Expression libre (public)
Ecriture thérapeutique
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Phelenix
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Ici juste un thread où j'écris tout ce qu'il me passe par la tête sans censure, toute la confusion, les doutes, les certitudes, et dont il ne restera plus que la part de vérité et de clarté raisonnablement d'ici quelques années. A la libération. Décantation. D'ici là, patience, résilience et travail en confiance. Ecriture.

[Besoin d'écriture automatique au kilomètre - Aujourd'hui c'était mon premier jour de reprise du travail à mi-temps, j'ai besoin de pleurer je crois et je n'y arrive pas, c'est ce qui sort]
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Je n'avais pas le droit de pleurer.
Je n'avais jamais le droit de pleurer.
Jamais.

Je devais sourire et je devais dire que ce n'était pas grave.
Je devais rire et faire la belle et dire que tout allait bien.
Je devais jouer seule et prétendre que j'aimais ça.
Je devais râler mais pas trop parce que sinon je me prenais une frappe.
Je devais prétendre que j'étais heureuse même si j'étais malheureuse.
Je devais toujours faire semblant alors je suis devenue une maîtresse de l'illusion.

Je crois que dans ma vie personne ne prend les masques comme moi, les masques de l'éclat, du superbe et qui cachent un petit personne gris et malheureux et triste qui voudrait juste ne plus avoir à faire semblant, juste pouvoir être heureux, juste dire je vous aime aux autres et puis voilà c'est facile.
J'ai tellement de peine et de douleur enfouies et puis je ne veux pas les faire sortir parce que quand ça sort sous forme de lui, c'est la frappe. Parce que quand ça sort sous forme de pluie, c'est la nuit. Fini les gentils parents, c'est l'avalanche de haine et de reproches de gifles, de colère, de violence.

Je suis un enfant et puis je grandis et je garde les automatismes et puis j'ai 30 ans et puis je veux plus et puis je sais plus faire autrement. Il faisait comment l'enfant avant tout ça? Il a tellement peu vécu, il a tellement été embringué dans tout ça rapidement, il est tellement devenu cet oiseau de nuit paradeur et ridicule qui sourit et pleure dedans, fait le service, le serviable et l'ami, et puis qui en lui veut juste mourir. Il fait comment l'oiseau de paradis pour juste arrêter son cirque et être normal, juste raccord avec ses émotions et juste normal, juste bien, juste honnête avec soi-même pour commencer?

Un jour j'ai dit à mon père que j'allais mourir et que je ne reviendrais pas et il m'a dit que tant mieux bon débarras. Et j'ai pas compris en fait je crois qu'il savait pas non plus ce qu'il racontait mais ce jour là je crois que je suis morte en moi, tout ce cirque j'ai d'autant plus voulu l'arrêter et puis voilà 10 ans plus tard, j'y suis encore trop. ça s'arrête quand?
ça s'arrêtera mais c'est si long. Vider cet esprit fatigué et brouillé par les âneries des parents, quel travail sans fin, quelle patience il faut. Papa Maman vous avez été d'absolus bourreaux vous êtes des abominations pour moi et des tragédies sur pattes. Je vous plains parce que vous n'avez toujours pas compris l'étendue des dégâts chez vous. Et bonne nouvelle, comprendre l'étendue des dégâts ce n'est que l'étape numéro 1 d'une longue série d'étapes sans fin pour aller mieux Je vous dis à dans 30 ans mais je ne suis pas certaine de revenir voir vos états de décrépitude avancée. Je n'ai pas beaucoup de patience ni d'amour pour vous ce soir et j'en ai bien le droit après ce que vous m'avez fait, après ce que vous n'avez pas protégé en moi, mon innocence, ma gentillesse, ma souffrance qui en a découlé des jours et des jours à pleurer en moi. Comment c'est possible de verser des larmes en soi? C'est quand les larmes on ne vous autorise pas à les sortir alors vous les pleurez dans vous parce qu'il faut bien qu'elles sortent, dans vous et elles brûlent et noient l'intérieur mais il faut qu'elles sortent, c'est les larmes de l'innocence brisée. Des fous de parents, des malades mentaux de parents d'une violence inouïe d'une méchanceté absolue et dire que ces crétins ont été un jour mes parents. Ben ça promet, j'espère ne jamais être aussi pourrie que vous à votre âge. Je vous aimais, on avait tout, on aurait pu s'aimer avoir une famille et puis rester ensemble une vie et puis vous avez tout foutu en l'air et mes larmes je les pleure toujours pas assez, si elles sortaient je vous oublierais tous et je pardonnerais mais elles ne sortent pas. Elles restent trop, on fait comment pour pleurer?
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Phelenix
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Publié le 02.06.2018 01:07
Colère.

Aller jusqu'au bout.

Pourquoi est-ce que bah oui un enfant ne pourrait pas avoir des relations sexuelles avec un adulte?

Je vais prendre mon cas, le seul que je connaisse désormais assez bien.

J'ai 7 ans environ. Il a 30 ans environ. Je pense qu'il est beau, qu'il est intelligent, qu'il est jeune et il me met du rose aux joues et je sens que je suis amoureuse parce que mon coeur bat.

