Expression libre (public)
Ecriture thérapeutique
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
106
192
Ici juste un thread où j'écris tout ce qu'il me passe par la tête sans censure, toute la confusion, les doutes, les certitudes, et dont il ne restera plus que la part de vérité et de clarté raisonnablement d'ici quelques années. A la libération. Décantation. D'ici là, patience, résilience et travail en confiance. Ecriture.

[Besoin d'écriture automatique au kilomètre - Aujourd'hui c'était mon premier jour de reprise du travail à mi-temps, j'ai besoin de pleurer je crois et je n'y arrive pas, c'est ce qui sort]
-------------------------------
Je n'avais pas le droit de pleurer.
Je n'avais jamais le droit de pleurer.
Jamais.

Je devais sourire et je devais dire que ce n'était pas grave.
Je devais rire et faire la belle et dire que tout allait bien.
Je devais jouer seule et prétendre que j'aimais ça.
Je devais râler mais pas trop parce que sinon je me prenais une frappe.
Je devais prétendre que j'étais heureuse même si j'étais malheureuse.
Je devais toujours faire semblant alors je suis devenue une maîtresse de l'illusion.

Je crois que dans ma vie personne ne prend les masques comme moi, les masques de l'éclat, du superbe et qui cachent un petit personne gris et malheureux et triste qui voudrait juste ne plus avoir à faire semblant, juste pouvoir être heureux, juste dire je vous aime aux autres et puis voilà c'est facile.
J'ai tellement de peine et de douleur enfouies et puis je ne veux pas les faire sortir parce que quand ça sort sous forme de lui, c'est la frappe. Parce que quand ça sort sous forme de pluie, c'est la nuit. Fini les gentils parents, c'est l'avalanche de haine et de reproches de gifles, de colère, de violence.

Je suis un enfant et puis je grandis et je garde les automatismes et puis j'ai 30 ans et puis je veux plus et puis je sais plus faire autrement. Il faisait comment l'enfant avant tout ça? Il a tellement peu vécu, il a tellement été embringué dans tout ça rapidement, il est tellement devenu cet oiseau de nuit paradeur et ridicule qui sourit et pleure dedans, fait le service, le serviable et l'ami, et puis qui en lui veut juste mourir. Il fait comment l'oiseau de paradis pour juste arrêter son cirque et être normal, juste raccord avec ses émotions et juste normal, juste bien, juste honnête avec soi-même pour commencer?

Un jour j'ai dit à mon père que j'allais mourir et que je ne reviendrais pas et il m'a dit que tant mieux bon débarras. Et j'ai pas compris en fait je crois qu'il savait pas non plus ce qu'il racontait mais ce jour là je crois que je suis morte en moi, tout ce cirque j'ai d'autant plus voulu l'arrêter et puis voilà 10 ans plus tard, j'y suis encore trop. ça s'arrête quand?
ça s'arrêtera mais c'est si long. Vider cet esprit fatigué et brouillé par les âneries des parents, quel travail sans fin, quelle patience il faut. Papa Maman vous avez été d'absolus bourreaux vous êtes des abominations pour moi et des tragédies sur pattes. Je vous plains parce que vous n'avez toujours pas compris l'étendue des dégâts chez vous. Et bonne nouvelle, comprendre l'étendue des dégâts ce n'est que l'étape numéro 1 d'une longue série d'étapes sans fin pour aller mieux Je vous dis à dans 30 ans mais je ne suis pas certaine de revenir voir vos états de décrépitude avancée. Je n'ai pas beaucoup de patience ni d'amour pour vous ce soir et j'en ai bien le droit après ce que vous m'avez fait, après ce que vous n'avez pas protégé en moi, mon innocence, ma gentillesse, ma souffrance qui en a découlé des jours et des jours à pleurer en moi. Comment c'est possible de verser des larmes en soi? C'est quand les larmes on ne vous autorise pas à les sortir alors vous les pleurez dans vous parce qu'il faut bien qu'elles sortent, dans vous et elles brûlent et noient l'intérieur mais il faut qu'elles sortent, c'est les larmes de l'innocence brisée. Des fous de parents, des malades mentaux de parents d'une violence inouïe d'une méchanceté absolue et dire que ces crétins ont été un jour mes parents. Ben ça promet, j'espère ne jamais être aussi pourrie que vous à votre âge. Je vous aimais, on avait tout, on aurait pu s'aimer avoir une famille et puis rester ensemble une vie et puis vous avez tout foutu en l'air et mes larmes je les pleure toujours pas assez, si elles sortaient je vous oublierais tous et je pardonnerais mais elles ne sortent pas. Elles restent trop, on fait comment pour pleurer?
105 messages
A
*Profil supprimé*
Publié le 08.05.2018 00:07
Toc Toc....c'est le Coeurdonnier...

