Violences conjugales et inceste

Témoignages Publié le 02.12.2014

Violences conjugales

et inceste.

La machine s'est mise en marche de suite. Je me suis faite opérer comme dans un état second, ne pensant qu'à ma petite, mon amour de fille. Mon fils aîné me révéla alors que lorsque je travaillais de nuit, son père le menaçait et le battait. Quatre années d'enquête, plusieurs expertises et une enquête sociale ont avéré les dires de ma fille et ont conclu que je n'avais pas manipulé les enfants, qu'ils n'étaient pas non plus mythomanes ni psychotiques... contrairement à ce que clamait mon ex-mari.

Je précise que je n'ai eu aucun soutien familial ou social pendant toutes ces années. Ma fille a beaucoup souffert lors des procédures. Elle a été auditionnée plusieurs fois, a été obligée de répéter encore et encore ce qu'elle avait subi, ce qui est à mon sens une aberration, un gros traumatisme, des violences supplémentaires. Pourtant, sa 1ère audition avait été filmée. J'ai pris conscience de toute l'incompétence des services de Police et de la justice. Une des juges d'instruction l'a reçu seule avec son père et les avocats dans son cabinet. Moi, je n'ai pas eu le droit de rentrer alors que j'étais représentante légale et partie civile. La juge m'a même claqué la porte au nez en disant : elle, je n'en veux pas ! Les juges étaient désaisis sans arrêt, les audiences reportées, les dossiers se "sont perdus" d'une Cour à une autre... Le droit de visite et d'hébergement de mon ex mari a été suspendu pendant 2 ans de 2008 à 2010. Des visites dans un point-rencontre ont été mis en place pour le 3ème. Ce n'était pas du tout impartial (mon ex mari connaissant la directrice, ça n'a été que magouilles) : il a obtenu un droit de visite sur mon 3ème enfant alors âgé de 10 ans. J'étais en plein cauchemar, l'instruction pour les agressions sexuelles de ma fille n'était même pas terminée !

Mon fils cadet connaissait très peu son père puisque ce dernier favorisait depuis toujours sa carrière. De 2003 (date officielle de séparation) à octobre 2010, il n'a jamais pris les enfants un seul w-e (ceci afin de m'empêcher aussi d'avoir une vie professionnelle et sentimentale) et d 'un coup, il exigeait d'avoir un droit de garde sur le petit dernier, le seul que j'avais réussi à protéger jusque là. Il n'avait plus que ce moyen pour continuer d'exercer une emprise sur moi. En effet, j'étais obligée de lui donner mes coordonnées, il pouvait téléphoner à n'importe quel moment, me plongeant instantanément dans une forme de transe (j'étais prise de tremblements violents de la tête aux pieds). Et le fait de lui accorder un droit de visite et d'hébergement m'obligeait à être à sa merci, car disponible au cas où il déciderait d'observer ce droit. Le 1er vendredi (15/10/10) où il s'est présenté, il est arrivé en retard et m'a menacée, insultée comme à son habitude. J'ai téléphoné au commissariat et 2 policiers de la BAC sont intervenus. Mon ex-mari a déposé plainte pour non présentation d'enfant et il a inventé être venu le 04 février et le 16 septembre. Bien entendu, il n'est pas venu à mon domicile ces 2 autres fois et le refus de présentation d'enfant n'a été établi ni par les forces de l'ordre, ni par huissier pour cause !!! Mon ex mari s'est contenté de faire sa petite déposition depuis son bureau au commissariat où il est en poste à Marseille : comme il me dit : "la loi c'est moi !", sa plainte a été reçue. Il y a eu médiation pénale et j'ai refusé le protocole écrit par lui, mais j'ai justifié mon refus en joignant le jugement de divorce à ses torts exclusifs pour violences conjugales ainsi que les expertises de ma fille et l'enquête sociale...

Mais je n'ai pas été entendue , effectivement, le 07 mai, j'ai été reçue au commissariat de Hyères où on m'a remis une citation à comparaître pour être jugée du délit de non présentation d'enfant. Alors que je protège mon petit dernier de ce dingue qui avec les années a développé une paranoïa, j'ai été signalisée comme une criminelle : photo de face, de profil, de 3/4 et empreintes digitales... Heureusement que les 2 policiers ont dédramatisé la situation, ils étaient même très gênés d'avoir à faire ça à une mère de famille !

L'audience a eu lieu ce matin, 02 décembre 2014. Les avocats étant en grève, l'audience a été reportée au 16 juin 2015. La juge ne m'a pas regardée et m'a dit d'un ton péremptoire : " il faut que les choses s'arrangent d'ici là sinon, vous serez sanctionnée. "J'ai tenté de lui expliquer que de toute façon, mon ex-mari ne se présentait même pas, elle m'a rétorqué sèchement : "ce n'est pas le discours de monsieur". Je sens que je ne serai pas entendue de nouveau, comme si la justice se voulait sourde. J'ai à faire à un manipulateur, un malade mental qui n'hésite pas à inventer des preuves et il sait comment faire et quoi dire étant donné qu'il a travaillé des années à la brigade des mineurs (OPJ, enquêteur).