Alors pourquoi ne pas je le dis simplement recevoir son pénis dans ma bouche ou dans mon vagin?

Pourquoi? Pour un ensemble de raisons que j'évoque avec colère de penser que certains puissent vouloir légaliser ces choses là, bafouer l'enfance.

Pourquoi c'est un problème pour moi d'abord et la société ensuite qu'à 7 ans environ un homme de 30 ans environ mette son pénis dans mon vagin?

Parce que:
- à 7 ans j'ai pas le vécu pour comprendre ce qu'il va me faire, j'ai beau dire que je veux pas et avoir peur, il s'arrête pas et j'ai tellement peur que j'en fais un presque arrêt cardiaque, disjoncte et dissocie.

A 7 ans je sais pas ce que c'est un pénis, encore moins à quoi ça sert. Enfin si: c'est pour faire pipi.
A 7 ans je n'ai pas de plaisir vaginal, simplement quand je suis amoureuse je le sais parce que c'est mes joues qui sont roses et mon coeur qui bat et ma main qui est moite.

A 7 ans s'il faut me faire l'amour c'est avec la main et les joues roses. Voilà comment un petit de 7 ans fait l'amour, moi en tout cas.

- Ensuite à 7 ans j'ai pas les mots pour dire ce que je veux et ce que je veux pas. Il me demande des choses que je comprends pas et je dis non et oui en fonction du TON DE SA VOIX, pas du sens de ses mots.

Je dis oui au viol parce que je comprends pas ce qu'il veut me faire.

Voilà à 7 ans j'ai pas le vocabulaire pour me protéger. Ni pour dire non, ni pour comprendre ce que l'adulte me dit qu'il veut faire sur moi. Et encore moins pour lui demander d'expliciter et justement parce que 10 ans qui vont suivre de croissance vont me permettre de comprendre à quoi sert un pénis et puis aussi que mon corps devienne capable de recevoir un homme en moi.

- A 7 ans mon corps est tout petit et j'ai mal. Voilà j'ai mal. Trivialement l'adulte est trop grand pour moi et j'ai mal voilà, je souffre de son poids, de sa force, il me tue le corps. Voilà.

Voilà pourquoi c'est pas possible qu'un enfant soit autorisé à avoir des relations sexuelles avec un adulte et voilà pourquoi moi je ne voulais pas ça. Voilà pourquoi je veux une société qui ne prend pas de risque pour ses enfants et donc interdit les relations sexuelles entre mineurs et adultes.

A 18 ans je comprends pas bien non plus les implications des relations sexuelles. J'ai pas vraiment les mots, oui j'ai beaucoup de vocabulaire médical mais pas de vocabulaire émotionnel pour bien dire ce que je veux ou pas et je fais beaucoup ce que l'autre demande. VOilà pourquoi aussi à 18 ans il n'est pas souhaitable d'avoir un jeune qui a des relations avec une personne bien plus âgée qu'elle (d'un bon 10 ans) parce qu'à 18 ans on peut feindre de se connaître mais on se connait pas encore vraiment et donc on fait et laisse faire des choses sur toi qui feront fort mal. Alors là aussi voilà pourquoi il ne faut pas autoriser les adultes à avoir des relations sexuelles avec des mineurs.
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Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 02.06.2018 14:42
Toutes les personnes qui m'ont soit (ou tout ou partie) violée, incestée, abusée, humiliée sexuellement avaient toutes quelque chose à dire sur mon sourire.

Je ne souriais pas assez pour eux ou trop ou pas comme il faut. Sourire, sourire, sourire.

Froncer les sourcils quand je me sens en colère, c'est ma victoire.

Avoir la bouche tombante la tête baissée quand je me sens triste, c'est ma victoire.

Ma victoire de redonner à mon corps, mon visage le droit de s'exprimer et non plus d'afficher ce que l'autre pourrait vouloir voir 'la joie' sur 'un sourire qui SIMULE la joie intérieure que je ne ressens pas'

Voilà à tous mes abuseurs je le dis: je n'afficherai plus jamais pour vous faire plaisir un sourire et si j'affiche un sourire c'est uniquement parce que je me sentirai réellement joyeuse en moi alors.
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Phelenix
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Publié le 08.06.2018 18:56
S'autoriser à la douleur

Souvent dans notre société on requiert de nous des deuils express.
Un deuil, ce n'est pas qu'un processus d'apaisement suite au décès d'un être proche, un deuil c'est aussi un processus d'apaisement après une situation qui nous a profondément éprouvé: une agression, un abus, un accident de voiture, une maladie physique, une hospitalisation, une chirurgie, une perte d'emploi, une perte de logement, etc.

Un deuil c'est un processus qui fait sainement va permettre de libérer les émotions normales associées à ces évènements de vie: la culpabilité, la rage, la douleur, la souffrance, la tristesse, la honte, la haine, la mélancolie, la confusion, la perte de repères et la solitude intérieure qui souvent suivent ces évènements profondément marquants.