[attachment=1669]16388281_1406225239401744_355542278766350964_n-2.jpg[/attachment]
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 08.05.2018 00:09
C'est joli, merci Mireille

ça me met un sourire (un vrai ^^).
A
*Profil supprimé*
Publié le 08.05.2018 00:21
Moi aussi je leur ai hurler à la tronche que j'allais mourir...
Réponse: "On mange quoi ce soir?"!!!
Comment survivre à cette négation...comment peut-on se construire et et se sentir humain dans son corps et son coeur???
Alors oui, faire semblant...jouer des rôles...se fondre dans la masse...facile!
Etre soi, exprimer les choses sans masque, un peu plus complexe...
Enfouir, enfouir...encore et toujours...
Et ces larmes qui ne veulent pas toujours sortir...cette retenue...et ça fait mal
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 14.05.2018 19:45
Sortir la tête de l'eau. Ecrit juste avant ma première heure de cours avec les élèves aujourd'hui

Froid et triste, c'est normal.

Revécu du passé. Trauma. Déchirures de rejets multiples. Répétés. Injustes.

Avec des raisons mais injustes pour l'enfant à peine né qui a besoin d'amour, d'enveloppement, de réconfort, de douceur, de sérotonine, d'ocytocine.

Injuste. Des rejets. Une enfance injuste.

Ce n'était pas juste de sa part à elle de m'infliger ça.
Je maintiens l'injustice de ses mots, de ses gestes, de ses comportements. Ils sont injustes.
Ils ont une cause, une raison d'être. Absolument. Mais ils n'en demeurent pas moins injustes.

Radicalement injustes. Destructeurs. Douloureux. Désespérants. Ils causent l'amertume, la méfiance, le manque d'espoir, le doute existentiel, la solitude, l'incompréhension, la rage aussi noire et absolue souvent retournée contre soi. Tout cela ce n'est pasjuste.

Tout cela a une raison d'être, des causes, mais tout cela est injuste pour l'enfant, injuste.
Injuste pour l'enfant vulnérable, frêle qui a besoin d'amour, de douceur, de respect, de réassurance, de bienveillance, de gentillesse, de soutien, aussi d'encouragements, de valorisations, de comprendre ses erreurs et les erreurs de l'Autre. Tout cela estinjuste.

Quand ça dure autant d'années et que c'est répété autant de fois, c'est même profondément criminel.

Et ça donne naissance à une rage et un désespoir incommensurables. C'est normal.
Tout être abusé nourrit rancoeur, douleur, méfiance et peur de revivre l'abus. C'est normal.

Le monde est autre mais il faudra du temps pour que les plaies cicatrisent assez pour qu'elles n'affectent plus autant le jugement.

Guérir de l'abus et de l'abusif, ça prend du temps, énormément de temps, de répétitions, de lectures, de compréhension de soi et de gestion de son stress et des situations au pas à pas, au cas par cas.
ça prend du temps, des erreurs et des succès.