De mon côté, je survis comme je peux depuis plus de 13 ans aux manigances de cet homme. J'ai fait plusieurs tentatives de suicides, j'ai été opérée d'une tumeur du sein, des voies digestives, je suis atteinte de fibromyalgie, d'asthme, de tétanie etc... Mais j'ai réussi l'éducation de mes enfants dans l'amour, le respect et la confiance. Je suis fière d'eux et ce à juste titre. Je suis à la fin de ma 3ème année de formation infirmière. A l'intérieur de moi, la lumière s'éteint, j'ai trop lutté seule. J'AI VRAIMENT BESOIN D'AIDE, j'ai en face de moi une machine judiciaire qui m'a broyée avec une justice faite par des hommes pour des hommes dans une région où le machisme règne encore. Mon ex-mari a travaillé avec les juristes qui vont me juger, mon avocate a même "trouvé" dans le dossier pour l'audience du 02 une lettre de mon ex-mari adressée au procureur et dans laquelle il lui demandait son intervention dans cette affaire car ils avaient travaillé ensemble(ce dont il s'est toujours vanté auprès de moi pour m'intimider, j'ai encore ses SMS). Par ailleurs, toutes les pièces du dossier ont disparu... Puis une partie est réapparue la semaine dernière!

Quant à ma fille, elle a fait en 5ème une phobie scolaires sur les cours de musique (flûtes), le pédopsy qui la suivait à cette époque l'a dispensée de ces cours, liant cette phobie aux agressions sexuelles qu'elle avait subi. Elle n'a plus souhaité continuer de thérapie, c'était trop douloureux. Elle a repris une thérapie de novembre 2013 à juillet 2014 avec un jeune psychiatre. Elle a consulté ce psychiatre 2 fois par mois. C'est une jolie jeune fille, elle était 1ère de sa classe en terminale littéraire, mais elle se croit moche, grosse et bête. Elle a eu son bac avec mention très bien et a été admise à La Sorbonne. Le psy a travaillé avec elle sur l'absence d'estime de soi, la peur des autres. Elle a bien évolué, mais c'est terrible pour une maman de se sentir aussi responsable et coupable du mal être de sa fille. Je n'ai pas su la protéger et ça me ronge. Depuis l'obtention du bac, elle est en phase d'hyperphagie, elle a pris énormément de poids, elle fait des cauchemars toutes les nuits, fait du somnambulisme, je la trouve assise sur son lit la nuit, en pleurs.

Mon fils aîné a fait 2 tentatives de suicide en 2008, se croyant coupable de "n'avoir pu protéger "sa sœur en août 2007 quand elle a subi les violences sexuelles. J'en suis à me demander si lui aussi n'aurait pas subi des violences sexuelles. Mes enfants sont très proches, très soudés tous les 3. Mon fils aîné a obtenu son bac avec mention Bien en 2010. Il a validé 3 semestres de droit en université. Il ne s'est pas présenté au 4ème semestre, préférant rentrer dans la vie active devant les difficultés financières que je rencontrais. Je n'ai rien, ni argent de côté, ni meubles, ni véhicule. J'essaie de m'en sortir et depuis 2001, j'essaie désespérément de terminer ma formation infirmière. En effet, mon ex mari m'a laissé un gros dossier de surendettement que j'ai réglé de 2005 à 2009 seule, puisque les créanciers me « tenant » ne l'ont pas poursuivi ! Je suis toujours fichée à la Banque de France avec toutes les conséquences que ça peut avoir. Personne ne semble faire le lien entre violences conjugales (physiques, psychologiques et économiques) et inceste. Je ne peux plus vivre (ou survivre plutôt) ainsi, ça fait trop longtemps que je lutte seule et que mes appels à l'aide ne sont jamais entendus. Je suis exténuée. Non, je ne suis pas "une battante qui va s'en sortir" comme m'ont trop souvent dit les personnes auxquelles je demandais de l'aide (certainement pour se donner bonne conscience de ne rien faire!). J'ai besoin de soutien, d'une présence à mes côtés. J'ai besoin que des professionnels engagés dans cette lutte : avocats, psychiatre etc se penchent sur mon dossier et me soutiennent car je ne vais plus tenir longtemps.

Carole

Nous en parlons
S
sorga
Publié le 19.12.2014
Inscrit il y a 7 ans / Actif / Membre

courage Carole, je suis moi -meme victime et maman ; j'imagine ta détresse et ton épuisement à force de te battre seule contre tous , mais gardes espoir tes enfants , comme tu l'as dit toi meme sont tres proches et entourés d'amour, et heureusement car c'est ce sont ils ont besoin.
Ne culpabilise pas , ce n'est pas toi la coupable mais ce monstre manipulateur ! ici tu trouveras du soutien et comprehension

courage