Expression libre (public)
Ecriture thérapeutique
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Phelenix
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Ici juste un thread où j'écris tout ce qu'il me passe par la tête sans censure, toute la confusion, les doutes, les certitudes, et dont il ne restera plus que la part de vérité et de clarté raisonnablement d'ici quelques années. A la libération. Décantation. D'ici là, patience, résilience et travail en confiance. Ecriture.

[Besoin d'écriture automatique au kilomètre - Aujourd'hui c'était mon premier jour de reprise du travail à mi-temps, j'ai besoin de pleurer je crois et je n'y arrive pas, c'est ce qui sort]
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Je n'avais pas le droit de pleurer.
Je n'avais jamais le droit de pleurer.
Jamais.

Je devais sourire et je devais dire que ce n'était pas grave.
Je devais rire et faire la belle et dire que tout allait bien.
Je devais jouer seule et prétendre que j'aimais ça.
Je devais râler mais pas trop parce que sinon je me prenais une frappe.
Je devais prétendre que j'étais heureuse même si j'étais malheureuse.
Je devais toujours faire semblant alors je suis devenue une maîtresse de l'illusion.

Je crois que dans ma vie personne ne prend les masques comme moi, les masques de l'éclat, du superbe et qui cachent un petit personne gris et malheureux et triste qui voudrait juste ne plus avoir à faire semblant, juste pouvoir être heureux, juste dire je vous aime aux autres et puis voilà c'est facile.
J'ai tellement de peine et de douleur enfouies et puis je ne veux pas les faire sortir parce que quand ça sort sous forme de lui, c'est la frappe. Parce que quand ça sort sous forme de pluie, c'est la nuit. Fini les gentils parents, c'est l'avalanche de haine et de reproches de gifles, de colère, de violence.

Je suis un enfant et puis je grandis et je garde les automatismes et puis j'ai 30 ans et puis je veux plus et puis je sais plus faire autrement. Il faisait comment l'enfant avant tout ça? Il a tellement peu vécu, il a tellement été embringué dans tout ça rapidement, il est tellement devenu cet oiseau de nuit paradeur et ridicule qui sourit et pleure dedans, fait le service, le serviable et l'ami, et puis qui en lui veut juste mourir. Il fait comment l'oiseau de paradis pour juste arrêter son cirque et être normal, juste raccord avec ses émotions et juste normal, juste bien, juste honnête avec soi-même pour commencer?

Un jour j'ai dit à mon père que j'allais mourir et que je ne reviendrais pas et il m'a dit que tant mieux bon débarras. Et j'ai pas compris en fait je crois qu'il savait pas non plus ce qu'il racontait mais ce jour là je crois que je suis morte en moi, tout ce cirque j'ai d'autant plus voulu l'arrêter et puis voilà 10 ans plus tard, j'y suis encore trop. ça s'arrête quand?
ça s'arrêtera mais c'est si long. Vider cet esprit fatigué et brouillé par les âneries des parents, quel travail sans fin, quelle patience il faut. Papa Maman vous avez été d'absolus bourreaux vous êtes des abominations pour moi et des tragédies sur pattes. Je vous plains parce que vous n'avez toujours pas compris l'étendue des dégâts chez vous. Et bonne nouvelle, comprendre l'étendue des dégâts ce n'est que l'étape numéro 1 d'une longue série d'étapes sans fin pour aller mieux Je vous dis à dans 30 ans mais je ne suis pas certaine de revenir voir vos états de décrépitude avancée. Je n'ai pas beaucoup de patience ni d'amour pour vous ce soir et j'en ai bien le droit après ce que vous m'avez fait, après ce que vous n'avez pas protégé en moi, mon innocence, ma gentillesse, ma souffrance qui en a découlé des jours et des jours à pleurer en moi. Comment c'est possible de verser des larmes en soi? C'est quand les larmes on ne vous autorise pas à les sortir alors vous les pleurez dans vous parce qu'il faut bien qu'elles sortent, dans vous et elles brûlent et noient l'intérieur mais il faut qu'elles sortent, c'est les larmes de l'innocence brisée. Des fous de parents, des malades mentaux de parents d'une violence inouïe d'une méchanceté absolue et dire que ces crétins ont été un jour mes parents. Ben ça promet, j'espère ne jamais être aussi pourrie que vous à votre âge. Je vous aimais, on avait tout, on aurait pu s'aimer avoir une famille et puis rester ensemble une vie et puis vous avez tout foutu en l'air et mes larmes je les pleure toujours pas assez, si elles sortaient je vous oublierais tous et je pardonnerais mais elles ne sortent pas. Elles restent trop, on fait comment pour pleurer?
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Phelenix
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Publié le 18.05.2018 22:57
Un flash. On est en 2006. Je suis en pleine composition de latin au baccalauréat.

Je me lève. Je donne ma feuille blanche à la dame du jury. Je lui dis que je suis dans l'incapacité de passer l'épreuve car je vais beaucoup trop mal. Je suis sur le point de me suicider. Je quitte l'épreuve en essayant de ne pas faire trop de bruit pour les autres élèves.

ça faisait un bon moment que le stylo en l'air sur ma feuille blanche, je me souvenais de combien ma prof de latin était super intéressante et que je me demandais le sens de la vie, la vie je la voulais ainsi super intéressante mais moi j'avais des choses à dire douloureuses bien plus importantes que le bac. Je ne pouvais pas passer cette épreuve, désolée, parce que ma vie était ailleurs, j'avais besoin de me suicider de contenir trop de douleur.

