Mon agresseur vu par la famille

Témoignages Publié le 26.09.2013

altMon agresseur vu...Mon père  - l'agresseur - est décédé il y a 30 ans.   Il a eu 4 enfants.  Tous ses enfants ont souffert plus ou moins de son "style d'éducation", de sa violence, sa façon de manipuler et créer une atmosphère de peur, et, enfin, tous ses 4 enfants ont subi de l'agression sexuelle: les ainés ensemble, un peu;  après la troisième, avec menaces et pendant des années, et toute à la fin, moi-même. 

30 ans après son mort, il est malheureusement toujours "présent"  par l'égocentrisme qui règne dans la famille. 

Il y a des soeurs et le frère qui ne se parlent plus;  il y a des tensions et des disputes pour les tableaux que le père a fait puisqu'il était artiste... Le frère a rompu le contact avec sa mère, mais il se fait des soucis pour les tableaux paternels et regrette la vente de la maison familiale.  Malgré tout, il met le père sur un piédestal.  Il reproche à la mère de ne pas prendre soin de "l'héritage du père"!

La belle-fille s'entendait bien avec mon père.

Malgré les souffrances, la fratrie a réintégré la façon d'être du père, son égocentrisme, son arrogance, son narcissme, son individualisme. 

Personne d'entre eux n' est capable de se mettre en question pour progresser personnellement ou pour éprouver de l'empathie pour autrui.

Et la mère ?  Elle souligne que son mari n' aurait pas dû avoir des enfants puisqu'il était artiste!

Elle n'a pas pu  protéger ses enfants, elle a beaucoup souffert, mais elle a tout fait pour favoriser "l'harmonie".  Elle a essayé de porter plainte, mais elle n'a pas réussi.  Mon père s'est évadé pour quelque temps dans les Etats Unies.  Elle a essayé de se séparer mais il était capable de la retenir avec des menaces.

Habituée à se soumettre dès son enfance, elle continue sur ce voie,  - aujourd'hui âgée de 95 ans (!)  - avec ses descendants, ceux qui possèdent le même tempérament et la même  fermeté que son mari.  Elle les respecte, elle les écoute.  Elle s'oriente vers des caractères dominants, préfère s'adapter.

Puisque mon père était un personnage impressionnant, avec du charisme,  il est difficile de se distancier,  - la mère à côté était comme un ombre.

Elle a subi - elle n'a pas réagi -  même si c'était elle qui travaillait, qui gagnait sa vie, qui conduisait, qui s'est chargé de toutes les choses pratiques, - et non pas mon père!

Une personnalité comme celui de mon père  est extraordinaire - c'est séduisant, ce n'est pas „comme tout le monde“!

C'est ça le piège.    Toute la famille connaît le comportement du  père, mais il est quand-même intégré, justifié: on fait comme lui, on a de la nostalgie de ses expressions, de ses idées, de ses sentences... on se veut artiste même si ce n'est pas le cas, on est solitaire, ne supporte pas les autres...  On copie le modèle.

Au moins certains petits-enfants prennent des distances vis-à-vis du comportement de leur grand-père, et ils refusent par exemple de mettre ses tableaux chez eux parce qu'ils veulent se protéger de cet esprit qui s'exprime à travers  les images.   Et ces petits-enfants sont en train de progresser, de travailler sur eux-mêmes, de consulter un thérapeute, ce que les descendants directs refusent de faire.

Nous en parlons
M
Manon34
Publié le 23.04.2015
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Je reconnais là l'attitude d'une partie de ma famille...mon propre frère sait les horreurs qu'a commises mon père mais il se fait une fierté de devenir comme lui. Je ne comprends absolument pas son comportement, sa vie va être faites de frustrations et de colère. Mes sœurs s'éloignent de moi et ont décidé de s'installer loin de là où je vis. Elles ne savant pas sur quel pied danser. Moi je sais quel chemin j'emprunterai même s'il faut que je déménage moi aussi urgemment, je vis à 2 minutes de chez mon père, je ne supporte plus cette situation. Merci beaucoup pour votre témoignage qui dénonce l'attitude des familles incapables de se remettre en question. Je vous souhaite bon courage :roll: