Occulter pour ne rien dire

Témoignages Publié le 13.07.2014

altOcculter pour ne rien dire. A 6 ans, chez ma grand-mère paternelle, je n'imaginais pas que le père que j'aimais tellement, mais que je voyais que très rarement parce qu'il était incarcéré, aurait pu me mettre dans les mains son sexe en érection. Je n'ai plus aucun souvenir de ce qui a pu ce passer cette nuit là, sauf une douleur atroce entre les cuisses au matin.

Je n'ai rien dit a personne longtemps. Il est décédé à 40 ans. Je n'ai eu ni pardon, ni justice, rien. Ma soeur ainée était aussi victime, j'ai assisté a son dépôt de parole auprès de ma mère, qui a l'époque n'a su que laisser sortir sa colère et a tout simplement traumatisé ma soeur qui c'est suicidé a 24 ans. Je sais pourquoi je n'ai jamais rien dit a personne. C'est lors d'une analyse, à 32 ans, que ce souvenir occulté m'est revenu en pleine figure. Après plusieurs tentatives de suicide et échecs amoureux, je suis aujourd'hui heureuse malgré tout. J'ai rejoins voilà bientôt deux ans  un groupe de parole, pour entendre d'autres victimes témoigner et partager leurs expériences et peut-être trouver des réponses a mes questions. J'en ai trouvé tellement que je me suis engagée en tant qu'animatrice de groupe et responsable sur ma ville. Merci au groupe et merci à Face à l'inceste .