Une tristesse ce soir, à l'époque je ne comprenais pas la nature de cette douleur c'était juste une souffrance intérieure qui n'avait pas vraiment d'objet juste une douleur permanente en moi je l'appelais 'douleur existentielle', elle colorait toute la vie, ne donnait plus de sens à rien, les joies étaient comme des bulles séparées par les innombrables moments de douleur. La seule chose que je savais c'était que je souffrais absolument mais à l'époque rien de conscient, aucun mot ou situation de mon passé ne revenait en flashs. Je me souviens de comment je sentais la mort et l'agonie en moi.

Je retrace maintenant ce sentiment déjà à mes 14 ans en 4ème au collège. Je recule dans le passé. Je le retrace encore bien avant en CE2 sous le préaut, il y avait ce garçon qui me fait penser à mon deuxième ex il était exclus par tous les autres élèves et il me taquinait, je l'aimais bien en fait, je n'étais pas très gentille avec lui et il était un peu rustre mais je trouvais surtout que je n'aimais pas les autres qui le rejetaient. Alors je le taquinais et lui il me piquait verbalement. Mais j'avais de l'affection pour lui au fond, j'avais pitié et j'en voulais aux autres. Je jouais sous le préaut et lui il me rappelait l'agonie et la mort en moi, ce secret que je cachais. Une sensation ce soir: il voyait en moi la douleur que je cachais aux autres sous des sourires et des jeux enfantins de saut à l'élastique, lui il voyait la douleur en moi et moi je voyais la solitude et la douleur en lui derrière ses taquineries piquantes. Sous le préau comme figé, je le vois encore, je me souviens de son prénom, Sébastien et de son nom. On était en CE2, j'avais 8 ans.

Je recule dans le temps, je lis la méthode de lecture Ratus et Belo, je suis en CP, j'ai entre 6 et 7 ans. Ratus le rat vert est une 'sl*perie' il est méchant et pervers. Il est très laid (son sale visage). Il est voleur et menteur et méchant contre les gentils chats Marou, Belo et Mina qui sont si généreux et si bienveillants et beaux. Pourquoi Ratus est-il si mauvais alors que Belo lui donne déjà tout et pourrait l'aider? Pourquoi Ratus ne devient-il pas gentil pour les autres qui sont déjà gentils et ainsi tout le monde est gentil? Je hais cette méthode de lecture et je hais cette sal*perie de Ratus.
Et Victor est un imbécile qui ne se méfie pas assez de Ratus.
Est-ce que je ressens en moi l'agonie du viol?
Je suis inondée de colère. Année de CP, la haine et la colère, la rage la haine. Innomable. Assise en cour, je fais des lettres sur le cahier et j'apprends les mots, je m'ennuie, ça va trop lentement. Je hais le mot 'rez-de-chaussée' dans la méthode de lecture. J'en ai marre de lire comment Ratus est glorifié alors qu'il fait mal à tout le monde. Je trouve ce livre injuste, une torture. Je n'aime pas ma prof, je voudrais l'autre prof plus gentille.

Maternelle, je vais au coin, j'ai bavardé. Je suis détruite mais je m'en fiche parce que j'ai un secret que personne ne connait, je me sens puissante de savoir que j'ai subi quelque chose parce que je me dis que les adultes c'est des mauviettes à côté de moi. Je suis plus forte qu'eux après ça. Plus forte que tous les adultes qui ne me font pas peur. Je m'en fous de l'autorité. Je veux pas embêter mon monde, je veux pas les fatiguer alors je fais ce qu'ils disent mais c'est surtout pour pas les contrarier car leurs difficultés à côté de ma force, c'est rien. Je suis déjà adulte dans ma tête.

Année avec Mme J. (je voudrais qu'elle m'adopte). Je sens que l'inévitable va se produire, j'ai besoin de son aide mais je ne sais pas comment lui dire, un pressentiment, quelque chose de pas clair. J'ai besoin de son aide. Je suis soucieuse, je me sens coincée par l'adulte, je voudrais lui demander de l'aide avant qu'il ne soit trop tard. J'ai peur et je ne sais pas pourquoi mais j'ai peur. C'est avant l'inévitable.

Quelle année de maternelle ai-je eu Madame J.? Toutes les photos de maternelle sont chez mes parents. Etape par étape, un autre bon début de travail de remémoration de posé à plat.
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Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 20.05.2018 15:04
J'ai redissocié ce matin vers 11 heures. Vers 13h30, j'ai écrit au stylo en automatique. Je suis à la maison, en sécurité, au calme, protégée pour le repos, je vais pouvoir encaisser l'épuisement habituel post-morphine/ketamine (ma façon de rationaliser qu'aussi difficile que tout ça puisse encore être, ça reste 'normal' et 'logique') dans quelques heures. Je reste encore à peu près bien là (je plane je pense, mes doigts sont lents et mes pupilles un peu dilatées). La raison m'empêche de perdre pied. C'est mon phare dans la nuit là tout de suite.

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Quand je perds pied redéferle l'idée que je sais des choses que je veux dire mais que je ne veux pas dire, que j'ai absolument besoin d'aide mais que si je parle mon père est en danger.

Que je voudrais parler mais que si je le fais, il pourrait mourir. Alors je ne dis rien.

Je prétends que je vais bien mais je vais atrocement mal. Alors je quitte tout, je sabote tout et on me demande pourquoi et je ne peux pas dire (main sur la bouche) donc je raconte que c'est parce que je suis fatiguée ou plus intéressée.

En vérité, ce que je quitte, mon emploi, mes études, une relation, je les quitte la mort dans l'âme, le désespoir dans l'âme, par défaut. Parce qu'un secret me ronge que je ne peux pas dire, que je n'ai plus la force de simuler le bien-être et la performance alors je simule la fatigue et le désintérêt pour alors justifier en vérité mes larmes d'amour, mon désespoir en vérité d'abandonner ce(ux) que j'aime VRAIMENT.

Je m'effondre ainsi sur ma douleur pendant des mois ou des années. Face au mur et au secret, une remarque me vient: le sens de garder ce squelette dans le placard?
En effet, je gâche et perds tout ce(ux) que j'aime à chaque fois, c'est pareil, l'amour puis l'impossibilité de connecter à cause du secret, le désespoir et la fuite pour de bonnes raisons en les cachant. Et puis le néant.

Papa n'est plus en danger. Il a 63 ans. Il ne risque plus rien. Il sera triste de savoir ce qu'il s'est passé, oui. Il sera malheureux comme la pierre car il m'aime mais il survivra.
Sera-t-il plus malheureux de connaître mon secret? Ou de ne jamais me revoir jusqu'à sa mort à cause de ce secret?
Comme en médecine, le ratio bénéfice risque.

Pourquoi ce besoin de le dire à Papa?
Parce que je me suis sacrifiée pour qu'il puisse vivre.
Je comprends ta douleur, [Lena]. As-tu réalisé qu'on t'a menti? Que dans les faits, Papa n'a jamais vraiment été en danger de mort. Que ton sacrifice a été orchestré non pas pour protéger Papa mais le violeur? Dur de l'entendre mais tu as raison.
Je me suis sacrifiée pour rien. Oui. Comment te sens-tu?
Mal et bien. Les deux en même temps.
Fatiguée aussi. De tout ça. Je voudrais que ça finisse.
Comment?
Bien.
Comme les malheurs de Sophie.
Sauf qu'à la fin le père revient.
Je voudrais juste me marier et que mon père revienne. Et puis l'envoyer en prison. Cette dernière phrase elle est pour 'lui'? Oui.
Il doit aller en prison, ce qu'il a fait est mal, il a fait du mal à d'autres enfants, il me l'a dit.
Qui? La fille. Qui? La fille de Nathalie. Je sais qu'il lui a fait ça aussi. Tu le sais ou il te l'a dit?
Je le sais.
Donc il ne te l'a pas dit?
Non.
Mais tu le soupçonnes? Oui.
Pourquoi? Parce qu'elle me ressemble.
Et? Il rôde comme le loup.
Est-ce qu'il t'a dit qu'il a fait du mal à d'autres enfants?
Non. Il a dit que son père lui a fait du mal.
Et?
Je le crois.
Et?
Mais ça ne lui donne pas le droit de me faire du mal!
Non!
En effet. Il n'a pas le droit de te toucher. Il est adulte, il ne doit pas toucher un enfant. Et jamais entre les cuisses!
Il n'est pas adulte!
Pourquoi?
C'est un enfant aussi.
D'accord, explique-moi. Il est méchant, comme un enfant.
Il a des petits yeux mauvais alors j'ai cru qu'il faisait comme les enfants, il était méchant mais c'est pas trop grave alors je lui ai fait confiance.
Et?
J'aurais pas dû parce qu'il est pas comme les enfants.
Il est comment?
Grand et gros.

Trop gros pour moi. J'ai pas la force et [Lena] j'ai mal j'ai tellement mal. Pitié sors-moi de là. Prends ma main, viens. Tire moi. Je te tiens la main. Je t'aime. Je sais. Il a fait ça parce que j'étais petite et trop faible.
Pour te défendre, oui.
Il est horrible.
Oui, ce qu'il t'a fait est horrible. Son comportement est horrible.
Je l'aimais. Je sais. Je voulais qu'il soit heureux et bien. Je veux toujours que les gens ils soient heureux et bien, tu sais? Je leur veux pas de mal, je peux pas être heureuse si les gens à côté ils sont malheureux. Je souffre.
Je sais.
Tu m'aimes, toi?
Oui.
Vraiment?
Oui. ça fait longtemps que je t'attends.
Tu me manques. J'ai besoin de toi. Il faut que tu m'aides.
Oui, comment?
Dis-le à Papa. Dis à Papa pour le viol.

Je lui ai écrit.
Oui mais tu lui as pas dit. Prends une feuille et écris:

"Papa, je voulais pas que ça arrive, je savais pas. J'ai pas compris. Il m'a dit des choses gentilles alors je l'ai suivi ensuite il a essayé de me forcer mais j'ai dit non, j'ai pas compris pourquoi il était méchant je faisais toujours ce qu'il voulait je l'aimais beaucoup.
Ensuite il m'a dit que si j'étais pas gentille on ferait autrement alors j'ai obéi parce que je voulais pas d'ennui. J'ai pas compris qu'il me faisait du mal parce que mon corps répondait plus, c'est après que j'ai eu tellement mal que j'ai voulu mourir dans ma tête, c'était trop. J'ai essayé de te dire, de t'expliquer mais il a dit 'si tu parles, je m'occupe de ton père aussi et ce sera pas agréable.'

J'ai dit pitié s'il te plaît ne fais pas de mal à Papa et il m'a emmenée à la maison, celle au fond de la cour. Là il a dit qu'on allait se nettoyer un peu et j'ai fait et j'ai demandé pourquoi il fait ça, il m'a dit que c'est pas bien mais son père lui faisait ça c'est comme ça qu'on traite les enfants.
J'ai dit non que toi tu fais pas ça. Il a dit qu'il s'en fout que lui son père a fait ça donc lui il fait ça aux enfants. Il a été méchant de nouveau et j'ai dit arrête et il m'a tapée et j'ai pensé à toi que toi tu fais pas ces choses là que le seul papa au monde qui est bien c'est toi alors j'ai dit ok et je l'ai suivi j'ai pensé très fort à toi que toi tu es différent tu fais pas ça tu [illisible].

A un moment tu m'as approchée et tu es grand alors j'ai eu peur j'ai cru que c'était lui et que tu allais me faire du mal, ça a été vite et j'ai vu que ben non c'est toi mais je t'ai repoussé avec colère alors tu es parti du bureau, c'était ma chambre.
Je t'ai dit reviens je sais que tu n'est pas méchant mais tu es parti. J'ai voulu mourir je sais pas si je devais être heureuse ou malheureuse de voir que tu ne fais pas ces choses-là ou d'avoir raté la chance de te dire ce qu'il m'a fait pour que tu m'aides. Je me suis murée.

J'ai regardé mes yeux dans la glace et j'ai répété tu dois oublier ça n'est jamais arrivé et la douleur a cessé.
J'ai eu faim je suis allée manger avec toi et Maman et Claire dans sa chaise. Je vous aimais. J'ai rien dit je pouvais pas.
J'aimais Claire je me suis dit que je la protégerais contre les grands, les mauvais grands.
Ceux qui font du mal pour de vrai et parce qu'ils aiment ça.
Lui il aimait bien faire du mal parce que quand je lui ai dit "s'il te plaît ça me fait me fait beaucoup de mal' il m'a dit qu'il s'en foutait et que c'est comme ça pour les enfants. Alors j'ai répété s'il te plaît, tu es grand, tu es gentil normalement, s'il te plaît ne me fais pas de mal et il s'est mis très en colère et il m'a frappée et je ne peux pas te dire la suite. Je voudrais mais je peux pas, ça je préfère oublier. Je veux pas dire son nom parce que j'ai oublié pour rester avec toi, Maman et Claire dans sa chaise.

Est-ce que tu veux que je te dise son nom?
Aujourd'hui, j'ai 30 ans, ça fait longtemps que je vis avec ça, je suis malheureuse et perdue. Une partie de moi fonctionne bien et donne le change mais une autre est tellement en morceaux qu'elle sabote tout ce que l'autre dit.
On m'a dit de t'écrire une lettre et de laisser parler mon coeur c'est ce qui est sorti. Papa, veux-tu savoir son nom? Son vrai nom? Je veux plus le protéger il est mal.
Veux tu savoir son nom?
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 21.05.2018 23:42
Je relis mon travail d'écriture automatique, je me dis qu'avec un peu de chance à la prochaine crise de dissociation, son nom je vais l'avoir.
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 23.05.2018 18:14
Cela fait 7 jours que j'ai dissocié. Mon grand bonheur paradoxal: c'est par cette épisode de dissociation qu'enfin j'ai pu observer et comprendre que je dissocie bien et que cet état de fracturation psychique m'a été causé enfant par un viol par un adulte. Que probablement j'avais déjà une psyché éprouvée par une naissance difficile.

ça fait 7 jours que je parle avec ma petite fille intérieure et je l'aime. Et je suis heureuse de pouvoir l'écrire ici parce que longtemps je la détestais, même inconsciente de son existence en moi, je la détestais, me méfiais d'elle, voulais me débarrasser d'elle, elle le sait on a parlé de cela. Et depuis que j'ai compris qu'elle + moi c'est 'une seule personne dans ce corps', que ma petite fille est en grande souffrance, pauvre gosse violée, et que moi ben j'ai de la compassion pour elle et envie de vivre et donc me réassocier avec elle, je suis juste heureuse de lui parler lorsqu'on dissocie accidentellement.

Aujourd'hui c'est elle qui m'a écrit en écriture automatique stylo à la main.

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Chérie, apaise-toi et prends un stylo.
Tu as rencontré, P.
C'est bien.
C'est très bien.
Tu as évoqué des choses pour toi.
Mon amour.
Tu as travaillé la dissociation.
Pense: que veux tu? Te réassocier.

Oui.

Parler du viol.

Oui.

Mon problème est que je dissocie.
Un simple confetti de papier. Mon coeur s'emballe. Mon corps fuit. Mon cerveau disjoncte.
Alors je rentre en contacta avec toi mon amour.

Oui chérie.

Je dois alors rester au repos le temps que tu es là, à se parler.
Nous parler recolle des morceaux. Tu me transmets des infos sur le viol et je te transmets des infos sur la vie de tous les jours. L'angoisse et la souffrance viennent inévitablement.
Mon amour, nous nous parlons là dans notre esprit commun mais nous savons toutes deux que cet état est anormal.
Impossible pour nous d'aller travailler. De faire quelque chose de compliqué. De parler trop à un autre.
C'est état nous empêche de connecter.
Nous sommes là vivantes à nous parler et un désespoir nous envahit qu'on refuse, auquel on refuse de penser car cela fait seulement quelques mois qu'on sait toi et moi qu'on est dissociées et régulièrement dans cet état mais: est-ce possible un jour toi et moi d'être vraiment significativement réassociées tout au long de l'année? Dans chaque interaction avec ce monde ou l'Autre?
Ou devons-nous ainsi à la la moindre bricole ridicule que notre cerveau capte ainsi subir une dissociation psychique et nous retrouver comme deux morceaux décollés ne tenant plus que par la base et cela pendant des jours ou des semaines? Ainsi incapacitées mentalement et donc physiquement. Incapables de donner le change en public longtemps car ça épuise. Mon amour est-ce que tu crois qu'on va réussir à se réparer fort?
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 24.05.2018 21:39
Ecriture automatique - 24 mai 2018. Cela fait quelques jours que je réalise et éprouve désormais bien ma dissociation identitaire. Que je l'accepte encore mieux, voilà, c'est un état de fait. De même si ma jambe était cassée, fermer les yeux pour ne pas voir la fracture ne l'empêcherait pas de l'être. L'autruche et moi on n'est plus copines depuis un an et demi.