Le temps du deuil est un temps essentiel à prendre sans quoi beaucoup de ces émotions resteront en nous et qui inévitablement si elles ne peuvent prendre le chemin des mots et des larmes prendront le chemin des maladies physiques. Parfois des deuils non faits se transmettent de façon intergénérationnelle. Ainsi souvent on retrouve un enfant qui somatise pour le parent qui ne trouve les mots pour exprimer son propre mal-être d'adulte et parfois de génération en génération ainsi un trauma non-résolu se transmet qui affecte la vie des membres de la famille et jusqu'à ce qu'enfin la cause traumatique soit mise à jour et que le conflit puisse ainsi se résoudre.

Il est ainsi du devoir de chacun de résoudre ses traumas, de prendre ce temps et cette vérité lorsqu'il s'en sent capable de vider ses douleurs, et ses peines, ses culpabilités et ses rages, sa confusion et sa honte pour reconnecter profondément à l'être serein, joyeux de vivre, bienveillant, créateur et apaisé qu'il est naturellement. Un être d'espoir et de lumière, de bonté et de sérénité.
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Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 11.06.2018 01:17
Je ne suis pas seule. Non ce n'est pas vrai, je ne suis pas seule.

Je FUS seule. Je FUS seule murée avec mon secret. Autrefois dans une autre vie avec d'autres personnes. Mais je FIS ce qu'il fallait pour m'en extraire de ce foyer. J'ai depuis rencontré des personnes qui soutiennent, qui écoutent, qui font ce qu'elles peuvent, qui font du bien. Qui comprennent, qui savent, qui vivent ça aussi dans les grandes lignes.

Je FUS seule. Je FUS entièrement seule et murée. Autrefois mais je ne le suis plus.
Je ne suis plus seule avec mon secret, il y a des milliers de personnes qui ont vécu ces choses, des millions, des millions d'autres qui sans l'avoir vécu comprennent et pourraient comprendre. Je FUS seule, je ne le suis plus; Je FUS seule. Je ne le suis plus. Répète après moi:

la réalité c'est que tu FUS seule murée dans le silence avec ton secret mais tu ne l'es plus.

La réalité c'est que tu FUS seule murée dans ton silence avec ton secret mais tu ne l'es plus. Tu ne l'es plus muette et tu ne l'es plus seule. Tu ne l'es plus muette, vois tu donc? Tu ne l'es plus muette, tu parles. Regarde donc, noir sur blanc, une lettre après l'autre.

Tu FUS seule, tu FUS seule, mais jamais plus tu ne le seras.

Le comprends tu?

Oui.

Bien.

Je fus seule. Je fus seule autrefois. Je fus mal. Je fus seule. Je fus seule et murée derrière les vitres de mes yeux qui pleurent là tu vois. Ils pleurent.
Tu fus murée derrière les vitres de tes yeux qui pleurent et qui ne sont plus seuls. Tu as trouvé ce que tu as, tu as tout dit, tu as dit l'essentiel, c'est assez pour te libérer. Veux tu te libérer ce soir?

Oui. Comment?

Pleure. Je pleure. Pleure plus fort. Encore. Essaie.

J'aimais ma famille.
Malgré leurs méchancetés. Je les aimais. Tous attablés, il y avait du potentiel pour une belle soirée, de l'amour et de l'amitié. Pourquoi n'y avait-il pas plus de je t'aime et de bravo dans leurs mots. Ils étaient si nombreux. Et j'étais là à les observer de loin qui riaient, qui se taclaient, s'humiliaient. Leur parler? Pour dire quoi? Me faire humilier moi aussi? Merci je l'avais déjà assez été.

Un jour ils mangeaient du saucisson. Ils m'en donnent et je mange. Et là ils m'annoncent que c'est du cheval. Et je crache et je bave partout. Ils ont tué le cheval. Et je pleure et je meurs et ils rient. Ils rient de gros rires méchants et tonitruants. Ils rient et je veux me suicider en tapant ma tête dans le miroir de la salle de bains et Papa accourre paniqué et ma tante qui me suit et je retrouve les bras de mon père et je veux juste mourir sur son épaule. Papa pourquoi ils sont si méchants? Avec toi aussi. Ils t'humilient et tu ris. Et tu sais soudain mon secret ce n'est plus grand chose quand je vois ça. Parce que ça je l'ai tous les jours, leurs méchancetés entre eux, parce que moi ils sont pas gentils avec moi mais comme je suis petite ils me parlent pas beaucoup mais je supporte plus de voir les maris avec leurs femmes, ils sont méchants et toi tu te fais humilier comme un chien avec que tu es tellement meilleur qu'eux tous et si on prenait ma soeur et on s'en va? Et pourquoi tu prends pas ma tante avec nous, son mari n'est pas gentil avec elle non plus.

Je suis fatiguée, je veux mourir de cette famille. J'ai plus rien, en moi c'est noir et sombre et quand je regarde ce spectacle c'est noir aussi à l'extérieur à la maison c'est sombre et Maman qui t'humilie je n'ai plus nulle part où aller, ni en moi ni à l'extérieur. Il y a le jardin, je voudrais vivre dans le jardin. Je voudrais vivre là et à l'école aussi à l'école c'est moins pire qu'à la maison et chez Mamie. Et j'oublie ce qu'il y a en moi, je veux vivre à l'école et dans le jardin.
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Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 12.06.2018 00:33
Oui, tout à fait j'attends des excuses de ceux qui m'ont fait mal. Ni plus ni moins des excuses.
Quand je pense à mes proches, voilà à quoi je pense*:
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Excuse moi, je suis désolé; J'aurais dû faire différemment. Je n'aurais pas dû te dire ça. J'aurais dû t'aider. J'aurais dû te soigner. J'aurais dû appeler les secours. J'ai tort. J'ai mal fait, je le reconnais; J'ai eu tort, je le reconnais.

Je ne voulais pas te faire mal, j'ai fait et c'était trop tard. Je m'en veux, je m'en veux, si tu savais comme je m'en veux. Pardonne moi. Je suis tellement désolée. Je suis tellement désolé. Je t'aimais, je m'en veux , je ne voulais pas que tu souffres, viens dans mes bras, pardon mon enfant, pardon. J'ai tort, j'ai honte, j'ai mal fait, je n'ai pas aidé, je n'ai pas secouru, je n'ai pas écouté, j'ai mal fait, j'ai mal fait, j'ai tort, j'ai honte, viens dans mes bras mon enfant, viens dans mes bras, pardonne moi, pardonne moi.

Il est trop tard. Pour pardonner. Il est trop tard.

Je n'ai pas besoin d'autre chose que de ton soutien, soutiens moi et je pardonnerai, donne moi aujourd'hui l'aide que tu ne m'as pas donnée hier. Donne moi ta main pour rendre justice. Aide moi.

Aime moi et je pardonnerai. Je pardonnerai parce que je serai libérée. Aide moi et je TE pardonnerai. Aide moi.

Et toi relève toi et pardonne, pardonne moi de ne pas t'avoir arrêté quand tu faisais mal et pardonne toi de faire mal. Dis toi que tu peux changer et aime moi, aide moi. Toi aussi j'ai besoin de toi. Relevez vous et arrêtez de vous plaindre.
Arrêtez. J'ai besoin de votre aide, de votre union, de votre force. Pas de vos coups ou de vos abandons, de vos mots traîtres. Relevez vous et arrêtez votre folie.

Pardonner, je peux pardonner mais j'ai besoin soit pour ça de vos soutiens, soit pour ça de votre amour, de votre reconnaissance, de votre 'pardon'
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Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 12.07.2018 16:08
12 juillet 2018

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J'ai dû redissocier ces derniers jours en effet. Nouvelle histoire d'amour, nouvelle dissociation, nouvelle conversation en écriture automatique qui soulage de tellement de choses, j'ai l'impression que c'est un puits sans fond certains jours comme aujourd'hui

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Il est temps que tu parles, pourquoi ne pas parler?
Parce que je veux pas.
D'accord mais pourquoi?
Parce que c'est des choses sales.
D'accord. Des choses sales de l'adulte ou de toi?
De l'adulte.
Seulement de l'adulte?
De moi aussi.
D'accord. Mais toi tu n'es pas sale tu es une petite fille, les petites filles ne sont jamais sales.
Jamais?
Non jamais. Elles sont petites filles donc le sale des petites filles ce n'est pas le sale des adultes.
Ah.
Tu me crois?
Euh un peu.
D'accord.
Je veux pas en parler parce que le sale de l'adulte fait que je ne sais plus si je suis sale.
Est-ce que tu penses que tu étais sale alors tu as poussé l'adulte à être sale?
(pleure)
Oui. Je pense que parce que j'avais des pensées pour lui il les a lues et il a fait des choses.
Et sais tu que en fait l'adulte savait qu'il n'avait pas le droit de faire des choses sales sur toi?
Non.
Et bien je te le dis.
Comment tu sais?
Parce que tous les adultes savent que c'est sale de faire ça aux enfants.
Mais lui il savait pas.
Si il y savait mais il a menti qu'il savait pas.
Je le hais. J'ai failli dire je te hais car une partie de moi te déteste de dire la vérité et de ne pas me laisser avec mes idées. Je ne veux pas déterrer la m*rde parce que c'est trop dur pour mes épaules. Je me sens très seule et très démunie face à ce qu'il m'a fait, je ne sais pas mettre des mots sur ça et j'ai peur qu'on ne me croie pas si je parle. Et je veux pas, tu sais, revoir les images. Pour mettre des mots je dois revoir les images et je veux pas. Tu vois mes images elles sont parties, je n'ai plus d'yeux. Comme ça je suis tranquille. Je n'ai que des mots et je suis aveugle.
Oui je vois que c'set tout noir.
Je m'en veux de rester aveugle mais j'ai trop mal, Lena, j'ai trop mal pour voir.
Je t'aime et ne t'en veux pas.
Je t'aime aussi, aide moi.