2ème semaine au travail. Calme. Claire.
Respiration. Structurée. Mettre à l'écrit si besoin. Baisser le ton. Pause. Moins parler.
A
Adèle9
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 14.05.2018 23:27
Des mots que j'aurais pu écrire. J'ai écrit de façon répétée, injuste. Tout ce qu'il y a d'injuste dans les violences physiques, psychiques et sexuelles subies par un(e) enfant.

Oui, l'écriture automatique est un outil merveilleux que j'utilise aussi.
L
lulamae
Inscrit il y a 3 ans / Débutant / Membre
Publié le 15.05.2018 13:39
Je n'ai pas de texte à proposer ici, mais je voulais remercier @Phelenix pour l'idée, car je me suis mise à écrire hier soir (cahier de ressentis, conseillé par Melina) - j'ai commencé à écrire "rationnellement", puis je me suis lâchée, et des images passées sont revenues. Rien de neuf, mais en revanche des liens nouveaux entre elles, quand je dis "elles", c'est que j'ai pu par exemple intégrer des images revues en séances EMDR à l'ensemble plus vaste des images conscientes de mes maigres souvenirs d'enfance, que j'avais jusque-là.
J'ai été agréablement surprise par cette "méthode", que je connaissais (très utilisée par les Surréalistes, par exemple), mais que je reliais à l'écriture créative, pour ne pas dire poétique, et pas forcément à l'expression de soi.
Cela s'est avéré une bonne piste pour moi - merci, donc !
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 15.05.2018 13:42
Autre jour de cours, je pleure sur la route du retour 'en fait les élèves ils sont pas méchants', et le passé qui ressurgit, je pense à Papa 'Tu vas revenir vers moi je le sais. Et on va parler. Je le sais.'
-----------------------------

Je vais te dire ce qui se tient entre nous, je vais te le dire.
Tout. Je te cacherai plus rien.

J'ai cru qu'ils te tueraient, j'ai cru que tu mourrais de chagrin, je t'ai vu t'effondrer en pleurs devant moi à te dire alors je me suis tue.

J'ai rien dit.
J'ai tu. Tout.

Si je parle tu pleures, si je parle ah si je parle si je parle si je parle tu pleures, si je parle tu pleures je peux pas. Maman. Maman. Je peux pas non plus.

Je me tais. Ils savent. Je sais. Si je parle pas, ils parlent pas, personne ne sait. Je reste seule et au fond la vie change pas.
C'est arrivé. Je mets dans une boîte, je ferme et j'oublie la boîte. La vie elle a pas changé tu es toujours aussi casse-pieds. C'est arrivé hier mais j'ai rien dit. Tu m'embêtes tout le temps. Elle me saoule aussi toujours autant et puis la maison et le chat tout est là.
Y'a tout et y'a plus rien. Je suis plus moi mais rien n'a changé. Je suis là et je suis pas là c'est bizarre.

Il pleut dehors et je me dis que c'est comme dans mon coeur mais personne ne sait. Je souris. hihi je ris et personne ne sais et je tape derrière les vitres de mes yeux avec un grand sourire et personne ne sait que je suis comme Alice quand elle frappe à la porte.
Je suis Alice. Papa il voulait m'appeler Alice, je suis Alice.

Papa, je frappe à la porte derrière mes yeux j'ai un secret et tu sais quoi? Personne ne le sait; Je trouve cela merveilleux, tu sais? Parce que si je veux je le dis, si je veux je le dis pas. Personne ne sait. Que moi! Que moi! Et eux mais eux ils diront pas, eux ils disent rien eux ah eux eux ils sont le mal. Ils disent pas mais moi c'est pas pareil, moi je dis pas pour toi. Moi je dis pas pour que tes yeux ils soient secs. C'est pas pareil je suis pas eux eux ils veulent des yeux mouillés mais moi je tiens bon je dis rien je dis rien je tiens pour toi je tiens pour toi pour toi pour toi je peux pas te voir pleurer devant moi, tu sais? C'est trop dur.
Tu es fatigué, moi aussi mais ça ne se voit pas devant la vitre de mes yeux. Je souris. hihi Je souris tout le temps, je ris, je blague, j'arbore tu dis 'arbore' j'arbore un sourire joyeux j'aime bien cette phrase c'est recherché j'arbore un sourire joyeux oui et je regarde toi mais tu vois pas mes yeux ça vaut mieux c'est noir dedanstrèèèès noir si tu savais.
Eux ils savent mais ils diront pas moi je contrôle pour pas dire, on va laisser Alice tambouriner c'est tambouriner qu'on dit 'tambouriner' à la porte shh c'est un secret.

Et la vie continue. Il fait beau aujourd'hui. ça sent le printemps. J'ai grandi j'aime pas ma vie j'aime pas moi mais c'est pas grave je suis pas moi, je t'appartiens pas, tu sais? Je fais ce que je veux je me rebelle, je me laisse pas faire je voudrais te dire la vérité mais t'écoute pas je suis fatiguée, tu m'épuises tu veux que je sois sage et gentille mais t'écoutes rien tais toi toi aussi tu m'écoutes pas tu veux avancer comment si t'écoutes jamais je te hais je te hais parce que tu te tais pas tu écoutes pas tu écoutes pas laisse moi te dire je veux plus me retrouver en prison ça fait trop d'années, pitié, écoute moi, pitié. C'est bon j'ai compris c'est trop long je vais te dire, tout tout tout tout ce que je sais.

Le secret papa écoute écoute s'il te plaît papa s'il te plait, tu peux écouter?
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 15.05.2018 13:51
Bonjour Lulamae,

J'ai lu plusieurs de tes posts, j'en profite pour te remercier de les avoir publiés. J'ai été très sensible au fait que tu mentionnes ce qui t'aide parce que ça me permet aussi d'aller explorer des pistes que tu mentionnes ou de continuer sur cette voix. Merci donc pour la motivation supplémentaire que j'ai trouvée dans tes témoignages.

L'écriture automatique je la pratique depuis toujours par contre c'étaient des récits de fiction donc pas vraiment automatique, depuis 12 mois, je relargue des pans entiers de mots, d'idées, de choses que mon conscient filtre à peine (une erreur de grammaire parfois), l'idée pour moi c'est de laisser l'inconscient gonflé à bloc d'émotions se vider. Il en a besoin, je laisse, mes doigts tapent tout seul souvent. Aussi je prends le stylo, j'avais une pause de cours à 9h, pendant 30 minutes en salle des profs après mes copies j'ai écrit en automatique. L'idée pour moi c'est qu'à chaque 30 minutes ici et là de vider l'inconscient pour éviter de somatiser et accumuler.

Même au boulot, même au supermarché, sur la route, je prends dès que je le peux le stylo pour vider. Si je conduis et je sens soudain le besoin, j'enregistre sur le téléphone. Vider, vider, vider. C'est la méthode que j'utilise à fond; ne pas réaccumuler et en tout cas limiter ça au max et aussi faire remonter un maximum d'informations sur les viols que je note ensuite dans un carnet du viol pour mon enquête. Et faire ça autant de mois et d'années que ma mémoire est encore insuffisamment complète pour que je puisse dire que 'je sais de façon certaine et rassurante au sens de 'claire'' ce que j'ai vécu.
Je ne suis pas rassurée de savoir que j'ai vécu du trauma mais pas bien quoi. Je serai rassurée le jour où je dirai 'oui telle chose est arrivée' car partant de là je pourrai vraiment enfin faire ce qui est vital pour moi: le deuil pour revivre.
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 16.05.2018 21:23
Ma dissociation me fait penser à une dispute entre deux enfants l'un immature et l'un désemparé, moi. On peut dire que tout cet état couvait depuis près de 9 ans en moi. J'étais presque normale unifiée entre 21 et 27 ans.Un enfant intérieur qui me casse les pieds et moi qui doit gérer de faire tourner la maison le temps qu'il se décide à me donner les détails de mes abus. C'est étrange de pouvoir écrire tout ceci en public mais ça me fait du bien. Je n'ai rien à cacher. Tout ce que je veux c'est guérir, vivre, retrouver le nom du type qui m'a fait du mal et si cela est cliniquement possible reformer mon identité. J'ignore si les troubles identitaires peuvent se guérir. J'ose espérer aussi que chaque cas est unique donc que je pourrai essayer de le faire en tout cas et puis sinon au moins d'en atténuer les effets négatifs.

--------------------

Ces périodes de - je trouve même pas le mot - ce sentiment où toute la réalité est bien là autour de moi mais c'est comme si je ne pouvais plus la toucher. Je touche la table mais il y a un filtre transparent entre nous et tout le monde c'est ainsi. Je peine à décrire ça.

Je suis retombée en ce moment dans l'état où j'étais à 19 ans à la différence près qu'à 30 ans, je sais très bien ce que j'ai (même si pour autant les symptômes sont lourds quand même). Je me sens traverser la vie sans trop de problème, comme un passeur qui passe. Ai-je encore des affects? Hmm suis je triste? Oui. De quoi? Hmm de ce que j'ai subi. Pourquoi? Parce que c'est horrible. Ai-je conscience que je suis en 2018 et pas à l'époque? Oui. Et? ça ne change rien parce que je ne ressens plus la réalité. Suis-je consciente que je bosse dans 6 jours? Oui mais pour être franche et honnête c'est le cadet de mes soucis. C'est quoi ma priorité? L'injustice que j'ai vécue. Et de quelle nature? Un viol, on va pas tourner autour du pot. Par qui? Un adulte que je connaissais et aimais. Qui sont C et E alors que j'accusais de m'avoir violée? Des emmerdeurs qui me collent et me bisouillent et c'est répugnant. M'ont-ils violée? On peut dire ça. Précisément? Pas comme le premier violeur, non. Donc en somme j'ai été violée par un type et pas violée par C et E, c'est ça? J'ai été violée par un seul homme adulte à la peau mate et aux yeux noirs et c'est la raison pour laquelle je ne suis jamais tombée amoureuse que d'hommes comme ça parce que je reproduis avec eux ce que j'ai subi avec ce type que j'aimais et dont j'étais amoureuse et lorsqu'il m'a emmenée par la main, j'ai donc compris qu'il m'aimait aussi mais par contre je n'ai pas compris ce qu'il allait me faire bien entendu. C'est à dire? Me violer sexuellement alors que je n'étais qu'une petite fille en robe bleue à fleurs roses. Voilà. Simplement dit. Et j'ai culpabilisé? Bien entendu. Pourquoi? Parce que je l'aimais, pardi. Je l'aimais. Donc quand il m'a fait ça j'ai cru que je l'avais initié, vois-tu. J'ai l'impression d'être folle à voir le vocabulaire soutenu que tu utilises? Folle, non. Dissociée à fond, oui. Tu es en colère? Absolument. Pourquoi? De cet état de destruction intérieure. De cette fragmentation. J'émets l'hypothèse que cet état de fragmentation sera passager et qu'à long terme avec les années il ne se reproduira plus aussi fortement. Ai-je raison? Je le pense aussi oui. Que me faudra-t-il faire pour recoller les morceaux? Simplement continuer tes transferts comme tu le fais. Recontacter les personnes de ton passé et retrouver les identités des protagonistes. Qui était cet homme qui m'a violée? Quelqu'un que tu aimais. Son nom? Je ne peux pas te le dire. Pourquoi? Parce que je l'aime encore. Tu le protèges? Oui. Mais il nous a détruite. Oui. Et? Et c'est trop tôt pour t'aider. Il nous a dissociée, c'est un crime. Je sais. Et? Et, je dois encore le protéger un temps. Il travaillait aux cuisines du lycée? Tais toi tu dis des sottises. Je dis la vérité n'est ce pas? Tu me blesses d'insister autant. Je ne te veux pas de mal, je veux comprendre, je voudrais pouvoir vivre unifiée et ne plus me sentir normale pendant des années puis soudain me désintégrer. Comprends-tu? Je comprends. Et? Et ben je peux t'aider, je t'aiderai, je te le promets. Mais en attendant j'ai des cours à donner et je ne peux pas aller