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Tu te rappelles, [Lena], ce que tu as dit en février 2017?
Oui.
Que si le suicide ce serait le dernier des derniers recours que tout ton argent, ton temps, tes ressources tu les mettais à partir de ce jour-là pour découvrir de quoi tu souffrais depuis plus de 10 ans. Que tu ne rechignerais devant rien pour le découvrir. Maladie. Folie ou que sais-je, tu as dit, tu t'en fichais, juste mettre un nom et ensuite espérer pouvoir recevoir un traitement ou une aide adéquate.
Je m'en souviens comme si c'était hier.

Alors il faut tenir, il faut croire. Tu sais ce que tu as.

Je sais. Mais c'est dur.

Tu doutes, moi aussi c'est dur. Tu crois quoi? Je sais que tu es là avec moi depuis longtemps mais pour autant toutes ces années à essayer de te contacter je n'ai pas réfléchi aux solutions pour te retrouver toute concentrée que j'étais à essayer de juste capter ton attention.

[Lena], je suis fatiguée.

Je sais, [Lena]. Moi aussi mais je t'aime, on ne peut pas baisser les bras.

On ne se suicidera pas, non. Je me vois mal même penser à faire du mal à ce corps que j'ai désormais trop appris à aimer, apprécier, je le trouve trop beau pour le tuer.

Alors que crains tu?

Rien. Je suis juste malheureuse ce soir.

Pourquoi, dis-moi, ma chérie. Parle-moi.

Je suis malheureuse parce qu'on est dissociée.
Je sais. Je suis la petite, tu es la grande mais vois le bon côté des choses désormais tu connais mon existence et tu n'as aucun problème pour l'évoquer au médecin, aux psys, en parler sur le forum et tu le feras avec ta tante, ah oui?
Oui, je le dirai à ma tante, on en parlera à P. aussi, il est gentil, à l'écoute. As-tu vu qu'il nous envoie des ressources pour l'esprit?
Oui dans ta boîte email, c'est beau tout ce soutien, toutes ces petites personnes qui s'entraident. Il tient sa ressource lui-même de quelqu'un d'autre, sa psy, qui la tient d'un autre. Bref tu vois il y a de l'espoir.

Et puis pense: si personne ne s'est jamais réassocié (et ça va t'en le vérifier sur plusieurs siècles de personnes qui ont subi des traumatismes et s'en sont sorties), toi tu peux tenter de le faire.

Je sais, mon amour. Je sais. C'est pas au fond tant la dissociation qui me fait pleurer ce soir. C'est quoi? C'est les hommes que j'ai aimés. Ils sont tous malades comme nous.
On n'est pas malades, on est victimes, fracturées, cassées par les actes d'un horrible type sur le coup. On n'est pas malades.
Je sais, chérie, tu as raison de remettre les choses à leur place.
Et ça me coûte de nuancer, tu sais? De séparer comportement et 'être quelque chose', je serais tentée de dire que tu sais qui EST un salaud. Mais tu AS raison, ça n'a aucun SENS concret. Alors je parle comme toi ce n'est pas LUI le problème, c'est SON comportement de viol quand on était petite. Et c'est vrai que c'est ça le problème pour nous et sa conséquence notre dissociation.
Tu es malheureuse pour nos amoureux?

Oui. Surtout A., tu le sais, j'ai mal au coeur.
Je sais. Il t'aime, tu sais?
Il est si joli. Si fragile parfois. Ce qu'il a subi enfant, j'ai trop de peine. Indépendamment de ses insultes et ses comportements sexuels humiliants.
Ce soir tu te concentres sur ses qualités, c'est normal. Si tu as fait l'amour avec lui la première fois c'est bien parce qu'il y a de belles choses en lui sinon tu l'aurais fui.

Oui.

Ben tu as raison d'être triste et de te laisser aller à ton chagrin. ça ne blesse personne, je comprends, je l'aimais bien aussi. Son petit enfant intérieur joyeux qui riait si facilement. Je n'aimais pas le type vulgaire et agressif sexuel. Tu te rappelles la dernière fois où on a fait l'amour avec lui, c'était juste des baisers, c'était d'une absolue douceur, tu te rappelles le message qu'il t'a écrit après?
Oui. Oh oui, mon coeur s'est serré d'amour et de regrets de penser que si on était restés calmes tous ces mois, on n'aurait eu QUE du bonheur. J'aurais voulu qu'il ne m'insulte pas, qu'il ne me prenne pas comme ça parfois.
Alors dis lui. Dis lui parce qu'il t'aime, [Lena].
Ohlala tu sais il va pas changer en deux jours.

Non, ne lui dis pas pour qu'il revienne vers toi, dis lui parce que tu l'aimes. Dis lui encore ta souffrance. Il t'a dit qu'il t'aimait dans le dernier message. Rien de sexuel, tu te rappelles, vous n'avez fait l'amour qu'avec vos lèvres, tu te rappelles? Il s'est donné à moi, je n'ai pas compris pourquoi il était si doux. Il s'est donné, je l'ai senti enfin s'abandonner sous mes caresses, je pense qu'il est tombé amoureux de toi. Je pense que moi aussi mais je peux pas le revoir sans sa reconnaissance, sans sa rédemption, sans son amour pour me panser les humiliations qu'il m'a infligées.

Lui il est différent.

Comment 'différent'?

Il est 'moins' mauvais. Tu peux pas comparer le niveau de douleur que lui t'a infligé à même celui de P. et le violeur on n'en parle pas. Tu as raison. Il y a une différence de douleur entre recevoir un coup qui fracture un bras et juste une tapette sur la main qui cause un bleu. Mais pour autant A. m'a fait mal, je l'aime mais il m'a blessée et il ne m'a pas reconnue dans ma douleur.

Il va le faire. Ecris lui. Ecris lui comme tu as écrit à K. Et encore avant à P.

Je le ferai pour son anniversaire dans deux jours. Alors tu l'aimes? Oui. Vraiment. Oui. Eperdument? Pas au point de me perdre. Non, mais tu le veux vraiment? Oui. Et c'est sa réaction qui conditionnera de toute façon le fait que je le 'prenne' et le degré de cette acceptation de lui de nouveau.

Oui c'est ça, conditionne ta réacceptation de lui dans ta vie et de ses lèvres sur tes lèvres en fonction du degré et de l'intensité de reconnaissance qu'il t'apporte. Comme P. P. a reconnu plein de choses, il a été super mais il a pas tout reconnu alors tu lui as pas rouvert tous tes secrets et pas tout de suite. En effet.

C'est bien, Lena. Te laisse pas faire mais ne te condamne pas non plus à ne recevoir aucune reconnaissance par la personne qui te fait du mal surtout si elle pouvait vouloir t'en donner là au moment où on se parle. Reste mesurée, ma chérie, je sais que c'est pas facile, je sais que c'est dur, tu as beaucoup souffert, moi aussi. Mais ne te condamne jamais à refuser de l'amour d'où qu'il vienne, promets moi? Je te promets, petite Lena. Je te promets, je ferai ce qu'il faut. Je t'aime profondément. Moi aussi, c'est bien.
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 24.05.2018 22:17
24 mai 2018. Suite.

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Et puis pense que c'est que le début de ta compréhension du problème. ça fait quoi 10 jours qu'on a enfin compris pour nous deux? 10 jours qu'on a aussi compris que les somatisations en fait c'est quand toi et moi nos deux morceaux se séparent trop comme trop forcer l'ouverture d'une branche d'arbre et la sève qui saigne à la base de la branche.

Je pense vraiment je te jure que le fait qu'on a moins de somatisation, qu'on dort mieux, qu'on a plus d'amour pour les autres (même les chats tu as vu comment ils sont heureux avec nous depuis 3 jours? Ils se coulent dans nos mains, j'ai jamais vu ça.) Ben ça montre qu'on se réassocie. Moi pour moi c'est ça la preuve qu'on se réassocie c'est quand on somatise moins et on a plus d'amour pour les autres parce que ben tu sais toi et moi on s'aime donc ben quand on s'aime soi, on aime les autres au même degré. Tu sais l'histoire des degrés aussi.

Alors garde espoir ma petite chérie, je t'aime, c'est bien, tu travailles bien et moi je reste là avec toi, je te suis là pour te remonter quand tu es fatiguée, je suis là pour toi. Pense à toi. Voilà, je suis là si tu as besoin d'un back-up haha ^^ Je suis tellement fière d'être ton back-up même si petite.

Tu n'es plus si petite. Avec la connaissance d'adulte que je t'ai transmise, tu es comme une fillette de 7 ans mise à jour par un vécu de personne de 30 ans. Presque entièrement mise à jour, oui et toi je t'ai mise à jour pas mal de tes 7 premières années de vie, ah oui? Oui. Alors ben vois notre réassociation comme une mise à jour réciproque de deux morceaux et quand on sera toi et moi aussi à jour sur la vie d'une trentenaire que les 7 premières années de notre vie, je pense que LA ce sera vraiment ce qu'on pourra appeler une réassociation complète. Déjà je me dis une réassociation presque complète ce serait pas mal, hmm?

On continue le travail? On continue le travail!

Je retrouverai le nom de cet enf**ré. Je te le promets. J'y compte bien et je te laisse l'insulter. ça m'apaise, je ne pense pas je te l'ai dit qu'il n'était que mauvais mais lui c'est pas A. A il a ton âge, A. tu l'aimes, A. c'est un homme doux. L'autre il nous a fait très mal. Tu peux pas comparer A. et le type qui nous a violées. A. on le voulait, le désirait, on aimait son esprit. Pas le salaud qui nous a fait du mal. Si tu pardonnes A. tu peux pas te dire que automatiquement ça te fera pardonner le violeur. Le violeur c'est grave ce qu'il a fait.

A. il t'a dit des gros mots c'est horrible, et puis quand tu lui as dit il a rien reconnu mais tu as vu quoi? Que jamais plus il a réutilisé ces mots de m*rde. A. son problème c'est qu'il fait mal, on lui dit, il arrête mais il dit pas pardon. Il dit pas désolé. Il fuit. Il est con. Il fait mal, tu lui dis, il arrête de te blesser et au lieu de dire pardon chérie et de rester avec toi il va s'autoflageller dans sa chambre. A. il se ruine le bonheur tu sais son fameux 'je sais je gâche toujours tout' A. il est con. Le violeur il est tueur et criminel c'est pas la même chose, Lena. Ne compare pas. S'il te plaît, si tu t'autorises l'amour avec A. ça veut pas dire pour autant que ça te force à pardonner notre violeur. Tu comprends? Il te faut arrêter de refuser l'amour de A. au prétexte de ça aussi!

