faire confiance à nouveau à la vie.

Je fais partie des résilients et j'encourage chacun à continuer à s'exprimer sur ce qui le fait encore souffrir car c'est essentiel pour se reconstruire de reconnaître qu'on a été victime et non fautif/ve.

A
Aukusti
Publié le 28.09.2016
Inscrit il y a 5 ans / Nouveau / Membre

Merci pour tout vos gentils commentaires :D

S
Sissi
Publié le 08.09.2016
Inscrit il y a 5 ans / Nouveau / Membre

Ton message, ta révolte me touchent. Je sens tout de même de l'espoir en toi et une envie de te battre pour que nous soyons reconnues et prises en charge. Nous sommes des VICTIMES.
Je pense à la campagne présidentielle pendant laquelle nous pourrions peut-être sensibiliser les élus et les candidats à nos besoins et à notre réalité quotidienne extrêmement difficile.

I
Isabelle
Publié le 16.08.2016
Inscrit il y a 11 ans / Actif / Adhérent

Merci pour votre témoignage. Maintenant que l'inceste est reconnu dans le code pénal, l'AIVI va continuer son combat pour obtenir des centres de soins spécialisés. Elle les réclame depuis 2004 mais les ministères de la santé successifs n'ont pas jugé bon de donner suite. Il va falloir nous mobiliser !