exercer dans 6 jours dans cet état de désintégration, comprends-tu? Je le comprends. Et? Je voudrais t'aider. Le peux-tu? Oui, je le veux. Tu as hésité sur 'je le veux'. Oui. J'aimerais je te prie pouvoir simplement enseigner à mes élèves sans activer tous les dissociés du coin et être pareillement séparée de toi. Est-ce possible? Je ne sais pas. Comment peux tu revenir vers moi, te réunifier, il y a 2 semaines nous n'étions pas dans cet état. Je n'avais qu'à peine conscience de toi la plupart du temps. Je sais. Et? Je n'y peux rien, je suis désespérée comme toi. Je ne suis pas folle mais je suis surtout fatiguée de cet état psychique bringuebalant et que ma raison justement me fait écrire ici sur le forum. Parce que je n'ai rien à cacher de cet état consécutif à une agression. Je suis fatiguée de tout cela et passablement ennuyée de cette absence de cohérence identitaire alors que ça fait 12 mois que je travaille à cerner mes besoins et mes envies de vie. Ce n'est pas perdu. Pourquoi? Parce que si tu contines à agir en ce sens, lorsque nous nous réunifirons tu auras une vie conforme à 'nous réunies' Et cette réunifiction aura lieu à la saint glinglin, je suppose? Bien assez tôt, je sais que nous avons jusqu'à 38 ans. Et on le fera dans la lumière, je te le promets mais j'ai encore besoin de temps avec lui, juste un peu. C'est absolument ridicule. Pardon? J'en veux à une part de ma psyché de se séparer. Bref mon seul espoir rationnel dans ce délire intérieur est de me dire que je me trouve vraiment mieux à 30 ans qu'à 20 ans donc j'espère qu'à 40 ans je dirai de même. Et pense que si nous n'assurons pas au travail tu pourras aller ton père pour de l'aide et ne compte pas sur moi pour rationaliser et lui demander de l'aide, ton immaturité restée avec ton violeur lui parlera toute seule. Lena (je dois changer ton prénom ça m'ennuie). Tu n'altères que (anonymat), sois raisonnable. Je te promets que je t'aiderai. Si ça c'est une 'discussion avec son enfant intérieur', ça ressemble à la frontière de la folie et au delà de ça surtout, ça ne résoud pas le: alors l'enfant intérieur et soi, ils se reconnectent possiblement un jour et précisément dans notre cas serons nous un jour réunies solidement en une seule personne dont l'identité ne se refracturera pas comme ça de façon presque entière tous les 10 ans sur environ 3 ans? Là je suis ironique mais tu m'as fait le coup à 16 ans. J'en ai eu jusqu'à 21 ans de misère pour me remettre en selle. On est parti pour 5 ans là de nouveau? Non, juste encore quelques mois s'il te plaît, tu prendras ton CLM. Un an de plus. Le rêve de ma vie, merci, je rêve de vivre en CLM pendant 2 ans. Merci à toi. Ne m'en veux pas. Je t'en veux. En fait je t'en veux mais je suis ridicule. Si on s'est rescindées et que je le comprends enfin avec des mots à peu près rationnels c'est qu'il s'est passé quelque chose dans mes classes. Que s'est-il passé? Tu as vu des personnes comme toi en agence avec des bourreaux. Tu as vu l'élève frapper un autre élève. Tu as revécu ce que tu as vécu avec Lui. En somme j'ai vu des personnes dissociées dans mes classes et plof j'ai disjoncté, c'est ça? Oui.
Ok. Bon l'avantage c'est que quand je me réveillerai comme tu dis dans quelques mois de tout ce souk, ben j'aurai encore progressé et plus de connaissance de ces affres de l'esprit humain. L'esprit humain est magnifique et juste épuisant aussi certain jour.