Je sais Lena. Je sais. A. n'est pas le violeur. Tu comprends? A. ne t'a pas violée! Grand dieu non! ça me tue d'imaginer que ça puisse jamais lui être reproché. IL t'aimait.Oui vrai. Il voulait t'aider parce qu'il savait que tu as été violée. Vrai. Il te l'a dit, tu te souviens. Oui. Il a pleuré au téléphone mais il a prétendu qu'il pleurait pas tu te souviens quand tu lui as parlé avec ton coeur? Oui. Il a été si doux. Oui. C'est vrai. C'est pas le s*laud qui t'aurait pris la tempe avec cette main douce! Non. Lui c'était l'horreur. Tu te souviens. Oui. Alors ne compare pas A. et le salaud. Ne compare pas le noir et le gris clair. Indépendamment de ce que tu voudras avec A. comme relation dans le futur, grand dieu, je t'en prie, ne repense jamais que A. a quelque chose à voir réellement avec le s*laud. C'est comme dire que 1'eau du robinet est aussi toxique que l'eau croupie de la flaque dans la rue, c'est juste pas comparable, faut pas exagérer. Sans dire que l'eau du robinet c'est parfait, tu peux juste pas comparer à la flaque. La flaque tu bois, tu peux mourir, l'eau du robinet il t'en faudra un litre pendant des décennies pour développer peut-être une maladie et c'est même pas sure.

Reste dans la nuance Lena. Reste dans la nuance pour cesser de t'interdire aussi le bonheur, je t'aime alors je te mets en garde avec tout mon amour ce soir. Comme une Maman, autorise toi aussi au bonheur et en réclamant de A. le ménage sur ses erreurs à lui. Autorise toi au bonheur, Lena.

Je t'aime, je te promets que je vais essayer. Oui. Je crois en toi, je t'aime aussi.
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 25.05.2018 15:55
25 mai 2018 - Ma petite fille intérieure prend la plume.

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Le clavier tu veux dire.
^^
C'est bizarre de parler enfin. Avec une vraie voix dans ta tête hihi ^^

Je ne sais même pas par où commencer. C'est un état de dissociation. C'est tellement bizarre.
Tu te rappelles quand on lisait les articles et voilà on disait qu'on était dissociées, on le savait mais pas avec autant de détails et de précisions et ma voix tu l'entendais pas encore. C'est rigolo de repenser que tu écrivais que tu étais dissociée mais sans pour autant m'entendre qui te disait 'oui c'est ça continue, continue tu es sur la piste'

En fait tu savais avec ton mental que tu étais dissociée, tu calculais à fond, tu millimétrais, observais et moi parfois j'étais juste épuisée dans mon aquarium à te regarder te perdre dans des détails. Je peux te le dire maintenant.

Je suis un peu vexée mais je sais que tu as raison sur ce point. Et puis la fin heureuse c'est que je te lis et t'entends et te ressens tellement bien désormais que bon tous les errements par moment dans les 12 derniers mois ben je les résume en 'ils n'ont pas empêché la réalisation la plus importante: que tu existes en parallèle de moi dans cet esprit et ce corps chacun unique.'

Oui l'essentiel, va falloir aussi qu'on trouve un système pour le nous. C'est tellement ampoulé, pas facile, on veut se réassocier mais en même temps ça fait des jours et des heures qu'on n'arrête pas de s'appeller différemment l'une et l'autre donc de garder assez nette cette séparation. Je pense que déjà si on utilisait des pronoms qui englobent toi+moi ça aiderait aussi à la réassociation. Et je maintiens que je la crois possible. Je l'affirme, le maintiens dans notre cas et la vie ne vaudra d'être vécue que d'essayer ça.

Je sais, j'ai peur, peur de quoi? Peur que ça marche pas, qu'on reste ben encore 50 ans comme ça à se parler et puis bah tu sais avec son lot d'épuisement, de montée de stress cardiaque, de vomissements spontanés nerveux, le besoin de dire aux médecins qu'on est dissociées comme si ça nous résumait, tu sais?

Bah écoute, pense. Parfois des gens ont une myopie, ok? Oui. Et puis elle diminue voire cas exceptionnel disparait. Alors pourquoi pas toi et moi?
Oui mais pense. Parfois des personnes ont un diabète et il ne disparait jamais.
Faux. Là en l'occurrence leur corps ne guérit pas, vrai. MAIS elles vont faire quoi? Changer leurs habitudes de vie. Et leur taux de sucre se stabilise et elles vivent parfois très bien.
Vrai.

Donc en gros, j'ai pensé que si on n'est pas dans le cas numéro un à pouvoir se réassocier, même en restant dissociées, on pourrait trouver une parade tu sais pour se parler mentalement tout en étant en conversation avec une autre personne et que ça passe inaperçu. Tu sais avec le temps apprendre à faire ça vraiment discrètement. Ne plus avoir besoin de rester enfermée seule à la maison pour se parler. Pouvoir donc avoir un minimum une activité professionnelle, un minimum faire des courses, voir du monde. Et tu penses à faire l'amour aussi ah oui? Ah tu es terrible. Oui aussi.

Je te comprends. Je sais ce que tu veux me dire. On pourrait essayer tu sais on parle avec l'autre, on fait une pause de 3 secondes dans la conversation, je te mets un baiser sur la joue pour te rassurer et pof tu reprends la conversation. Des trucs comme ça. Ce qui fait que tu parles avec l'Autre et on garde un contact furtif mais conscient pendant 3 secondes et l'autre lol il sait pas qu'on est double ou alors si la personne sait pour notre dissociation car tu lui as dit, ça gêne pas pour autant votre conversation. ça te plait?

C'est une idée géniale! ^^
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 25.05.2018 17:46
Le drame de Papa c'est qu'il n'a aucune patience.

Il hurle et il hurle et il hurle il hurle il hurle il hurle et il hurle et il hurle et il hurle encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore et encore il hurle et il hurle et il hurle et il hurle.

