Peut-on en parler à la famille ?

Témoignages Publié le 29.10.2013

J'avais 10 ans , mon frère 15, nous ne sommes que 2 garçons....j'en ai actuellement 35. Mon frère est depuis toujours un être violent, et moi comme les victimes d’un certain syndrôme de Stockholm je cherchais un signe de reconnaissance de sa part : positif ou négatif peu importe… Nos jeux étaient toujours du type dominant-dominé ...il était plus grand , plus fort que moi. Mon frère malade a fait de l'enfant que j'étais son objet l’espace d’un été et puis dieu merci il rencontra un fille !

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J'ai vécu avec ça en essayant d'effacer cela de ma mémoire, et j'ai survécu avec ma honte. J’ai toujours eu peur de me faire rejeter de ceux que j’aime. De rentrer dans le moule de la caricature ou du commentaire à trois francs du vu à la télé… Je ne suis pas violent, je suis hétéro et j’aime la compagnie des enfants (j’ai enseigné avec plaisir de la maternelle jusqu’au collège). J’ai pourtant peur que l’on fasse de moi un malade et que même ma femme ai peur de moi.

Je sais que je ne pourrai jamais oublié ce qui c'est passé, je hais mon frère. Faut il juste se résoudre à vivre seul ou puis-je me confier à ma femme à mes parents? Ma mère m’a une fois demande si mon frère m’avait violé j’ai menti j’ai eu peur de la vérité et des conséquences…

Dès ce moment j’ai attendu mes 16 ans pour fuir ma famille. La violence de mon frère m’a toujours paru clairement lisible aux yeux de mes parents, mais elle ne l’était pas. Ma détresse c’est transformé en colère dès l’adolescence en vers ma mère puis mon père. Vous imaginez les conflits enfant-parents. Je ne comprenais pas pourquoi ils ne me protégeaient pas de leur fils aîné.
En vacances quand nous étions seul mon frère et moi c’était souvent les voisins de camping qui intervenaient pour arrêter les coups de mon frère. Sur mon corps je porte non seulement cet ignoble blessure psychique de l’abus sexuel mais aussi des cicatrices dont une qui m’a mené à l’hôpital et que je vois chaque matin en me rasant.

J’ai grandi dans la violence le secret et le mensonge. Un jour comme Peter Pan j’ai commencé moi aussi à me mentir en me créant une histoire, une mythologie, une nouvelle identité pleine de rire et d’aventure. Je me suis menti pendant 10 ans. J’ai vécu la vie d’un autre pendant 10 ans…

Seul je me suis reconstruit d’abord affectivement, puis les études et enfin amoureusement avec une femme fantastique.
Je suis heureux aujourd’hui de pouvoir revoir le sourire de ma mère et le bleu des yeux de mon père, si bleu, si réconfortant!
J’ai recroisé mon frère, pour la famille, pour mes parents, pour que tout semble normal… je suis seul avec se fardeau. Mais je me sens bien aujourd’hui je sais que ne n’ai plus besoin de le revoir il a enfin disparu de ma vie.

Aujourd’hui j’ai le besoin de dire de raconté mon histoire je ne peux plus tenir tout cela en moi… m’a pourquoi devrais-je faire souffrir ma famille ma femme ? dans quel but ?


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Nous en parlons
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Dapangma
Publié le 12.05.2014
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Bonsoir,
tu parles beaucoup de tes peurs. Pour ce qui concerne ta femme, je pense - et tu me l'accorderas je pense - que si elle t'a posé la question c'est qu'elle connaît déjà la réponse ; si elle n'avait pensé qu'il t'avait violé elle ne l'aurait pas posée. Ca ne vient pas spontanément à l'esprit ces questions. Donc où est le risque d'en parler ? C'est vers elle que je me tournerais.
Pour tes parents c'est moins sûr. Mon expérience le prouve - mais mon expérience n'est pas la tienne. Tout dépend de tes parents ; la question est : ont-ils vu ? Si oui pourquoi n'ont-ils rien dit / fait ? Si non pourquoi ?
Dernière chose, ta souffrance t'appartient et elle est légitime ; ce n'est pas toi qui la feras souffrir en lui révélant l'inceste, c'est l'auteur le coupable.