Je veux retrouver ce sale type tu as intérêt à me livrer son nom avant mes 38 ans, crois moi! Je le ferai. Je te le promets, je veux qu'il tombe aussi mais je veux lui dire au revoir seule avant. Je vois pas quel psy resterait sain d'esprit à lire tout ça. Mais arrête, y'a pas de honte. Que tu dis, moi j'ai honte. Et concrètement ça va se passer comment la semaine prochaine au travail? Tu verras mais ne t'inquiète pas bien mieux qu'il y a 10 ans. Il y a 10 ans je vivais dans le noir à regarder des films de personnes dissociées dans ma chambre pendant des mois déscolarisée. Donc bon tu me rassures, je dois m'attendre au pire à rester chez moi dans le noir tous les jours à regarder des films pour 12 mois. Arrête. Tu n'aimes pas l'ironie, tu n'aimes pas grand chose mais on aura une discussion quan dje serai moins fatiguée sur si cest vraiment vital pour toi de rester avec ce type dans ta partie psychique je vois pas comment appeler autrement ta partie. Oui c'est vital. Il le faut. Pourquoi? Je dois vider la culpabilité. Tu n'étais pas coupable. Thordis Elva ne voulait pas être violée par Tom Stranger. Il l'a forcée. Il faut arrêter un peu. Le type que tu protèges t'a violée, je dis pas ton prénom mais il t'a violée! Tu protèges un criminel!!! Et tu es vraiment à 3 mois près pour retrouver son nom? Si je suis honnête non, à 8 ans près. Et quand même à 1 an près parce que plus tu traines moins on a aussi de chance de passer du temps avec nos parents et faire le ménage avec Madame main aux fesses. Je sais. Je te donne 2 ans. Fin 2019 je veux le nom du type, je veux l'âge auquel tu as subi ça, je veux le lieu, je veux la date (période). Tu m'en demandes trop. Quoi? La date je sais pas. La période. Eté? Il faisait chaud. C'est arrivé plusieurs fois? Tu le sais. Non commme je te le demande. Tu sais qu'il t'embêtait. Et? Je te dirai en temps voulu. Avant fin 2019. Bien avant tu vas voir fais moi confiance. Je te fais confiance. A 21 ans, j'ai repris le cours de ma vie et je me suis donné les moyens de m'extraire du milieu familial. Etouffant. Merci tu le reconnais. Oui. Mais ton violeur tu le protèges. Et alors? Tu protèges un criminel et tu dénonces un milieu familial incestueux, dans l'ordre de gravité j'aurais plutôt fait l'inverse mais bon. Oui mais toi c'est toi, moi c'est moi. Pas tout à fait, très chère, on est UNE dans les faits. Je sais j'y aspire aussi à te retrouver. Bien, ce soir merci à tous les violeurs d'enfant pour les somptueux résultats de fracturation psychique occasionnés et que je découvre dans mon cas à 30 ans de façon consciente et absoluement soudaine là par une belle après-midi de mai. Super. Bon je vais aller manger un morceau, ça me fera oublier.
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Adhérent
Publié le 16.05.2018 21:47
Êtes vous aussi dans un état de dissociation identitaire où vous constatez en vous la présence d'une petite fille ou d'un petit garçon intérieur?

Le forum Face à l'inceste,
c'est :

7 305 membres enregistrés
123 049 messages
Personne en ligne
Entraidons nous dans la lutte contre l’inceste !