Il ne regarde pas mes yeux il bouge vite dans la pièce papa regarde mes yeux il hurle et il hurle et il hurle.
Il parle de ses problèmes de grand de son boulot de m*rde et il hurle et il hurle et il hurle et il hurle et il hurle et il hurle et il hurle et si on pouvait mourir de devoir ravaler ses mots je serais morte ce jour là.

Il hurle et il hurle et il hurle et il hurle et il n'écoute pas il tue et il tue et il tue et il tue parce qu'il dit qu'il sait déjà ce que je vais dire mais sait-il donc que sa fillette vient d'être violée? J'en doute. Il assène et il assène et il assène et il assène qu'il sait ce que je vais dire mais il ne sait pas il ne sait pas il ne sait pas il ne sait pas. Si on pouvait mourir de ne pouvoir dire les mots qui sauvent je serais morte dix fois vingt fois cinquante fois ce jour là et les années qui ont suivi. Il dit qu'il sait il affirme qu'il sait il assène qu'il sait mais il ne sait rien. Il n'a rien compris occupé par ses préoccupations de grand il a devant lui là tout petit son enfant violé et il dit qu'il sait que c'est rien ce que j'ai mais il sait pas. La vérité c'est qu'il sait pas il ne sait pas et il ne saura pas avant un jour d'août 2017, j'ai 30 ans presque et je lui dis tout.

Papa c'est aussi un s*laud dans son genre. Un s*laud de la non-écoute, un s*laud qui dit qu'il sait même pour les autres qu'il sait tout mieux que toi alors tais toi et fais ce qu'il te dit. D'ailleurs je crois que son expression préférée c'est 'tais toi et fais ce que je te dis.'

Et vous savez quoi? Vicieusement je peux le dire et l'écrire je suis heureuse que son monde s'effondre. Je ris à gorge déployée de l'imaginer trônant dans son fauteuil dans sa véranda en tek trucmachin exorbitant, sa belle carrière au feu, ses rides et apprenant que tout ce qu'il a voulu m'éviter: d'être violée, abusée, tuée, meurtrie, humiliée, salie, souillée, c'est BIEN ARRIVE et pire c'est arrivé sous ses yeux il y a plus de 20 ans hahhaa Je ris de désespoir. Voilà je l'écris. Sous ses yeux d'homme qui sait tout et qui fait tout pour moi j'ai été souillée, salie, humiliée, battue, frappée et violée par un type. Sous ses yeux de père hhahaa lui qui aime les obligations les responsabilités les hiérarchies les procédures la discipline, sous ses yeux de père responsable qui m'avait en charge légale et morale et humaine et affective et matérielle j'ai été violée salie souillée humiliée détruite piétinée insultée volée violée battue frappée au visage par un type qui avait son âge hahahaha Papa, tu es bien assis dans ton fauteuil neuf dans ta véranda neuve toujours certain que tout va bien dans ta vie et que tu vois vraiment pas ce que c'est mon problème dans la vie?
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 25.05.2018 18:09
Un jour il me dira peut-être un peu comme ma tante: si tu m'avais dit tu sais très bien que j'aurais fait quelque chose.

Et je devrai contenir ma haine de lui. Parce que te dire hahaa???? Mais je n'ai fait QUE CELA DE TE DIRE!!! CA FAIT 25 ANNEES QUE JE TE DIS. 25 LONGUES ANNEES COMPOSEES DE 365 JOURS, DE DIZAINES DE TENTATIVES DE SUICIDE, D'EXPLOSION DE CARRIERE ET D'ETUDES EN PLEIN VOL, DE CORPS EN SURPOIDS, JE TE L'AI MEME DIT TEL QUEL, JE T'AI DIT " ET IL M'A VIOLEE ENCORE ET ENCORE ET ENCORE" 2016. JE TE L'AI DIT. JE N'AI MEME PAS PU RETENIR LE MOT VIOL TANT LA DOULEUR ELLE A PASSE MON CONTROLE TANT ELLE EST SORTIE TOUTE SEULE TANT C'ETAIT TROP DE NE CESSER DE TE REPETER TOUTES CES ANNEES. ça fait 25 ans que je te parle et 25 années que tu n'écoutes pas. Te pardonnerai je pour tout ça? Est-ce que tu te pardonneras déjà à toi?

Je me pardonne difficilement pour mon amie Alexandra, on avait 25 ans, elle a dit qu'elle a été violée, j'ai pas creusé, j'ai pas cherché, j'ai pas écouté. J'ai fait comme toi. Sauf qu'elle était pas ma fille, mon égale de mon âge, elle allait à l'association pour autant j'ai pas écouté, je me pardonne toujours pas. Je sais pas, Papa, comment tu te pardonneras et tu sais quoi? C'est plus mon problème au procès dans la lumière, je dirai tout et tu seras noyé sous le flot de la douleur si tu ne fais pas entre temps le choix d'accepter la vérité et de me réécrire.

Il y a aura procrès, plainte, il y aura tout, la seule chose que je lui souahite c'est d'être déjà décédé parce que pour son crime de comportement de viol il va payer sa dette à la société et je vais être réhabilitée avec les honneurs et j'écrirai. J'écrirai Papa ce que tu n'as pas fait et j'écrirai Papa ce que j'ai subi enfermée là haut dans la petite boîte toute seule et si tu m'aimes tu pourras toujours lire mon livre. Où alors tu pourras toujours te dire que pas besoin, 'tu sais déjà ce que je vais dire.'
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 25.05.2018 18:12
Un beau titre de livre ça, tiens! 'Je sais déjà ce que tu vas dire!'

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