Mon père gendarme et incestueux (4 à 14 ans )

Témoignages Publié le 22.04.2011

Fotolia_1028170_XSJe me suis sentie si souvent seule au monde avec mon histoire et puis je vous lis et je suis triste de nous savoir si nombreuses ! Aussi loin que je puisse me souvenir , j'avais quatre ans , je sais que j'étais en maternelle ...je serrais mon nounours et lui venait me réveiller durant la nuit pour me toucher , pour enfoncer sa langue dans ma bouche ... Puis avec les années et très rapidement, il se conforta en ayant des tas d'opportunités pour assouvir se pulsions !

La cave ( assise à califourchon sur lui qui était lui-même assis sur un tonneau de vin) , la salle de bain et ma chambre durant la nuit (assise au bord du lit , il m'enfonçait son majeur dans ma bouche , puis son pénis comme si je ne pouvais pas faire la différence . J'ai gardé longtemps l'odeur de ce pénis qui me donnait des envies de vômir ! Puis ,après un déménagement , ce fut le poulailler avec ce même tonneau, et le garage où il avait tout comme le poulailler prévu une fermeture de l'intérieur ; Enfermés ,dans cette 504  à l'arrière de la voiture ou dans sa propre chambre en l'absence de ma mère .

Il enfonçait ses doigts dans mon sexe , puis son pénis en prenant soin de ne pas me défleurer , il m'enfonçait sa langue dans mon oreille, dans ma bouche , pratiquait le cuni..., j'avais même cessé de me laver , en me disant qu'il s'écoeurerait mais rien . Mon père était un  gendarme gradé, j'ai vécu en caserne entourée de flics qui le respectaient. Il était violent , j'en avais peur au point de me pisser dessus car il nous infligeait des sacrées dérouillées (nous étions trois enfants, et je fus la seule avec qui il était incestueux )

Il me disait que j'étais sa préférée , qu'il ne fallait rien dire , que c'était notre secret . Apès une tentative de suicide râtée à 14 ans , je me décide à parler ; tout d'abord à ma soeur , puis à ma mère en lui tendant un cahier de 400 pages sur lequel , j'exorcisais ma douleur . Etonnante réaction , après avoir pleuré et reproché de ne pas avoir parler avant , elle décida de brûler mon cahier dans l'évier de la cuisine . Puis plus rien ! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre ma mère et mon père mais rien a bougé. Il a juste cessé de me torturer.


Nous en parlons
É
étoiledusoir
Publié le 16.05.2011
Inscrit il y a 10 ans / Actif / Membre

C'est vrai que c'est triste de nous voir aussi nombreux mais être ensemble, échanger, nous réconforter fait un bien fou. Entre nous, nous pouvons tout nous dire et c'est pour moi une nouvelle famille, loin de ma famille incestueuse qui comme la tienne préfère tout cacher et moi avec.
Nous sommes aussi porteuse d'espoir et d'avenir car nous avons survécu et nous nous battons pour construire des vies douces, sécurisantes et belles... si belles.

I
invisibilissime
Publié le 15.05.2011
Inscrit il y a 11 ans / Nouveau / Membre

Bonjour,
L'étonnante réaction d'une maman... absolument submergée en quelques minutes. D'abord elle craque, semble éprouver, un moment, un peu de votre calvaire....puis sort de ce cauchemar par une réaction violente de déni, de place nette, de table rase, comme si rien n'avait jamais existé, comme si vous n'aviez jamais rapporté, confié, exprimé quoi que ce soit. Toute une partie de vous-même, de votre vie qui fut si étirée en longs supplices intérieurs... tout cela a été comme réduit à néant en un instant, impression d'autant plus terrible que cela le fut par la maman qui transmet la vie.

(Ma mère, qui elle a toujours été plutôt froide envers moi depuis l'enfance, avec des attitudes de rejet parfois, tombant un jour sur mes écrits relatant une partie de l'inceste-père demanda à mon frère d'aller jeter les papiers dans une poubelle à l'extérieur : situation similaire à la vôtre. Et je ne vous dis pas le nombre d'années qu'il m'a fallu pour supporter cette scène, parmi d'autres dans le mental !)

Pour nous les victimes c'est dur car nous sommes à la dérive de peur d'aborder un rivage où nous pourrions provoquer séisme, tsunami, foudre (et sur nous-même) etc... et, lorsque, nous sentant couler, nous tentons de nous confier à un être cher de notre famille, souvent nous découvrons qu' il a peur jusqu'à la lâcheté, s'enfonce dans la rumination égoïste, se torturant de mille questions égoïstes : que risque-t-il de provoquer à son tour, de perdre, et quelles réactions va-t-il susciter ?
Et puis, cet être cher va se dire qu'après-tout, les accusations font remonter trop loin dans le temps, les tonnes à remuer sont trop énormes et les preuves si difficiles à trouver !
Ainsi nous pouvons supposer que toutes ces pensées, toutes ces questions, toutes ces craintes, peuvent, en un éclair, faire basculer une maman dans le déni au point de réagir aussi violemment en brûlant tout le contenu de souffrance, de torture, de sa propre fille...

Certes, vous n'avez plus « la torture de la part de votre père ». Votre mère a tout fait pour ne plus que, sur sa fille, cette torture ait existé, existe ou risque d'exister à nouveau : mais le non-dit, le déni est une situation intolérable de torture permanente : personne ne peut perdurer dans ce rôle sans dommages personnels un jour ou l'autre au point que la famille en souffrance complètement niée peut s'en trouver éclatée d'une manière ou d'une autre, un jour ou l'autre.

Pour nous les victimes sans preuves et sans aucun appui, il ne nous reste qu'à exceller dans des rôles bizarroïdes de caméléon envers la famille !

Je vous souhaite de pouvoir toujours (aussi bien qu'ici par la confidence écrite) continuer à vous réapproprier votre vécu, en toute indépendance : d'autres pages à écrire et à tourner que plus personne ne brûlera : ainsi sur ce site, vous savez que votre vécu est bien ressenti et compris.