Survivre

Témoignages Publié le 22.09.2019

Bonsoir,

Je souhaite partager avec vous mon témoignage.

J'avais 11 / 12 ans quand j'ai été victime de plusieurs viols, mon agresseur ? Mon cousin coté paternel. J'ai commencé à en parler à 15 ans, quand je suis rentrée en seconde, j'en ai parlé à deux de mes amies, ce qui ma valut du harcèlement par la suite. Par la suite je découvre le site de Face à l'inceste et en 2014 je prends mon courage et j'écris sur le site, où Face à l'inceste fait un signalement à la police de ma ville. A mes 17 ans je suis convoquée au commissariat à la brigade des mineurs où je tombe sur une policière gentille qui a fait de son mieux pour me mettre en confiance et a été à l'écoute. Mais c'est pas pour autant que j'ai réussi à dire quelque chose, je vois également une psychologue (qui est d'ailleurs ma psy actuelle). Le verdict quelques mois après c'est classé sans suite. Depuis le signalement, ma relation avec ma mère s'est détériorée. Depuis le classement sans suite je ne parle plus à ma mère et je suis partie vivre chez mon père. Je fais donc appel de cette décision en écrivant au procureur, j'ai l'opportunité de me faire ré-entendre en janvier 2018 par la même policière et ce jour là je dévoile tout et je porte plainte. En juillet 2018 je fais une seconde expertise psychologique, puis plus de nouvelle. De janvier à juin 2019 je ré-écris au procureur trois fois pour savoir où en est la procédure. En juillet la gendarmerie m'appelle pour m'informer qu'il y aura une confrontation. je prends le temps de réfléchir, demande l'avis a ma psy, va voir la policière pour qu'elle puisse répondre à mes questions. Décision prise, je décide d'aller à cette confrontation. Le 31 juillet je me fais accompagner par l'association d'aide aux victimes, n'ayant aucun soutien familial, et je rejoins mon avocate. Lors de cette confrontation les deux gendarmes (une femme et un homme) me mettent a l'aise, avant que mon agresseur n'arrive. Et j'ai parlé durant cette confrontation, je ne me suis pas laissée démonter alors que j'étais terrifiée, au bord du malaise. Maintenant j'attends.

Pour les actes, je les ai pas décrits, mais j'ai été victime de viols, de crimes punissables. La première fois ce fut chez ma grand mère paternelle, j'ai fait une fellation à mon cousin. Puis cela a continué dans un camping à Quiberon (d'ailleurs c'est le camping qui fait la une des journaux) une nuit où il y avait une tempête, mon cousin est venu sous mon accord me rassurer et c'est donc installé entre moi et mon frère jumeau. Je me suis endormie sauf que quand je me suis réveillée mon cousin était sur moi et je n'oublierai jamais SA phrase en me demandant si je sentais son pénis en moi. Il m'a demandé si je voulais aller aux toilettes car on allait réveiller mon frère, je suis donc allée au toilette et ce fut la dernière fellation que j'ai eu a lui faire.

Alors oui j'ai suivi mon agresseur, sauf que chacun réagit à sa manière est ce n'est pas pour autant ma faute car je n'était qu'une enfant innocente et ne connaissant pas la sexualité.

Il faut PARLER, BRISER le silence, cela fait peur et je le conçois, mais briser le silence c'est important ! Ne pensez pas aux conséquences, car vous êtes VICTIME et toute victime à le droit à la parole, et de se faire entendre ! vous verrez, parler permet de se libérer d'un poids, cela n'effacera pas les images et on oubliera rien ! Faite vous ce passé, cette force, vous êtes dotés de courage, d'une force énorme !

COURAGE ET FORCE A VOUS !