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Comme il était beau je pensais pas que ce qu'il faisait été mal, tu sais?
Oui je comprends.
J'ai toujours cru que quand on est beau on fait pas mal. Tu sais que si un garçon est beau et il t'embrasse de force ben c'est pas grave parce que il est beau alors que s'il est moche c'est horrible.
Et tu le penses encore?
Non.
Pourquoi?
Parce que il était beau et il m'a tuée.
On peut être beau et faire des choses horribles.
A. était beau aussi et il nous a beaucoup fait souffrir.
Oui, c'est un très bon exemple en effet.
Je crois que quand on est beau on doit être gentil pour pas induire en erreur.
Je ne sais pas quoi te dire si ce n'est que le 'beau' à tes yeux tu dois t'en méfier désormais.
Je sais.
Il était beau et je me suis pas méfiée.
Tu étais flattée?
Qu'il me parle, oui. Car personne me parlait dans les adultes. Ils disaient tous que des superlatifs mais ils me parlaient pas. Pas à MOI, ma personne.
Oui je me souviens.
Ils disaient que j'étais super belle et super intelligente et super forte mais ils me demandaient jamais comment j'allais, comme je me sentais, ce que je faisais et ce que j'aimais et je me sentais siiiii seule.
Et lui étais pareil?
Oui lui aussi. Il me l'avait dit que il se sentait seul avec les adultes aussi.
Il me disait que lui aussi il était beau mais les filles ne l'aimaient pas ,elles le rejetaient car il était trop beau et il savait plus car avant elles le trouvaient pas beau et maintenant elles le trouvaient trop beau et il savait plus alors il était tout seul et frustré.
Je vois.
Et tu comprenais?
Non. Je me disais que moi les adultes me parlaient pas mais je m'en foutais car ceux de mon âge ils me parlaient mais le problème c'est que mes parents m'empêchaient de les voir, je devais toujours rester avec les vieux et je m'ennuyais mais lui il était vieux et jeune, il parlait avec les vieux mais avec moi aussi alors je me disais que lui il était mieux que les vieux et comme je pouvais pas avoir les jeunes ben j'avais au moins lui un vieux jeune. Et puis Maman voulait pas que je vois mon copain alors je pouvais rien faire donc je restais avec lui.
Et?
Et au bout d'un moment j'ai commencé à trouver ça bizarre, malsain comme tu dis. J'ai trouvé que il passait trop de temps avec moi et que je ne savais aps trop comment lui dire. Je l'aimais bien mais je ne savais pas quoi faire pour l'aider et moi je m'ennuyais au lycée alors je me disais que ok j'allais me forcer à lui parler encore et puis quand l'année serait finie j'irais avec des copains de mon âge parce que ses histoires de grand ça m'ennuyait mais je savais pas lui dire, j'étais trop polie pour lui dire alors je faisais semblant que ça m'intéressait mais ça m'intéressait pas, ça m'ennuyait. Et je crois qu'il comprenait pas et il était de pire en pire et j'étais frustrée et je voulais plus le voir mais il venait quand même me chercher et moi j'étais mal à l'aise avec lui. Et je voulais juste lui dire 'si tu veux je t'aide à trouver une copine mais moi j'ai pas envie d'être ta copine parce que je m'ennuie avec toi et tu n'es pas très gentil parfois je n'aime pas comment tu parles des gens qui t'ont rien fait et tu les accuses et les met dans le même sac. Papa il dit toujours que faut pas mettre les gens dans le même sac et toi tu fais ça et j'aime pas et je veux pas être ta copine.' Et j'ai commencé à avoir très peur de lui, très très peur mais j'ai pas écouté. J'ai fait semblant que j'avais pas peur de lui aussi y'avait un côté un peu excitant et c'est ça qui me fait honte, j'avais l'impression d'affronter le danger comme dans les livres je m'ennuyais tellement que ça apportait du piment à ma vie. J'étais très malheureuse comme enfant mais je ne le disais pas pour faire plaisir aux adultes car leurs vies n'étaient pas marrantes et on aurait dit que en me regardant ils devenaient heureux alors j'essayais de rire et faire du bruit pour leur faire plaisir et les écouter aussi comme avec lui ou Maman parfois quand elle avait besoin de parler. Mais lui je le sentais pas, y'avait un truc en lui que je savais pas exprimer je ne savais pas dire les choses, très compliqué à mon âge mais il avait une noirceur intérieure que je n'aimais pas et srutout je voulais plus rester avec lui je voulais pas savoir ce que c'était je voulais m'éloigner de lui alors j'ai commencé à plus trop lui parler et j'ai mal fait car il s'est mis en colère et j'ai pas compris et j'ai culpabilisé je me suis dit que je l'avais ennuyé et été méchante que j'aurais dû continuer à lui parler et faire l'amour comme il dit même si je hais ce terme. J'aime pas faire ces choses là et je lui avais déjà dit mais il m'a forcée encore et j'ai commencé à plus vouloir et on est allé beaucoup trop loin et moi je voulais pas et j'arrive pas à retenir mes larmes parce que je voulais pas tu comprends? Il était fou c'était un fou un malade mental mais je pouvais faire quoi? Il mentait à tout le monde un sale hypocrite et je pouvais rien y faire J'allais dire quoi? Il est fou mais ça se voit dans sur son visage mais je le sais il me l'a dit personne m'aurait cru regarde la série V personne voit que c'est des aliens en dessous de leur peau y'a que quand c'est trop tard qu'on le découvre et je me suis dit que lui c'est pas possible d'enlever sa peau pour le montrer alors j'étais très ennuyée, j'ai pensé à mon walkman pour enregistrer les choses qu'il dit mais il était cassé et marchait pas bien et papa voulait pas en racheter un car ça coûte cher et c'est moche et pas bon pour les oreilles et j'ai pas compris mais j'étais de plus en plus inquiète car les choses qu'il disait et faisait sur moi c'était pas normal je crois que je le comprenais déjà mais je ne savais pas comment réagir, il était bizarre et je me disais que peut-être c'est comme dans V les adultes sont des aliens ils ont une face sociale de tous les jours et une face de prédateur la nuit mais je trouvais ça bizarre parce que mes parents faisaient pas ça la nuit ils dormaient et je le sais parce que mon père ronflait. Enfin voilà c'était une époque bizarre et je veux pas remettre les pieds dans ça, tu comprends? C'est trop dur, trop de peine, trop de souffrance, c'est pour ça que je dis rien que je révèle rien, y'a trop. Beaucoup trop. Beaucoup trop de détails d'horreur glaçants que je vuex pas revoir que je veux pas redire mais surtout pas revoir les images je veux pas revoir son visage de la mort celui que je retrouve dans les visages de mes amants qui sont des salauds aussi.
On va tempérer. Là tu parles de moi. Et mes exs ne sont pas des violeurs.
Non tu as raison. Pas comme lui. Ils font mal mais pas pareil et c'est gérable alors que lui non il connait pas. Non non non j'ai dit non tellement non que je sais plus combien de fois je l'ai dit.
Je sais. Je suis désolée.
(pleure)
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 15.07.2018 18:46
15 juillet 2018 - Gros chagrin

Besoin d'écrire plus doux plus lucide toujours sans trop contrôler ce qui sort. ça fait du bien, aller jusqu'au bout de l'émotion de gros chagrin du jour.

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Gros chagrin. Petit enfant avec son ourson assis par terre tout seul.

On fait comment quand on veut vivre et être heureux et qu'on a cet horrible chagrin qui nous retient?
Moi aussi j'aimerais bien aller jouer avec les enfants dans la cour. Moi j'aimerais bien dire oui pour prendre la main de J. Mais si je prends sa main ce qu'il ne sait pas c'est que je n'ai plus de coeur, c'est un trou plein de douleur.

Les adultes non plus ne voient pas derrière la vitre de mes yeux. Le lissé de mon visage de poupée.
Ils croient que je suis normale. En fait c'est vrai que je suis normale. Que je voudrais embrasser la vie, protéger les petits et aimer les grands, aider mes amis et aimer J. Mais le problème c'est que dans le tréfonds de mon corps il y a quelque chose d'une immense douleur.

Quand je danse et virevolte et ris et perds la tête dans le plaisir et l'amour et l'extase, la joie et les belles émotions la bienveillance du regard de J. mon envol se brise de sentir la pierre lourde et noire qui est en moi. Je ne serai jamais pour toi, J. parce que je suis sale à l'intérieur.

Et puis la vie a fait qu'il y a eu le feu. Et puis de toute façon lui et moi c'était condamné parce qu'à chaque fois que je ressens de l'amour et de la joie et que je veux tout donner. Soudain je ressens la morsure traître de ce passé.

Je crois que j'ai 30 ans aujourd'hui, de corps mais d'esprit je n'ai pas d'âge. Je peux toujours ni vivre l'amour ni vivre l'amitié. C'est insuffisant.

Je suis en colère et pleine de haine et de chagrin parce que ma peine est double et triple et bien plus encore. Il m'a volé ma vie, il m'a volé mon corps et il m'a volé le petit garçon que j'aimais. J'ai dit non à J. parce que ma main était sale. Et le lendemain il est mort, happé par la vie si injuste.

Je demande pas à ce qu'on me plaigne ou reste pour moi, je demande que si on ne peut pas rester on parte. Sans un mot en douceur, à pas feutrés. Au revoir, mon amour. Je ne suis que moi et rien de plus, je ne promets rien. Je ne simule rien. Je ne suis que moi ma vie n'est pas juste, ma vie est pire que la vie de beaucoup de personnes et ça change rien au fait que je dois avancer. J'ai pas envie de comparer ça sert à rien. Si tu peux pas rester, retiens tes larmes et ta pitié devant moi et pars. Je ne t'en voudrai pas mais grand dieu ne me reproche pas mes ailes cassées, ce que j'ai en moi tu n'as pas idée de ce que c'est et j'en suis heureuse pour toi car cette agonie je ne la souhaiterais à aucun enfant, aucun homme, aucune femme.

Si tu ne peux pas m'aimer d'accord mais je t'en supplie ne me fais pas me sentir pas assez pour toi, pars sans te retourner, et accepte que j'ai du courage pour moi. Que je ne suis pas responsable de ma vie et que je fais ce qu'il faut pour mon futur. Accepte que je suis quelqu'un de fort qui n'est pas assez pour toi et va t'en si tu n'as pas la force de te réveiller à mes côtés mais grand dieu à genoux je t'en supplie ne me fais jamais plus me sentir pas assez pour toi.
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Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 16.07.2018 03:12
16 juillet 2018 - Je ne peux pas lui pardonner parce qu'il savait que c'était mal

3 heures du matin je dors presque assise là, épuisée, il est tard mais besoin de juste rallumer l'ordinateur quelques minutes pour déposer un écrit simplement calmement quelque chose que j'écris sans trop réfléchir, que j'ai besoin de vider, tout simplement, pas garder ça en moi

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Ce soir j'ai l'impression d'être entre deux eaux comme j'ai rarement été consciente de l'avoir été en fait je ne me souviens même pas d'avoir été dans cet état en pouvant ainsi le verbaliser consciemment. C'est un état où je me sens à la fois dans le présent et connectée au passé tout en me projetant dans le futur. Une espère d'état où je suis comme plutôt bien connectée à ces trois temps de ma vie. C'est un état en fait où je crois que je peux dire que je suis heureuse. Ni amnésique, ni consciente de tout et puis capable d'envisager le futur.


Ce soir je pense à Lui et je me demande à quoi ça pourrait me servir d'aller en justice. Si j'y allais là aujourd'hui ça serait très simplement pour l'argent. Pour éponger les zéros de thérapie sur 15 mois. A mes frais. Les pertes de salaire. Les opportunités de carrière que j'ai ratées, les études que j'ai sabordées.

Mais je me dis aussi que je peux pas comme ça chiffrer toute une vie d'opportunités ratées. Cet acte il a eu lieu et il a détruit ma vie. S'il ne m'avait pas fait ça, qui sait? J'aurais probablement fait d'autres études, j'aurais aimé d'autres hommes et d'autres femmes, aurais-je été plus heureuse? Je le pense. En tout cas j'aurais eu plus de chances de l'être peut-être. Je pense oui. C'est dur à dire. C'est ça qui est difficile, l'emmener en justice je veux bien mais ça ne réparera pas la vie qu'il m'a volée, ça pourra un peu améliorer celle que j'ai aujourd'hui.

C'est ce que je me dis à ce stade. Là où il y a encore 1 an j'ignorais tout de lui et de ce qu'il m'avait fait. Là où il y a un an il n'était encore que cette vague personne un jour aperçue dans une salle au détour de conversations quand j'étais enfant. J'irais probablement en justice. Je ne sais pas pour quelles raisons alors mais je pense qu'il y a des choses évidentes en moi qui jamais ne se tairont, comment pourrai je taire que si je ne vais pas en justice je validerai ainsi qu'un adulte puisse faire ça à un enfant et ne précipiter aucun secours ensuite? Je peux pas valider ça.

Il m'a laissée dans cet état là, cet état de destruction, il n'a rien fait. Il a fait mal et il est parti et il m'a laissée comme ça. Figée les yeux aveugles. Il m'a laissée là debout avec mal entre les cuisses et il est parti et je suis restée là figée. Les yeux défocalisées prête à dormir debout comme là je le suis même en écrivant ces mots prête à m'endormir assise. Il a fait ça, il m'a fait mal puis il a rien dit et il est parti. Pas un mot. Pas une excuse, rien. Rien du tout.

Il m'a fait un mal fou j'ai mal entre les jambes et tellement envie de pleurer que ce qu'il a fait c'est juste innommable. Je peux pas valider ça. Je peux pas cautionner ces choses là. Je peux pas. Les adultes de plus de 20 ans n'ont pas le droit de faire des choses aux enfants. Je peux pas cautionner ça et je peux pas cautionner qu'il ne m'a apporté aucun soin. Je pourrais comprendre peut-être qu'il ait eu peur mais il a vu enfin ça je me refuse à l'écrire mais il a vu ma souffrance oui elle était on dira techniquement visible. Il aurait dû me réparer je ne peux pas le dire plus simplement.

Je lui aurais pardonné son erreur, je lui aurais pardonné je crois s'il ne m'avait pas laissée en plan comme ça avec ce que je refuse à décrire comme détails de ses actes. Comme conséquence sur moi de ses actes. Ce que je refuse encore de visualiser. La seule image qui s'affiche dans mon esprit c'est celle d'une fillette apparemment dans une cour de récréation bétonnée, un soleil couchant et puis cette fillette a les cheveux courts et blonds a priori et c'est moi a priori en robe bleue et rose. Et lui il a les cheveux noirs, les yeux noirs, la peau mate, il est mince et jeune un peu plus de 20 ans je le décris comme beau il est mince et attrayant physiquement le genre d'homme considéré comme beau par la société.

Je ne vois pas bien plus de détails c'est encore bien confus mais le soleil, moi, lui et la cour de récréation je les vois bien globalement sans nul doute.
Je peux pas laisser passer ça. Je peux pas. Je comprends je pense ce qu'il a subi, c'est pas le problème mais il a foutu ma vie en l'air. Il a si je suis plus juste consciemment décidé de ne pas m'apporter de soins. J'ai porté le fardeau de le protéger. Il m'a dit de ne pas parler, il savait donc bien que ce n'était pas normal ces choses. Il m'a demandé de ne pas parler. Il m'a dit que ce serait un secret.

Je n'ai pas rêvé ça sinon j'aurais parlé. J'aurais dit les choses. Je ne peux pas lui pardonner de m'avoir muselée. Je suis désolée mais je ne peux pas, il savait que c'était mal. Il le savait. Sinon il n'aurait pas menacé. Et je peux pas lui pardonner pour cette raison, je peux pas. Je suis désolée, je peux pas.
M
Melina
Inscrit il y a 3 ans / Actif / Membre
Publié le 16.07.2018 14:14
je suis comme toi, porter plainte lorsque j'aurai retrouvé tous mes souvenirs deviendra une évidence car lui n'a eu aucune pitié pour moi et on dirait aucun remords, pire il y a surement d'autres victimes. Je ne peux pas rester sans rien faire, c'est pour remettre les choses à l'endroit, pour l'enfant massacrée que j'ai été, pour une vie de détruire à cause de lui, à subir d'autres agressions, pour une vie sociale cassée, au travail pareil, je n'ai rien de fixe tout cela a trop ruiné ma confiance et estime. je n'ai rien pu avoir de "sain" pour me construire. D'autant plus que l'inceste à tendance à se reproduire et que les non-dits et secrets sont un grand danger pour toutes les générations, je veux que les choses soient claires (peu importe si ensuite ça ne donne rien, la justice est ce qu'elle est defaillante et qu'il y a pas de preuves dans un viol), qu'il y ait une trace, pouvoir dire que j'ai porté plainte, pour moi, pour ma reconstruction aussi, condamner l'acte, à lui d'assumer maintenant moi je n'ai rien fait de mal, je condamne juste, il avait qu'à réfléchir avant d'agir, il avait qu'à se faire soigner (m'a dit ma psy). Il n'a eu aucune pitié pour moi, je n'en aurai pas pour lui. Forcer à museler un enfant de la sorte c'est complètement destructeur.
P
Phelenix
Inscrit il y a 4 ans / Actif / Membre
Publié le 16.07.2018 14:30
Tes mots que j'accueille tellement ils me parlent me suscitent un sentiment de stupéfaction: comment c'est possible d'oublier ces choses là et pourtant c'est bien arrivé de mon côté.

Quelque chose en moi a basculé depuis 48 heures. Je suis estomaquée de me rendre compte du degré d'ignorance que j'avais de ma propre personne, mon propre mental. Je suis soudain hantée en boucle par une question mi-rhétorique, mi-attendant une vraie réponse: comment ai-je pu oublier ce qu'il m'a fait? Comment ai-je pu oublier exactement 'les images'? Que ça devienne ainsi ce que je subis depuis 20 ans des sensations extrêmes qui semblent n'avoir aucune cause et qui prennent soudain sens en 2017?

Je réalise la fragmentation du souvenir de ce qu'il m'a fait dans ma propre mémoire soudain. J'ai séparé et je dis 'je' mais j'ai plus l'impression que c'est le choc physiologique, l'abondance de drogues dures que le cerveau injecte, le hasard qui m'a fait ça mais j'ai comme séparé de façon distincte un évènement pourtant simple et cohérent 'Un adulte me perpètre dans les champs près du lieu de travail de ma mère' en ces morceaux là distincts:

- des émotions puissantes de rage, de souffrance, de désespoir, de déception, de terreur (qui de part leur intensité sonnaient en complet décalage avec les évènements a priori anodins de mon présent qui les suscitaient. Être désespéréee à vouloir en mourir de passer une épreuve de latin optionnelle en plus, je réalise soudain l'absolue incohérence en effet entre 'une situation sans risque réel pour ma vie' et ce désespoir de mort. Je réalise donc ce désespoir de mort était en fait associé à l'évènement ci-dessus mais pour lequel je n'ai plus les images car mon mental a d'une autre part réutilisé les images de l'abus dans ce qu'ils suit:

- des fictions imagées à longueur de journée où je m'imaginais comme les gosses en guerrière qui se bat contre un méchant et dans un style visuel façon manga ou alors façon film américain blockbuster (les images esthétisées en fait des vraies images de ce vrai souvenir de viol)

- et aussi j'ai troisième chose séparé ma mémoire auditive et verbale en encore un troisième pôle distinct. Tous les échanges d'une absolue violence verbale, les insultes dont je me souviens qu'il utilise contre moi, aussi les coups physiques, je les ai réutilisés plus tard dans ma vie mais sans me souvenir que j'avais DEJA subi ça et de l'agresseur.

Par exemple, je me suis battue avec mon père. Comme mon agresseur m'avait immobilisée. Je pense être en train de vraiment le comprendre parce que cette nuit, j'ai pendant une heure été en capacité sur des feuilles blanches A4 de rejouer la scène d'abus et notamment ça m'a été à voir les images. Voir sa main saisir mon poignet et puis la perte de connexion avec mes sens puisqu'il m'abuse dans une fraction de seconde (comme il me semble que je le ressens) et que je ne peux juste plus rien écrire ni voir alors là seule chose que je peux faire c'est tenir mon stylo et rayer la feuille de façon violente et saccadée. Et je sens alors une absolue libération d'énergie mentale en moi, un vidage que je ne peux qualifier, libérateur je dirais que ça voudrait dire que la libération est complète or non, il me reste encore tant de tout ça dans le cerveau mais je peux dire que sur le coup quand ma main trace seule presque ces lignes déchirées et coupantes, je me sens retrouver de ma personne, de ma force, de ma détermination, de mon envie de vivre simplement.

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